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Immigration

Bagarre : la vidéosurveillance fera-t-elle la lumière sur l'affaire ?

Au lendemain de la rixe qui a opposé un groupe de Nord-Africains et des jeunes recrues du « 3 », c'est toujours la plus grande confusion.

C'est semble-t-il rue de l'Aigle d'Or que tout aurait commencé avant que les protagonistes se retrouvent place Carnot. Photo DDM, D.D.
C'est semble-t-il rue de l'Aigle d'Or que tout aurait commencé avant que les protagonistes se retrouvent place Carnot. Photo DDM, D.D.

Que s'est-il passé samedi soir vers 22 h 45 place Carnot ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que la plus grande confusion règne dans cette affaire. Et pour l'heure, une seule plainte a été déposée au commissariat par une jeune recrue du « 3 » qui a été blessé à l'arcade par un jet de bouteille de verre. « Pour nous, c'est une non-affaire », confie le DDSP (directeur départemental de la sécurité publique) Pascal Dumas. Selon lui, c'est un appel d'un collaborateur de la Dépêche du Midi qui a téléphoné au commissariat qui a provoqué l'arrivée des forces de l'ordre sur la place Carnot. Ce témoin affirme qu'un des membres de la section des jeunes recrues du « 3 » était armé d'une batte de base-ball et voulait en découdre avec d'autres jeunes. Quelques instants plus tôt, en début de soirée, une vingtaine de recrues du « 3 » encadrée par des officiers sont allées dîner en ville, un repas dit de cohésion. Après s'être restaurés, les militaires se dirigent vers la caserne. Rue de l'Aigle d'Or, c'est ici précisément que tout semble avoir débuté. Toujours selon la police, qui ne veut négliger aucune piste et entendre le maximum de témoignages, un groupe d'une quinzaine de Nord-Africains aurait pris à partie les militaires. Des insultes auraient alors fusé. Et un jeune militaire, âgé de 20 ans, aurait essuyé un jet de bouteille en plein visage provoquant aussitôt la réaction de ses camarades à l'encontre du groupe de Nord-Africains. « Il n'y a pas eu selon nos informations de bagarre générale. Une poursuite dans les rues voisines ? Pour l'instant nous l'ignorons », précise Pascal Dumas. Toujours est-il que l'ambiance était des plus tendues ensuite place Carnot et il n'est pas exclu que des dérapages, de part et d'autre, ont intensifié la situation et que des actes de violences se soient multipliés. Les recrues auraient ensuite rejoint la caserne encadrées par des officiers. « À 22 h 50, plusieurs équipages du commissariat ont dispersé une vingtaine de personnes vociférant sur la place Carnot. Nous n'avons pas constaté la présence d'armes et avons relevé l'identité de trois personnes et il n'y aurait pas eu d'hospitalisation de victimes », poursuit-il le DDSP. Le député-maire Jean-Claude Pérez se veut mesuré, « Je veux attendre le visionnage des caméras avant de me prononcer », déclare-t-il. En effet, à partir de 22 heures, les caméras de surveillance « basculent » au commissariat. Les films ou d'autres témoignages permettront-ils de faire toute la lumière sur cette affaire ?

ladepeche.fr du 08/03/2010

Violence et haine raciste en plein centre ville

Faits divers. Quelques dizaines de jeunes militaires du «3» se sont battus avec d'autres jeunes, place Carnot et aux abords.


Violence et haine raciste en plein centre ville
Violence et haine raciste en plein centre ville

Incroyable. Presque surréaliste. Le déchaînement de haine auquel nous avons assisté hier soir place Carnot et rue de l'Aigle d'Or est presque inédit. Il rappelle le goût amer et désagréable des ratonnades de 1991… Nul ne sait vraiment comment les choses ont commencé. Du côté des jeunes militaires, il s'agirait de jets de bouteilles en leur direction. Du côté d'un bar de la rue de l'Aigle d'Or, d'une descente en règle contre « tous ceux qui n'étaient pas blancs » et qui se trouvaient dans l'établissement. Manifestement, les « non blancs » qui se trouvaient ailleurs en auraient pris, aussi, pour leur grade, sans l'intervention de la police. D'autant plus qu'un jeune homme, bien loin de l'histoire, en a fait les frais. « Je suis sorti d'un resto et je me suis fait tomber dessus », dit-il. Sa pommette rougeoyante en témoigne. Il a pris des coups. « Je n'ai même pas compris », se lamente-t-il.

Vers 22 h 30, hier soir place Carnot, l'on a cru vivre une scène de guerre civile. Des hommes courant partout. Des cris. Des bris de verre. Des barres brandies… Et surtout des prises à parti avec d'invraisemblables cris aux tonalités nazies. Les démons se sont emparés des protagonistes de cette rixe.

Plusieurs patrouilles de police ainsi que la Bac ont ramené le calme et constaté les dégâts. Des arcades amochées, des hématomes, une voiture très abimée... Rien de très grave, sur la forme. Et aucune interpellation. «L'encadrement» des jeunes militaires s'est rapidement expliqué avec les forces de l'ordre tandis que les troupes se rangeaient à l'angle de la rue Courtejaire. Mais de l'aure côté, rue de l'Aigle d'Or, c'est l'icompréhension qui présidait.

Des enquêtes vont forcément être ouvertes et des plaintes déposées. S'agissait-il d'une riposte ou d'une attaque, ou d'un règlement de comptes ? Les investigations, s'il elles se font, le diront. Jamais, toutefois, elles ne justifieront les les insultes racistes et nazies qui ont été proférées et que nous avons pu entendre.


Il casse une bouteille en verre sur le crâne d'un SDF.

La soirée fut très tendue, hier, place Carnot. En effet, dès 19 heures, un groupe de marginaux et de SDF a élu domicile sur la place, face à la supérette Marché Plus et la tension est rapidement montée entre eux, mais aussi avec les employés du commerce qui, en raison de leur état d'ébriété d'une part, et d'excitation d'une autre, leur ont refusé l'accès au magasin. à trois reprises, la police est intervenue pour faire cesser le chahut et les bagarres entre ces hommes et pour surtout les convaincre de ne pas semer le trouble dans la supérette. Sauf que quelques minutes plus tard, la situation devait finalement (inéluctablement) dégénérer sur la place.

Une énième dispute a éclaté et s'est soldée par une blessure sérieuse pour l'un des protagonistes. En effet, il s'est vu asséner un coup de bouteille en verre sur le crâne. La victime assommée, a été prise en charge par les sapeurs pompiers. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, a été bandé au niveau des yeux puis a été transporté à l'hôpital. Aucun pronostic ne pouvait être avancé en raison de l'important écoulement de sang qui ne permettait pas de savoir si des éclats avaient touché l'œil, dans sa partie externe comme interne.

Toutefois, durant la soirée, l'on nous indiquait que «celà semblait sérieux».

L'intervention des secours a été délicate en raison de l'état d'énervement des protagonistes et deux patrouilles de police ont été mobilisées pour gérer l'événement. Un suspect a été interpellé sur le champ et aurait reconnu être l'auteur de l'agression. Nous reviendrons sur ce fait divers dans notre édition de demain.

 

ladepeche.fr du 07/03/2010

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La septième élection de miss soninké s’est déroulée hier, pour la première fois à Charenton. La salle de cinq cents personnes était comble. Onze candidates concouraient pour remporter le titre, qui a été décerné tard hier soir. L’objectif : faire connaître la langue de cette communauté d’Afrique de l’Ouest, présente au Mali, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Burkina Faso, en Gambie et Guinée- Bissau.

Soit un million de personnes dans le monde. Le soninké est parlé dans de nombreux foyers d’immigration de la région parisienne.

Le Parisien
Famille colombienne photographié en février 2009 dans son appartememnt, à Madrid.
Famille colombienne photographié en février 2009 dans son appartememnt, à Madrid. Crédits photo : AFP

Avec la récession et la flambée du chômage, le rejet des étrangers s'affiche ouvertement.

«Mes collègues espagnols ont attendu un an avant de me dire bonjour.» Luis a 25 ans. Il est chauffeur de taxi à Madrid. Il fait son travail consciencieusement, reverse religieusement les 60 % de sa recette à son patron. Il se gare toujours au même endroit, sans empiéter sur les emplacements de la concurrence. Seul problème, il est Équatorien.

Ils sont cent Latino-Américains à conduire l'une des 16 000 voitures blanches qui sillonnent Madrid en quête de clients. Mais pour trois Espagnols sur quatre, c'est beaucoup. Trop, même ! Une étude diffusée cette semaine par le gouvernement révèle que 77 % des personnes interrogées jugent le nombre d'immigrés en Espagne «excessif» (46 %) ou «élevé» ( 31 %). Seuls 19 % pensent que la proportion est «acceptable». En 1996, en pleine croissance économique, ils n'étaient que 28 % à considérer qu'il y avait trop d'étrangers.

 

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Les Latino-Américains sont sans conteste ceux qui s'intègrent le plus facilement. Ils maîtrisent la langue et connaissent la culture espagnole. Les Marocains, en revanche, les premiers pourtant à être arrivés en Espagne, souffrent davantage de l'exclusion. Les moros, comme on les surnomme de façon péjorative, ont plus de mal à accéder à un emploi ou à un logement. Samira Oukhiar, coordinatrice à Madrid de l'association socioculturelle Ibn-Batuta, confirme l'existence d'un racisme rampant : «On ne te dit pas directement qu'on ne veut pas t'embaucher parce que tu es marocain, mais on t'explique qu'on préfère des gens d'ici.»

Selon Eurostat, en décembre 2009, les étrangers résidant en Espagne étaient estimés à un peu plus de 5 millions. C'est-à-dire 2 millions de plus qu'en France et 2 millions de moins qu'en Allemagne. Avec une différence cependant : l'immigration est en Espagne un phénomène très récent et son rythme a été frénétique. Les gouvernements successifs du conservateur José Maria Aznar (1996-2004) et du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero (depuis 2004) ont entériné cette explosion démographique par des régularisations massives, s'attirant au passage les foudres de leurs partenaires européens. Résultat, parmi les grands pays de l'UE, «l'Espagne est le pays qui a le plus reçu d'immigrés en proportion de sa population», résume Anna Cabré, directrice du Centre d'études démographiques de l'université autonome de Barcelone.

Luis et Samira sont-ils des cibles faciles de la crise ? «Je ne crois pas que les immigrés soient des boucs émissaires, tempère Santiago Pérez-Nievas, professeur de science politique à l'université autonome de Madrid. Cependant, le sentiment de compétition a augmenté dans le monde du travail. Auparavant, le marché était extrêmement segmenté, bien plus que dans le reste de l'Europe : les étrangers occupaient les postes dont les Espagnols ne voulaient pas.» En clair, jusqu'à la récession de 2008, seuls les immigrés acceptaient les travaux les plus pénibles, nécessitant une faible qualification et mal rémunérés. Mais avec l'arrivée de la crise et sa cohorte de 20 % de chômeurs, l'essentiel est désormais d'avoir un emploi. Quel qu'il soit.

 

Des municipalités ferment l'accès aux services sociaux 

La différence sans doute par rapport à d'autres pays, c'est que le racisme «ordinaire» peut s'exprimer librement. Témoin, cette réflexion entendue dans une charcuterie du centre de Madrid : «On sert les meilleurs produits des meilleures régions du monde», s'enorgueillit le propriétaire, âgé d'une cinquantaine d'années. Avant d'ajouter : «Par contre, pour les immigrés, c'est chacun chez soi !» Dans la boutique, personne ne bronche. La société espagnole n'est pas pour autant fondamentalement raciste. «Il n'y a pas de sentiment xénophobe», affirmait ainsi le ministre du Travail et de l'Immigration, Celestino Corbacho, en réaction à l'étude. «En revanche, exprimer en Espagne des idées xénophobes est moins politiquement incorrect qu'ailleurs», reconnaît le professeur Pérez-Nievas.

En fait, depuis la fin du franquisme, le sentiment de rejet des étrangers n'a jamais trouvé de débouché institutionnel. C'est au niveau local qu'il faut aller chercher les propositions politiques ouvertement xénophobes. En Catalogne ou dans la banlieue de Madrid, par exemple, où des municipalités ont refusé, dans l'illégalité, d'inscrire au registre municipal des sans-papiers… et donc de leur ouvrir l'accès aux services sociaux.

Finalement, c'est peut-être la crise qui résoudra le problème qu'elle a elle-même amplifié. «Avec la récession, les arrivées d'étrangers seront moins nombreuses», conclut Anna Cabré.

 

Le Figaro

Expérimenté à partir de 2003 et généralisé depuis 2007, le contrat d'accueil et d'intégration (CAI) est devenu le symbole des droits et des devoirs qui incombent à l'étranger venant s'installer en France. Hier, pour la signature du 500.000 e« Le migrant s'engage à respecter les valeurs républicaines qui régissent notre société, à apprendre la langue, à entreprendre activement de s'intégrer à la société française. » En échange, l'Etat doit lui « dispenser les formations nécessaires à une bonne intégration dans la société ». L'âge moyen des signataires est de 32 ans. Ce sont le plus souvent des personnes qualifiées. En 2009, plus de 25 % d'entre elles avaient suivi des études supérieures et une sur trois venait du Maghreb. Le ministre a profité de cette occasion pour annoncer qu'il présenterait avant la fin du mois en Conseil des ministres un projet de loi sur l'immigration et l'intégration, dans lequel serait mieux pris en compte « le respect des exigences du CAI » lors du contrat, le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Eric Besson, en a rappelé les grands principes : « renouvellement des cartes de séjour et de la délivrance des cartes de résident ».

Les Echos

IMMIGRATION - Les profs et le personnel de la fac ont répondu en nombre à un appel à la désobéissance civique...

C’est une action inédite dans le milieu universitaire, plutôt réputé individualiste. Quelque 330 enseignants et personnels de l’université de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont récemment signé un appel à la désobéissance civique, afin d’héberger si besoin deux étudiantes comoriennes en situation irrégulière.

«Nous (…) prenons nos responsabilités, en hébergeant ces étudiantes, et acceptons les risques d’une action illégale mais légitime», peut-on lire sur l’appel.

Un véritable ras-le-bol dans les universités

Sitti et Liouize, âgées de 22 et 24 ans et étudiantes en géographie, avaient été interpellées le 25 janvier à la sortie de la fac, avant d’être remises en liberté pour vice de procédure. Mais une fois revenues à l’université, elles ont affirmé avoir vu des agents de la police aux frontières en civil dans les couloirs de l’établissement, ce que dément la préfecture, raconte le journal l'Humanité.

Jean Ortiz, maître de conférence en espagnol à l’université de Pau et secrétaire du Snesup est à l’origine de l’appel. Et explique les raisons de cet engouement à 20minutes.fr. «Il y a un véritable ras-le-bol avec la loi Pécresse. Les enseignants et les personnels sont découragés. C’est le chaos dans les universités. Et toute cette colère s’est cristallisée sur cette affaire. Même des gens de sensibilité de droite ont signé l’appel.» Ce syndicaliste s’attendait à «une vingtaine de signatures» et s’étonne encore de l’engouement venu de ce milieu «où personne ne veut militer d’ordinaire». L'an passé, des profs d'écoles primaires avaient fait acte de désobéissance civique en refusant de mettre en place des heures de soutien hebdomadaires imposées par Xavier Darcos, alors ministre de l'Education nationale.

Une initiative qui peut faire tache d’huile?

Depuis quinze jours, les deux étudiantes vivent donc cachées par des «désobéisseurs». «C’est le préfet qui les obligent à vivre cachées, c’est injuste», souligne Jean Ortiz. De là à savoir si cette «nouvelle forme de résistance» pourrait se répandre à d’autres facultés, il n’est pas si sûr. «Nous n’avons pas fait cela pour devenir un modèle. Pau est une petite université, où tout le monde connaît les deux étudiantes.»

Cyril, membre de Réseau universités sans frontière à Pau, estime, lui, que cette initiative peut faire tache d’huile «surtout si les sans papiers se font connaître». En effet, la situation des deux Comoriennes était connue de nombreux professeurs depuis l’été dernier et elles étaient «très appréciée de tous», témoigne ce militant.


20 Minutes
Selon France Info, cinq personnes sont en garde à vue depuis lundi, suspectées d'avoir vandalisé des distributeurs de billets. Leur motif? A en croire plusieurs revendications publiées sur Internet, ils dénonceraient l'attitude des banques vis-à-vis des sans-papiers.

Depuis lundi, la police interroge cinq personnes, suspectées, selon France Info, d’avoir vandalisé des dizaines de distributeurs automatiques de billets (DAB) à Paris. Cette série de méfaits cacherait un objectif politique. A en croire plusieurs revendications, diffusés sur des sites Internet liés à des groupuscules d'ultragauche, ces actes viseraient à dénoncer l’attitude des banques vis-à-vis des sans-papiers. Les policiers disent avoir identifié les suspects par des enregistrements de vidéosurveillance et des traces laissées sur les lieux.

Les suspects semblent en tout cas peu au fait des nouvelles méthodes de braquages. Plutôt que des voitures-bélier, explosifs ou autres moyens spectaculaires du grand banditisme, les distributeurs de billets ont été forcés à l'acide, la barre de fer ou par l'utilisation de poubelles en feu. Plus de 80 DAB seraient concernés dans toute la France – dans la capitale donc, mais aussi à Grenoble, Lille ou Poitiers. Un chiffre à relativiser, certaines violences n'étant pas revendiquées sur la toile. Sur certaines machines automatiques, des autocollants accusaient les banques de dénoncer à la police les titulaires de comptes en situation irrégulière.

Selon les enquêteurs, il ne s'agit pas d'actions concertées, mais d'une sorte de mouvement plus ou moins rattaché à l'ultragauche. Des forums alternatifs et extrémistes diffusaient des photos des actes de malveillance, accompagnées d'une argumentation politique dénonçant un "Etat policier" et des "banquiers complices". Les cinq personnes interpellées à Paris sont toujours en garde à vue mercredi. Elles seraient muettes selon France Info. En perquisition, les enquêteurs auraient retrouvé des bombes de peinture correspondant à celles utilisées lors des dégradations. La prudence reste toutefois de mise, un an après l'affaire Tarnac, dans laquelle un groupe de jeunes gens avait été accusé trop promptement des sabotages de lignes SNCF.

 

Le JDD


Crédits photo : Le Figaro

Le ministre de l'Immigration souhaite retarder l'intervention du juge des libertés pour éviter des annulations de procédures. Dans les annulations judiciaires, «la part des tribunaux administratifs reste tout à fait modeste avec moins de 3,5 %», affirme le ministre.

Ce n'est qu'un avant-projet de loi. Le texte doit encore être discuté et modifié avant qu'Éric Besson le présente au Conseil des ministres probablement début mars. Profitant de la transposition de directives européennes relatives à l'entrée et au séjour des étrangers, le ministre de l'Immigration a souhaité «simplifier les procédures d'éloignement». En clair, le ministre entend faciliter les reconduites.

Pour l'instant, les drames personnels, la complexité des situations, comme la sophistication de la procédure, rendent l'éloignement difficile. Devant les sénateurs en juillet dernier, Éric Besson a rappelé quelques équations de la politique de lutte contre l'immigration clandestine. «De 2001 à 2006, le taux d'exécution de ce qu'on appelait les arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière a constamment progressé, passant de 16,6 % à 25,7 %.» Depuis 2007, ce taux baisse. Il n'était plus que de 19,4 % en 2008, selon les sénateurs. Le ministre distingue deux causes principales : «L'annulation des procédures par décision de justice, pratiquement 34 % en 2008, et la non-obtention des laissez-passer consulaires, environ 22 % en 2008.»

 

«Un droit spécial» 

Jusqu'à présent, une personne frappée par un arrêté de reconduite à la frontière émis par le préfet devait séjourner dans un centre de rétention administrative (CRA) au moins 48 heures avant d'être expulsée. Le temps de déposer, si elle le voulait, un recours au tribunal administratif. À l'issue des deux premiers jours de rétention, elle devait voir le juge des libertés et de la détention, chargé de vérifier la validité de la procédure et de prolonger au besoin la rétention, ou à l'inverse de l'annuler. Or, affirme le ministre, «ce sont les décisions des juges des libertés et de la détention qui contribuent prioritairement à faire échec aux reconduites». Dans les annulations judiciaires, «la part des tribunaux administratifs reste tout à fait modeste avec moins de 3,5 %».

Depuis plusieurs années, le gouvernement cherche à éviter ce double contrôle judiciaire. Mais la commission Mazeaud chargée de simplifier la procédure avait refusé en 2008 qu'un seul juge soit à la fois représentant judiciaire et administratif. Les Sages s'étaient montrés attachés à la séparation des pouvoirs. Pour éviter que trop de personnes ne soient libérées par le juge des libertés et de la détention (JLD), Éric Besson propose maintenant de le faire intervenir après le juge administratif, qui statue, lui, sur la validité de l'expulsion, sur le fond. Beaucoup confirment les arrêtés. Il ne reste plus qu'à obtenir le laisser-passer du pays d'origine. Et cela peut-être très rapide, lorsqu'un accord existe. Le juge des libertés n'interviendrait qu'au cinquième jour. Or «la majorité des expulsions effectives est réalisée dans les quatre jours après l'arrivée au CRA», décrypte Stéphane Maugendre, l'avocat du Gisti, qui s'interroge sur la légalité d'une telle mesure : «Veut-on créer un droit spécial pour les sans-papiers ?» Les associations décortiquent le projet jugé répressif. «D'autant que ces nombreuses annulations sont le fruit de la politique du chiffre : on arrête à la va-vite, sans respecter les règles ou des personnes pratiquement inexpulsables», dénonce Julien Poncet de Forum Réfugiés. «Il est logique que les tribunaux finissent par les relâcher».

 

Ni régularisés, ni expulsables

Hors des tribunaux, le ministre souhaite également remédier à la mauvaise volonté de certaines autorités consulaires qui refusent d'octroyer des laissez-passer consulaires pour permettre la réintégration de leurs ressortissants. Beaucoup de sans-papiers finissent d'ailleurs par être relâchés, sans être ni régularisés, ni expulsables. Des négociations diplomatiques sont prévues. Tandis que la rétention administrative pourrait être allongée à 45 jours (contre 32 actuellement) «pour se conformer aux accords de réadmission négociés directement par l'Union européenne, qui prévoit des délais plus longs», explique-t-on dans l'entourage du ministre. Enfin, les personnes éloignées pourraient être frappées d'une interdiction totale de revenir dans l'Union européenne pour au moins trois ans.

Le Figaro

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