Partager l'article ! La Suisse accusée par ceux qui refuse la démocratie: Photo: AFP/Vyacheslav Oseledko La ministre suisse des Affaires ét ...
Photo: AFP/Vyacheslav Oseledko
La ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey
La votation populaire contre la construction de minarets en Suisse tend à devenir une affaire d'envergure internationale.
Du côté suisse, le gouvernement montre de l'inquiétude et tente de rassurer les pays musulmans et non musulmans.
Devant le Conseil ministériel de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a déclaré être préoccupée par le vote.
Allant plus loin, elle a estimé que ce vote mettait en danger la sécurité du pays.
« Chaque atteinte à la coexistence de différentes cultures et religions met aussi en danger notre sécurité. Car la provocation risque d'appeler d'autres provocations, l'outrage d'attiser l'extrémisme », a commenté Mme Calmy-Rey.
Par ailleurs, la ministre regrette que l'expression publique de la liberté d'exercer la religion musulmane soit restreinte par cette votation.
Mme Calmy-Rey a noté qu'il « appartiendrait à la Cour européenne des droits de l'homme (si elle était saisie) de décider de la compatibilité de la nouvelle norme constitutionnelle suisse avec la Convention européenne des droits de l'homme ».
Cependant, la ministre a précisé que malgré ce vote la Suisse continuera à entretenir « des relations étroites aux plans social, politique et économique avec tous les pays musulmans ». La votation contre les minarets « va au contraire nous motiver à poursuivre davantage à rechercher l'ouverture, et le partenariat entre pays musulmans et non musulmans », a-t-elle assuré.
L'ONU sévère
Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, estime que l'interdiction de la Suisse d'ériger des minarets était discriminatoire et la mettait en infraction avec la loi internationale.
Elle a ainsi condamné ce qu'elle a appelé l'exploitation de la peur de l'étranger qui a porté ce vote.
Le Conseil de l'Europe a critiqué lundi le résultat du vote, estimant qu'il touchait à la liberté d'expression et à la liberté de religion qui sont garanties par la Convention européenne des droits de l'homme.
Par ailleurs, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté la Suisse à réparer cette « erreur », et a mis l'Europe en garde contre une montée du racisme.
Il a aussi souligné que « l'islamophobie est un crime contre l'humanité ».
De son côté, le chef de l'État turc Abdullah Gül a pour sa part parlé de décision « honteuse » pour les Suisses.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères turc souligne que la décision [le vote anti-minarets] a suscité une inquiétude auprès de « plus de 100 000 Turcs » qui vivent en Suisse.
La Suisse compte environ 400 000 musulmans sur une population de 7,5 millions, ce qui fait de l'islam la deuxième religion du pays après le christianisme, selon les statistiques officielles.
Radio-Canada.ca
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