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Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a fait de la construction du Musée des civilisations d'Europe et de la Méditerranée (Mucem) à Marseille l'une de ses priorités, en rappelant les engagements de financement pris par l'Etat, lors d'une visite du site dimanche.
"Il y a eu un séminaire avec le Premier ministre dimanche dernier et j'ai déjà abordé la question. L'idée d'un grand investissement à Marseille et sur le thème de la Méditerranée et du Nord/Sud est forcément une idée qui, pour moi, est prioritaire", a déclaré le ministre, nommé le 23 juin.
Premier musée national à être délocalisé en province, le Mucem, situé dans le fort Saint-Jean, à l'entrée du Vieux-Port, doit être opérationnel quand Marseille sera Capitale européenne de la Culture en 2013.
Son coût de 175 millions d'euros doit être financé à hauteur de 60% par l'Etat et 40% par les collectivités locales. Le projet de l'architecte marseillais Rudy Ricciotti avait été retenu dès 2004, mais les travaux ont pris depuis beaucoup de retard.
En janvier, la précédente ministre de la Culture, Christine Albanel, avait annoncé le premier coup de pioche pour juin, mais des recours contre le projet, rejetés cette semaine en justice, ont encore différé le début des travaux au mois d'octobre, selon un calendrier confirmé par la préfecture.
M. Mitterrand, qui effectuait la visite aux côtés du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et de M. Ricciotti, est le quatrième ministre de la Culture à visiter le site du futur Mucem, projet lancé en 2000.
"Je ne sais pas quand les autres ministres sont venus durant leur mandat mais vous constaterez que moi, je viens pratiquement dès le début", a-t-il dit.
AFP
L'humoriste et réalisateur Dany Boon a appelé à voter contre le Front National au second tour des élections municipales de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), dans un communiqué transmis vendredi par son bureau de presse.
"Le Front National véhicule des idées à l'opposé de notre identité régionale. Le Nord-Pas-de-Calais a toujours été une terre d'accueil, de tolérance, de respect de l'autre et de ses différences", écrit Dany Boon, qui s'adresse directement aux habitants de Hénin-Beaumont.
"Quoi qu'il se soit passé dans votre ville, quelles que soient vos colères et vos frustrations, rien ne justifiera jamais de voter pour un parti d'extrême droite. J'appelle donc à voter contre le Front National au 2ème tour des municipales d'Hénin-Beaumont ce dimanche", ajoute le réalisateur de "Bienvenue chez les Ch'tis".
Le FN a immédiatement réagi par la voix de son candidat aux municipales d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois. Dans un communiqué, il a invité l'humoriste à "quitter Los Angeles pour venir s'installer et vivre à Hénin-Beaumont, chez les Ch'tis, à y payer des impôts locaux avant de s'immiscer dans une situation locale qu'il ne connaît pas".
Il lui propose également de "faire un don à la commune d'Hénin-Beaumont", fortement endettée par la gestion dispendieuse de l'ancien maire PS Gérard Dalongeville, par ailleurs mis en examen début avril dans une affaire de fausses factures présumées.
Marine Le Pen, numéro deux sur la liste de M. Briois, s'est interrogée dans le même sens : "Quel est le rapport entre Dany Boon et Hénin-Beaumont. Il vit à Los Angeles, il est millionnaire depuis que son film a fait de lui un homme riche et il ne connaît pas la situation dramatique des habitants".
"Par conséquent, a déclaré la fille de Jean-Marie Le Pen sur France-Info, je crois qu'il s'agit là à nouveau d'un gadget que le système essaye de sortir au dernier moment pour pouvoir influencer de manière, il faut le dire, assez malhonnête le vote".
Dimanche dernier, la liste du FN est arrivée largement en tête du premier tour avec 39,3% des voix, devant celle du divers gauche Daniel Duquenne (20,2%).
AFP
En recrutant des animatrices "Bleu blanc rouge", le fabricant français de cosmétiques Garnier et le spécialiste suisse du travail temporaire Adecco se sont bien rendus coupables de discrimination raciale à l'embauche, a confirmé la Cour de cassation.
Les faits, qui remontent à 2000, concernent le recrutement d'animatrices pour des opérations de promotion de produits capillaires fabriqués par Garnier, filiale de L'Oréal. Districom, filiale d'Adecco chargée du recrutement, avait précisé dans un fax adressé à sa maison-mère que les animatrices devaient être "BBR" (bleu, blanc, rouge).
Alertée par une salariée de Districom, l'association SOS Racisme avait attaqué les trois sociétés en justice, ainsi que plusieurs de leurs cadres.
Au cours de la procédure, l'auteur du document, Thérèse Coulanges avait expliqué qu'il s'agissait d'une consigne pour recruter des personnes sachant "s'exprimer correctement" en français. Mais plusieurs témoignages d'employés de Districom avaient affirmé que "la consigne +BBR+ signifiait +pas de noir" et "pas d'arabe".
En première instance, le 1er juin 2006, le tribunal avait relaxé tout le monde en estimant que les poursuites avaient "été engagées à partir de suppositions et d'approximations".
Mais, le 6 juillet 2007, la cour d'appel de Paris avait viré de bord et condamné Garnier, Adecco et Ajilon à payer chacun 30.000 euros d'amende pour avoir subordonné une embauche à des critères discriminatoires.
Les trois sociétés avaient également été condamnées à payer solidairement à SOS Racisme, partie civile, 30.000 euros de dommages et intérêts une somme extrêmement élevée dans ce type de procédure.
Les trois sociétés, ainsi que Mme Coulanges condamnée à trois mois avec sursis, s'étaient alors pourvues en cassation.
Dans un arrêt rendu mardi, la chambre criminelle de la Cour de cassation a partiellement censuré cette décision et renvoyé l'affaire devant la cour d'appel de Paris, qui devra statuer à nouveau.
Toutefois, selon plusieurs sources judiciaires, cette cassation concerne les seules dispositions civiles, c'est-à-dire les questions relatives aux dommages et intérêts dues à des parties civiles comme SOS Racisme.
En revanche, les dispositions pénales (condamnation à proprement parler pour discrimination raciale) sont intégralement confirmées et donc devenues définitives.
"Cette décision est une très grande victoire pour le combat contre la discrimination, car elle permet de faire sanctionner toute une chaîne de responsabilités du donneur d'ordre L'Oréal aux exécutants d'Adecco et de Districom", a réagi mercredi le vice-président de SOS Racisme Samuel Thomas.
"Peu importe la taille de l'entreprise et son discours sur la diversité, aucune n'est à l'abri des condamnations", ponctuait-il.
De son côté, L'Oréal a exprimé "sa déception" : rejetant toute "accusations de discrimination", elle affirmait "ne tolérer aucune forme de racisme ou de discrimination", rappelant avoir obtenu le Label Diversité des mains du ministre de l?Immigration.
Adecco a préféré ne pas réagir. La semaine dernière, c'est en Belgique que ses méthodes ont été mises en cause. Devant la chambre du conseil, une juridiction d'instruction belge, le ministère public avait en effet demandé le renvoi en correctionnelle du groupe, considérant qu'il avait adopté des pratiques discriminatoires à l'embauche jusqu'en février 2001.
AFP
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