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Mohamed Hadfi, 33 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi à vingt ans de prison par la cour d’assises d’appel du Vaucluse pour avoir, le 2 juillet 2003, arraché les yeux de sa femme, qui voulait le quitter.
« Soyez impitoyables ! » avait demandé Yves Micolet, l’avocat général. Quelques instants plus tôt, pour tenter de conserver la peine de trente ans de réclusion criminelle prononcée en première instance par la cour d’assises du Gard à l’encontre de Mohamed Hadfi, jugé pour avoir, le 2 juillet 2003, arraché les yeux de sa femme qui voulait le quitter, le magistrat était même allé jusqu’à faire appel à « la haine » et « la cruauté » des jurés. De son côté, Me Isabelle Mimran, qui défend Samira, l’avait assuré : « Ce qu’a fait Mohamed Hadfi est pire que la mort. » Les jurés ne les ont pas entendus : dans la nuit de mercredi à jeudi, ils ont condamné Hadfi à vingt ans de réclusion criminelle. Dix de moins par rapport à ce qu’avait requis M. Micolet.

D’improbables calculs

Un peu plus tôt, Me Stéphane Simonin, l’un des avocats d’Hadfi, appliqué et méthodique, s’était lancé dans l’arène où il avait ressassé ce qu’il appelle la « litanie des adjectifs ». Des adjectifs qui, « à force d’être répétés à tort et à travers, ont été vidés de leur sens ». Aux jurés, l’avocat avait demandé de ne surtout pas rester englués dans « l’image et la sémantique de cet acte ». Puis il avait évoqué la condamnation récente à vingt-cinq ans de prison infligée à un jeune homme de 21 ans reconnu coupable d’avoir arraché les yeux d’un prêtre avant de le tuer. Dans leurs têtes, les jurés se sont doute mis à faire d’improbables calculs… Me Simonin a très vite enchaîné : oui, cette femme a vécu et vit un enfer. Oui, elle ne verra jamais le visage de son nouveau mari et de leurs deux enfants. Oui, elle ne peut plus travailler. Oui, elle vit des douleurs quotidiennes atroces. « Mais cette peine de trente ans est-elle la bonne ? » Par la suite, il s’appliquera à démonter le dossier – et notamment les premières lignes de l’ordonnance de mise en accusation – arguant que l’affaire a été instruite par des « apprentis ethnologues et sociologues ». « Il ne vous faut pas juger le crime en lui-même, mais l’homme qui l’a commis. »

« Il faut vivre »

Pour la dernière fois, la présidente de la cour, Catherine Gay-Julien, donne la parole à l’accusé. Mohamed Hadfi se hisse à la hauteur du micro, il est épuisé, totalement vidé. « Je demande pardon », répétera-t-il à quatre reprises avant d’exploser en sanglots et de s’effondrer au sol. Après plus de quatre heures de délibéré, Mohamed Hadfi a donc été jugé coupable des faits. A l’extérieur de la salle d’audience, alors qu’une dizaine de policiers avaient été mobilisés en cas de débordements entre les deux familles, tous les protagonistes ont accueilli la sentence dans un calme relatif. Samira, forcément déçue, ne se pourvoira pas en cassation. L’avocat général, en l’embrassant, lui glisse : « Si vous voulez le punir, il faut vivre Samira. »

France Soir
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