OUGLOVKA, Russie - Les services de sécurité intérieure russes ont confirmé samedi que le déraillement, la veille, de l'express Moscou-Saint-Pétersbourg était dû à l'explosion d'une bombe.
Le patron des services de sécurité intérieure russes a confirmé samedi que le déraillement, la veille, de l'express Moscou-Saint-Pétersbourg était dû à l'explosion d'une bombe. Trente-neuf personnes sont mortes et une centaine d'autres ont été blessées. (Reuters/Denis Sinyakov)
Alexandre Bortnikov, patron du FSB, a déclaré au président Dmitri Medvedev qu'il s'agissait d'un engin d'une puissance équivalente à sept kg de TNT.
L'accident, survenu en soirée, a fait des dizaines de morts et une centaine de blessés à bord du "Nevsky Express" qui transportait 682 passagers, avec 29 membres du personnel.
Le ministère des Situations d'urgence a précisé que 26 décès au moins ont été confirmés et que 18 personnes manquaient à l'appel. Auparavant, un responsable des équipes de secours avait évoqué un bilan de 39 morts. Le nombre de blessés s'établit à 96, d'après le ministère.
"Des experts en criminologie affirment que sur la base des premiers éléments de l'enquête, une bombe d'une puissance équivalente à sept kg de TNT a explosé", a déclaré le directeur du FSB lors d'une rencontre avec le chef de l'Etat qui était télévisée.
Des enquêteurs ont découvert des fragments de qu'ils croient être une bombe et une enquête criminelle a été ouverte par le parquet général pour terrorisme.
Pour le moment, personne n'a revendiqué publiquement la responsabilité de cet acte.
Le "Nevski Express" a déraillé à 21h34 locales (18h34 GMT) près du village d'Ouglovka, à 350 km au nord de la capitale. Les chemins de fer ont fait état d'une forte explosion avant le drame.
Un photographe de Reuters a aperçu des militaires emportant avec eux quatre sacs mortuaires alors que les sauveteurs fouillaient dans l'amas de tôles et d'acier tordus à la recherche de rescapés dans deux wagons accidentés.
CRATÈRE D'UN MÈTRE DE PROFONDEUR
En août 2007, sur la même ligne, un train avait déraillé après une explosion sur la voie. Trente personnes avaient été blessées. Le procès de plusieurs suspects dans cette affaire se tient actuellement à Novgorod, dans le nord-ouest de la Russie. La justice les soupçonne de liens avec des rebelles tchétchènes.
"Il y a des éléments objectifs qui laissent à penser qu'un engin explosif est l'une des principales explications" à la catastrophe de vendredi soir, avait auparavant déclaré le président des chemins de fer, Vladimir Iakounine, qui s'est rendu sur place. "Pour le dire clairement, un acte de terrorisme", a-t-il plus tard ajouté sur la chaîne de télévision Vesti-24.
"Dans ce genre d'affaires, la piste tchétchène est habituellement privilégiée", a précisé Alexeï Moukhine, du Centre d'information politique russe.
L'agence de presse Interfax a rapporté qu'un cratère d'un mètre de diamètre avait été découvert au bord de la voie ferrée.
La catastrophe, qui s'est produite sur l'un des axes ferroviaires les plus fréquentés du pays, a contraint à dérouter plusieurs trains sur des voies secondaires et quelque 27.000 passagers ont subi des retards.
Le déraillement du "Nevsky Express" - l'un des accidents ferroviaires les plus graves de ces dernières années en Russie - risque de relancer les craintes de nouvelles attaques des rebelles tchétchènes au coeur de la Fédération.
A Washington, le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, a adressé un message de sympathie à la Russie.
"Nous sommes profondément attristés par le terrible bilan du déraillement ferroviaire (...) entre Moscou et Saint-Pétersbourg", a-t-il dit.
Le président français Nicolas Sarkozy a exprimé "sa profonde tristesse" et a tenu "à assurer les autorités et le peuple russes, face à cette terrible épreuve, de la sympathie et de la solidarité de la France", précise un communiqué de l'Elysée.
Reuters
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