Amisom
AFP/Archives
Selon une source gouvernementale, les insurgés ont tiré dimanche soir plusieurs obus de mortier depuis le nord de la ville vers la présidence somalienne, entraînant une riposte de l'Amisom qui protège le gouvernement somalien, un scénario devenu hebdomadaire à Mogadiscio, et toujours aussi meurtrier.
"Douze civils innocents ont été tués, à notre connaissance, dans ces bombardements. Nous sommes encore sous le choc de ces tirs aveugles", a déclaré lundi à l'AFP un chef coutumier, Mohamed Adan Ilbir.
"Notre équipe a récupéré huit civils tués dans les échanges d'artillerie et 55 autres blessés, dont certains grièvement", a rapporté le chef du service des ambulances de Mogadiscio, Ali Muse, ajoutant que le bilan pourrait s'alourdir.
"Les combats à l'artillerie ont été les pires enregistrés récemment à Huriwa et Yaqshid", deux quartiers du nord de la ville, a ajouté Ali Muse.
Par ailleurs, un témoin a dénombré quatre autres victimes civiles dans le quartier voisin d'Elturaye.
"Quatre personnes ont été tuées à Elturaye, leurs corps étaient déchiquetés par un tir d'artillerie. C'était horrible", a décrit Abdulahi Nure.
"Il y a eu environ 20 obus de mortier qui ont atterri près de Suqaholaha (un quartier voisin), la plupart sur des zones densément peuplées", a-t-il précisé.
Les combats avaient cessé lundi matin.
Les insurgés islamistes des groupes shebab et Hezb al-Islam, qui ont juré la perte du gouvernement de transition, prennent régulièrement pour cible la présidence somalienne, Villa Somalia, ou la base principale de l'Amisom, qui jouxte l'aéroport.
L'Amisom réplique tout aussi régulièrement, et ces échanges de tirs font de nombreuses victimes civiles, même si la force de paix affirme tout faire pour éviter les victimes collatérales.
Vendredi, les insurgés avaient ciblé la Villa Somalia pendant les cérémonies marquant le premier anniversaire de l'élection de Sharif Cheikh Ahmed, soutenu par la communauté internationale.
Partie intégrante du quotidien d'un président assiégé, dont le gouvernement ne contrôle que quelques quartiers de la capitale, les explosions résonnant à l'extérieur de la salle de spectacle l'avaient laissé de marbre.
Les shebab, qui se réclament d'al-Qaïda, comptent dans leurs rangs plusieurs centaines de jihadistes étrangers. Ils considèrent l'Amisom comme une "force d'occupation", contre laquelle ils ont mené plusieurs attentats-suicide sanglants.
Samedi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a réaffirmé à Addis Abeba qu'il n'y aurait pas de déploiement de Casques bleus en Somalie tant que la paix ne serait pas rétablie dans ce pays en guerre civile depuis 1991.
"Pratiquement et de façon réaliste, il n'est pas possible en ce moment de déployer une force de maintien de la paix en Somalie. Nous avons besoin d'avoir une paix à maintenir et pour l'instant il n'y a pas de paix", a-t-il déclaré à l'AFP à la veille de l'ouverture d'un sommet de l'UA.
L'UA a demandé à plusieurs reprises à l'ONU de prendre le relais de l'Amisom, déployée en Somalie depuis mars 2007 et forte de 5.300 soldats burundais et ougandais.
La situation en Somalie doit être discutée lundi par les chefs d'Etat et de gouvernement des 53 pays membres de l'UA, au deuxième jour de leur sommet à Addis Abeba.
AFP
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