La sécurité autour du palais de justice va être renforcée vendredi avant le verdict du procès sur l'enlèvement et le meurtre d'Ilan Halimi en 2006 dont Youssouf Fofana a reconnu être l'auteur.
D'importants renforts de gendarmerie ont été appelés au palais de justice de Paris vendredi avant le verdict du procès de 27 personnes jugées pour l'enlèvement et l'assassinat du jeune juif Ilan Halimi en 2006. Après plus de deux mois d'audience à huis clos, la cour d'assises devrait rendre son verdict tard dans la soirée, voire dans la nuit.
Des incidents sont redoutés comme lors des premiers jours fin avril, où des militants juifs radicaux avaient agressé plusieurs témoins et des proches des accusés, dont la mère du principal suspect Youssouf Fofana.
Cette affaire est devenue emblématique de l'antisémitisme en France. Ilan Halimi, exhumé et enterré à Jérusalem en février 2007, est devenu un martyr de la communauté juive.
Les neuf jurés populaires et trois magistrats professionnels délibèrent depuis mercredi dernier, jour où les débats ont pris fin, dans un lieu tenu secret et protégé par la police.
A l'intérieur du palais, les huit accusés qui comparaissaient libres ont été enfermés dans un logement placé sous la surveillance de gendarmes, comme le veut la loi qui prévoit qu'ils doivent rester à la disposition de la justice pendant le délibéré.
La réclusion à perpétuité assortie d'une période de sûreté incompressible de 22 ans, la plus forte peine prévue par la loi, a été requise par l'accusation contre Youssouf Fofana, 28 ans, chef présumé du "gang des barbares" de Bagneux (Hauts-de-Seine).
Les autres peines demandées vont de la prison avec sursis à 20 ans de réclusion. Deux acquittements sont demandés.
Provocations
Depuis le début du procès, Youssouf Fofana a lancé en pleine audience "Allah o akhbar" ("Dieu est grand"), a fait des déclarations antisémites, a jeté ses chaussures sur les parties civiles et a renvoyé tous ses avocats.
Le 28 mai, il a reconnu pour la première fois avoir tué Ilan Halimi. Aucun avocat n'a plaidé pour lui et, dans ses derniers mots, il a dit : "Il vaut mieux vivre comme un lion une journée que comme un mouton pendant cent jours."
LEXPRESS.fr avec Reuters
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