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Le Professeur Pierre MAURER, né le 22 mai 1924 à Paris, fut Doyen de la Faculté de Médecine de Cochin-Port Royal en 1976.
Il s’est éteint paisiblement et sereinement dans la certitude de sa Foi et la justesse de ses convictions.
Engagé volontaire dans la Brigade Frankreich en août 1944 (quelques jours avant la Libération de Paris) et après une période de formation à l’Ausbildunglager de Sennheim, il prêta serment de fidélité à Adolf Hitler, avec l’aide de Dieu, comme l’atteste une photo figurant au-dessus du texte de ce serment dans l’ouvrage de Jean Mabire La Brigade Frankreich paru aux éditions Fayard.
Après de durs combats en Poméranie, où sa compagnie fut décimée, il est décoré de la E.K II pour bravoure. Il n’intégrera pas la Division Charlemagne et sera arrêté en 1945 et interné à Fresnes.
Le 26 mars 1979, il descend dans l’amphithéâtre de la Faculté de Cochin où se déroule une Assemblée Générale d’étudiants grévistes et déclenche une tempête médiatique en déclarant : « J’ai été fasciste et je reste fasciste », qu’il confirmera le soir même devant les caméras de télévision et en précisant ses propos dans l’édition du 28/03/79 du journal Le Monde :
« Je ne reviens absolument pas sur ce que j’ai dit hier. J’avais pris une option politique qui consistait à considérer d’abord que lorsqu’on a des idées il faut aller jusqu’au bout et se battre.
J’ai risqué ma peau. Je me suis engagé dans la Brigade Frankreich et je me suis battu sur le front russe dans l’armée allemande. A la Libération, j’ai été arrêté. J’ai passé un an et demi à la prison de Fresnes. J’étais un soldat, pas un tueur. Je n’ai appris les horreurs qu’en 1945 ; je ne suis pas partisan d’une idéologie de destruction ou de massacre des populations. Quand je dis que je suis raciste, je veux dire que je suis pour l’élite, pour le petit nombre. Il m’est totalement indifférent que les gens qui travaillent avec moi soient d’une certaine race, s’ils font leur travail. Les arabes, les juifs, les jaunes, je les soigne, je suis très gentil avec eux. D’ailleurs, si on me demande mon opinion sur les affaires du Proche-Orient, actuellement je suis totalement pour les Israéliens, parce qu’ils représentent ce que j’admire le plus : ce sont des hommes qui se battent et qui sont prêts à mourir pour leur cause. Pourquoi j’ai fait ces déclarations hier ? Parce qu’il y a trois ans, au moment de mon élection comme Doyen, des tracts ont circulé sur mon passé. Il vaut mieux que tout se sache clairement. J’ai fait pour cette faculté le maximum et si j’ai pu le faire, c’est grâce à mes idées ».
Dans une édition ultérieure du Monde (29 ou 30 mars), une tribune « Libres Opinions » du Professeur Merle d’Aubigné confirme la carrière exemplaire du Professeur Pierre Maurer et rend hommage à l’excellence de son enseignement ainsi qu’à ses talents exceptionnels d’organisateur au sein de la Faculté de Cochin.
Un éditorial de François Brigneau, paru dans Minute, décrit fort justement ce qui fut le parcours politique d’un homme de convictions qui, pour moi, fut un exemple.
Inutile de décrire ce que furent les suites de cette profession de foi, douloureuses durant les années suivantes, tant pour sa famille que pour ses proches mais pendant lesquelles JAMAIS il ne déclara que ce fut « une connerie ».
Ses amis lui furent un soutien précieux et qu’ils en soient ici remerciés.
Poursuivi par les chacals du « politiquement correct » et les hyènes du « devoir de mémoire », il fut acquitté par la Justice … à la stupeur générale !
Il consacra les 25 dernières années de sa vie à la cause des AAA en visitant régulièrement les hôpitaux et les prisons de la région parisienne afin d’aider les personnes désireuses de sortir du fléau de l’alcoolisme, sans compter et avec abnégation jusqu’à son dernier souffle.
Homme de Foi, il pratiquait la religion et s’intéressait en permanence à l’évolution de l’Eglise catholique en France et dans le monde, s’astreignant à des retraites dans divers couvents où il put trouver la sérénité.
« Quand était noire la nuit, quand la Nation était à l’agonie, tu as défié l’Histoire et dicté ta volonté au destin.
Hier, nous avons suivi tes pas ; aujourd’hui, nous reprenons la route et tu marches avec nous ! »
Que le soldat de Poméranie soit vivant dans notre esprit et que le flambeau de son combat nous éclaire dans la lutte contre le mondialisme !
Resquiat In Pace.



L'inventeur et explorateur suisse des grands fonds Jacques Piccard, qui est descendu à 10.916 mètres de profondeur, est mort samedi en Suisse à l'âge de 86 ans, a annoncé Solar Impulse, un projet d'avion solaire dont un des cofondateurs est son fils, Bertrand Piccard.
"Un des derniers grands explorateurs du XXe siècle, homme le plus profond du monde et véritable Capitaine Nemo, Jacques Piccard s'est éteint le 1er Novembre, à 86 ans, sur les bords du Lac Léman qu'il a tant aimé", est-il écrit dans un communiqué parvenu à l'AFP.
Né le 28 juillet 1922 à Bruxelles, il a poursuivi "l'oeuvre de son père, le célèbre physicien Auguste Piccard, inventeur du ballon stratosphérique et du Bathyscaphe", poursuit-il.
"A bord du Trieste, il devient l'homme le plus profond du monde en touchant le fond de la fosse des Mariannes à 10.916 mètres, le 23 janvier 1960, en compagnie de l'Américain Don Walsh", toujours selon ce communiqué.
Il construit ensuite quatre "Mésoscaphes", des submersibles pour moyennes profondeurs, dont le tout premier sous-marin touristique lancé dans les eaux du Lac Léman à l'occasion de l'Exposition Nationale suisse de 1964, ajoute Solar Impulse.
"Avec une foi totale dans la technologie, il conçoit et calcule chaque sous-marin et en dirige la construction, plongeant lui-même dans son dernier submersible de poche jusqu'à 82 ans", poursuit le communiqué.
Passionné par l'étude et la protection des mers, il explore en 1969 le courant du Gulf Stream sur 3.000 km à l'occasion d'une plongée-dérive d'un mois.
"Mais sa plus grande contribution a été en 1960 de trouver de la vie à plus de 11.000 mètres, ce qui entraînera l'interdiction de l'entreposage des déchets nucléaires dans les fosses marines", ajoute Solar Impulse.
AFP

Grand résistant, polémiste, ancien maire de Charenton-le-Pont et ancien député du Val-de-Marne, Alain Griotteray est décédé samedi à l'âge de 85 ans. Retiré de la vie politique depuis une dizaine d'années, il était hospitalisé depuis le mois de mai, souffrant de la maladie de Charcot, a précisé à l'AFP sa fille Michèle.
Alain Griotteray avait été l'une des grandes plumes du Figaro Magazine, dont il avait été le cofondateur avec Louis Pauwels. Éditorialiste passionné, il avait été directeur délégué aux relations extérieures de l'hebdomadaire.
Le président Nicolas Sarkozy a salué dimanche «la mémoire du jeune résistant», de «l'homme politique» et «du journaliste engagé». «Alain Griotteray était un homme de convictions, des convictions qui lui étaient propres. Toute sa vie aura été marquée par l'engagement dans la vie publique et par le goût pour le débat d'idées», a déclaré le chef de l'État, dans un communiqué .
Né le 15 octobre 1922 à Paris, Alain Griotteray n'est qu'un tout jeune homme, grandi dans le climat intellectuel de la droite d'avant-guerre, lorsqu'il accomplit son premier acte de résistance. À 18 ans, refusant l'occupation allemande, il est l'un des instigateurs, l'un des «provocateurs, dans un très grand désordre», comme il le racontait lui-même, de la manifestation du 11 novembre 1940 par laquelle, devant l'Arc de triomphe, les étudiants défient l'occupant allemand en commémorant l'armistice de la Première Guerre mondiale. Repéré à cette occasion par Henri d'Astier de la Vigerie, il rejoint le réseau de ce dernier, le réseau Orion, et en prend le commandement en 1943, devenant ainsi le plus jeune chef de réseau de la Résistance. Après novembre 1942, les agents de ce réseau vont organiser d'innombrables évasions par l'Espagne et se reconvertir dans le renseignement militaire en métropole.
Capitaine parachutiste jusqu'en 1945, Alain Griotteray est, dans l'immédiat après-guerre, chargé de mission au cabinet du ministre de la Défense, Pierre-Henri Teitgen puis René Mayer (1947-1948), avant d'être attaché au cabinet du général commandant supérieur des troupes françaises au Maroc (1956-1957).
En 1947, cet électron libre du gaullisme rejoint le RPF de Charles de Gaulle. En mai 1958, Alain Griotteray est de ceux qui participent aux événements qui permettront le retour au pouvoir du général. Il adhère alors au mouvement gaulliste, l'UNR, et, en 1959, il est élu conseiller de Paris sous cette étiquette. Mais ce militant passionné du maintien de l'empire colonial rompt avec le gaullisme par fidélité à l'Algérie française.
Il rejoint alors les Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing et sera un des fondateurs de la Fédération nationale des clubs Perspectives et Réalités, l'une des composantes fondatrices de l'UDF.
Alain Griotteray a accompli une belle carrière politique : député UDF du Val-de-Marne (1967-1973, puis 1986-1997), il a été maire de Charenton-le-Pont de 1973 à 2001. Candidat malheureux aux législatives de 1997, il avait démissionné de l'UDF l'année suivante. Aux municipales de 2001, il avait retiré sa liste entre les deux tours en raison de son faible score au premier.
«Je crois à la France comme je crois en Dieu !», proclamait ce «hussard de la droite». Eurosceptique et patriote, pourfendeur de la gauche qui, disait-il, sait «donner une apparence savante à ses raisonnements absurdes», Alain Griotteray était un partisan déclaré d'ententes entre la droite parlementaire et le Front national. Ce qui lui a souvent valu des critiques de son propre camp. Aux législatives de 2007, il avait, au nom d'«une certaine idée de l'Europe», apporté son soutien à Marine Le Pen, «ardente défenseur de l'Europe des patries». Aux municipales de 2008, ce républicain avait soutenu la candidature de Rachida Dati dans le VIIe arrondissement de Paris en invoquant, cette fois, le «génie assimilationniste» de la France.
Grand officier de la Légion d'honneur, croix de guerre 39-45 et médaillé de la Résistance, Alain Griotteray était l'auteur de nombreux livres, dont Lettre aux giscardo-gaullistes (1980), Je ne demande pas pardon (2001) et Non à la Constitution : pour une certaine idée de l'Europe (2005). En 2004, il avait publié ses Mémoires (éditions du Rocher/éditions de Fallois). Un retour sur un parcours hors du commun. «Qui se dit de droite ? C'est tellement plus simple d'être de gauche», écrivait, dans Le Figaro Magazine en 2001 cet homme qui ne mettait jamais son drapeau dans sa poche .
Le Figaro

«Ces Messieurs de Grenoble, Avec leurs longues robes Et leurs bonnets carrés, M'eurent bientôt… Vous m'entendez ? Et leurs bonnets carrés, M'eurent bientôt jugé. Ils m'ont jugé à pendre, Ah ! C'est dur à entendre ! À pendre et étrangler, Sur la place du… Vous m'entendez ? À pendre et étrangler, Sur la place du Marché. » Ainsi pleure La Complainte de Mandrin, composée par la vox populi en 1755, peu après la mort de Belle Humeur, le héros des petites gens, sur un air d'opéra de Jean-Philippe Rameau. Louis Mandrin, alias Belle Humeur, qui eut, à en lire la sentence exécutée le 26 mai 1755 à Valence, «les bras, jambes, cuisses et reins rompus, vif, sur un échafaud, et mis ensuite sur une roue». Pour faire bonne mesure, on mit le feu à son cadavre.
Ainsi s'achevait une vie de trente ans tout entière vouée à la contrebande à seule fin de narguer les fermiers généraux qui étranglaient le peuple, disent les uns ; pour suivre son penchant mauvais, assurent les autres. Et comme ultime pirouette, on raconte que le condamné, montant sur l'estrade de son supplice, ricana : «Voilà bien du monde !», puis se tourna vers son bourreau : «Mon ami, je t'ai conservé la vie, hâte-toi de me la ravir…»
Comme beaucoup de héros, maudits ou non, notre homme connut une gloire éclair de quelques mois avant d'être rattrapé par le destin ou la justice des hommes. Le mauvais génie ne fait pas bon ménage avec la longévité. Mais nul ne sait si Louis Mandrin fut taillé dans le bois dont on fait les brutes, comme l'assurent certains historiens, ou bien si le vent contraire qu'il connut jeune le poussa dans une épopée paillarde et romantique de redresseur de torts, comme l'affirme la trompette de la renommée qui a un faible pour les Robin des Bois en rébellion contre l'oppression.
Tentons d'instruire le dossier à charge et à décharge. Le fils aîné de neuf enfants de François-Antoine Mandrin est né le 11 février 1725 à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, à un jet de pierre du Dauphiné, duché indépendant. Mais son père, riche négociant en chevaux, autrement dit maquignon, trouva la mort dans une mauvaise querelle lorsque Louis n'avait que 17 ans. C'est ainsi que cet insouciant jeune homme, bientôt surnommé Belle Humeur, devint chef de famille. Il tenta tant bien que mal de faire fructifier l'héritage paternel, mais deux ou trois mauvaises récoltes eurent raison du patrimoine.
Et que fait-on dans la province de Louis XV pour gagner sa vie quand on n'a pour tout bagage que son envie de dévorer le monde et un beau visage ? On s'engage au service du roi, pour sûr. Voilà notre homme embarqué avec une centaine de mulets pour ravitailler l'armée d'Italie, sous les auspices des Fermes générales. Arrivé au rendez-vous, en Piémont, la guerre prenait fin. L'estafette fut renvoyée d'où elle venait avec ses bêtes. Lesquelles moururent par dizaines sur le chemin du retour, au terme duquel l'infortuné en fut pour ses frais : les fermiers généraux lui refusèrent les quarante mille livres du marché. Voilà pour la haine personnelle de notre héros à l'endroit des «détrousseurs du fisc» et autres gapians (douaniers).
Et puis Mandrin vit des familles mourir de faim tandis que les agents des Fermes, aidés par les gendarmes, expulsaient les survivants qui ne pouvaient payer la gabelle sur le sel qu'ils n'avaient pas. Et puis l'imprudente tête brûlée se trouva mêlée à une histoire de tirage des milices, sorte d'impôt du sang qui désignait au sort les futurs soldats parmi le peuple. Pour sauver un ami réfractaire, il dut tuer. Et puis ce gaillard en rébellion permanente apprit que son petit frère Pierre venait d'avoir la tête tranchée par ordre des Fermes pour faux-monnayage industrie dans laquelle Louis trempa un peu lui-même, murmura-t-on.
Bref, la fin de 1753 vit un Belle Humeur suant l'indignation et la revanche, qui s'acoquina avec une bande de faux-sauniers, contrebandiers faisant principalement commerce du sel hors gabelle, bien entendu. Il faut dire que la région s'y prêtait à merveille : la Savoie, sorte de paradis fiscal en regard du royaume de France, était à deux pas et les frontières étaient des passoires.
Après moult aventures à bride abattue entre Grenoble et Rochefort- en-Novalaise, dont le château avait été gracieusement mis à la disposition de Mandrin par un nobliau en mal d'aventures, voilà notre homme à la tête de deux à trois cents rufians entraînés, dressés comme à l'armée pour en découdre avec le gapian.
Ils ne se privaient pas, avec la complicité de tous. Belle Humeur avait mis de son côté tous les ennemis de l'impôt, les rieurs, les ripailleurs et les femmes, ce qui fait un nombre appréciable de sujets de Sa Majesté. Il effectua en deux ans six «campagnes» menées comme suit : la troupe partait en terre d'Empire, Suisse et duché de Savoie, acheter à prix détaxé le tabac, le sel, les soieries, toiles, épices et autres colifichets dont ces dames raffolent, puis forçait les barrages royaux pour revenir en France, non sans s'être un peu amusée avec les agents du fisc. Le coup de main dit de Rodez est fameux. Après avoir dépassé Pont-de-Vaux, Pont-de-Claix et Millau, la troupe cingle vers Vabres, bourgade où elle fait halte chez les gendarmes, tous dévoués à la Ferme, et à la porte desquels elle cogne à coups redoublés. On se décide à leur ouvrir, à reculons. Et voilà que le lieutenant de Mandrin propose fort civilement, mais sous la menace de son espingole, au brigadier du «beau et bon tabac» à un prix défiant toute concurrence. Comme cet honnête serviteur de la loi n'a pas la vocation du martyre, il s'exécute ; il achète à la pire bande de truands que le royaume ait porté des ballots de denrées illégales. Ensuite, les faux-sauniers se dirigent au triple galop vers Rodez, pour trouver placardées des affiches tenant à peu près ce langage : «Il est interdit sous les peines les plus sévères d'acheter et de consommer des marchandisesde contrebande.» Les bandits s'en soucient comme d'une guigne : ils savent que dès qu'ils auront étalé leurs trésors, le peuple et les bourgeois accourront pour se procurer à moindre coût mille merveilles habituellement inabordables. Dans la foulée, après avoir tenu marché, le «capitaine» et ses hommes iront ouvrir les portes de la prison de Rodez, pour en extraire «les prisonniers du fisc,mais pas les assassins». Voilà ce qui s'appelle une justice sélective.
La renommée de Belle Humeur est parvenue jusqu'au roi, et même son portrait. Les courtisans ne tarissent plus sur cet énergumène aux airs de hobereau qui tient la dragée haute à toutes les polices du pays, qui sévit du Dauphiné au Languedoc, de la Guyenne au Lyonnais, de l'Auvergne à la Bourgogne et la Franche-Comté. Le ministre des Finances ne l'entend pas de cette oreille. On sévira. Le scélérat paiera. L'anarchie ne passera pas. Car c'est bien de la remise en cause radicale du système qu'il est question. «Il serait à souhaiter que l'on fît un exemple de cet homme dont le nom n'est déjà que trop célèbre», écrit le contrôleur général *. Eu égard aux débordements des gapians et à l'enrichissement des Fermiers qui verrouillent le pays, le «capitaine» est de l'airain dont on fait les révolutionnaires. Voltaire voit en lui une sorte de Prométhée. «Du temps de Romulus et Thésée, Mandrin eût été un grand homme. Mais de tels héros sont pendus aujourd'hui», déplore-t-il dans sa correspondance.
Et de fait, Louis Mandrin fut pendu. Enfin, comme nous l'avons vu, le mot est faible. Son arrestation est un roman. Réfugié à Pont-de-Beauvoisin, en Savoie, il se croit intouchable. Mais l'heure des Fermiers a sonné. Ils se sont fait ridiculiser par Belle Humeur ? Ils le feront tourner en bourrique. Ils arment 500 hommes déguisés en paysans et leur font passer la frontière. Le capitaine traqué s'enferme dans son château de Rochefort-en-Novalaise. Mais le plus grand ennemi de la gloire est la trahison : deux des siens le donnent. Le suzerain de Savoie, Charles-Emmanuel III de Sardaigne, apprenant l'incursion française sur ses terres, exige de Louis XV qu'il lui rende le prisonnier. Mais la farce n'a que trop duré et les Fermiers expédient le procès et l'exécution. Et c'est ainsi qu'une légende est née : «Nous étions vingt ou trente brigands dans une bande, Tous habillés de blanc, à la mode des… Vous m'entendez ? Tous habillés de blanc, À la mode des marchands.»
* «Mandrin, bandit des Lumières» de Marie Brantôme, Flammarion.
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