La plupart des grands chantiers ont été arrêtés, notamment la construction de la tour la plus haute du monde (ci-dessous) /AFP
Avec son économie bâtie sur le sable, l'émirat paie les conséquences de la crise et fait plonger les bourses mondiales. Les projets lyonnais pourraient être abandonnés
Seul émirat du Golfe à ne pas receler de pétrole dans son sous-sol, Dubaï paie au prix fort les conséquences de la crise économique et financière. Son modèle économique reposant sur la spéculation immobilière a, en effet, été balayé par la crise de l'automne dernier, entraînant dans sa chute un système bancaire local fortement impliqué dans le secteur de la construction. Enfin, les fonds d'investissement de l'émirat qui regroupaient de nombreux actifs industriels et immobiliers américains ont également subi une importante décote. Résultat : ce micro-état qui se targuait, il y a quelques années encore, d'un taux de croissance à deux chiffres est aujourd'hui au bord de la cessation de paiement, au point d'être maintenu sous respiration artificielle par l'émirat voisin d'Abou Dhabi au mode de vie moins clinquant, aux ambitions moins démesurées, mais disposant de coffres infiniment mieux dotés en pétrodollars.
Ce qui n'a toutefois pas empêché Dubaï d'annoncer mercredi le rééchelonnement de la dette de ses deux plus importants groupes, Dubaï World et Nakheel. Le premier se retrouve, en effet, dans l'impossibilité de faire face à ses échéances, alors que le total de sa dette frise les 59 millions de dollars. Le second, qui s'est bâti une réputation en construisant une île artificielle en forme de palmier, sorte de paradis bling-bling pour millionnaires russes, s'est déclaré lui incapable d'assurer le paiement d'une échéance d'un montant de 3,5 milliards de dollars. Au total, le montant de la dette de l'émirat avoisinerait les 80 millions de dollars. Bref, tout laisse croire à cette heure que ce qui était présenté hier comme un véritable « miracle économique » n'était en fait que construit sur du sable, alors que nombreux sont ceux qui se sont laissés abuser par ce mirage, à l'image du tennisman suisse Rogé Fédérer qui établi à Dubaï ses pénates, comme avant lui Cécilia Attias ex-Sarkozy qui a, depuis, choisi de déménager.
En attendant, l'annonce de cette déconfiture a jeté la confusion dans les esprits des financiers de la planète entière, comme en témoigne le fort mouvement de repli enregistré hier à la bourse de Paris. Mais aussi du côté du Grand Lyon qui, on le sait, était fortement impliqué depuis quelques années dans la construction à Dubaï d'un quartier de ville inspiré du paysage lyonnais et qui espérait implanter là-bas plusieurs fleurons de la région, à commencer par un OL Land, une annexe du Musée des Tissus et de l'Institut Lumière, sans oublier l'Institut Paul Bocuse, notamment. « Nous sommes d'autant plus déçus que notre dossier était en passe d'être accepté » nous confiait hier Jean-Michel Daclin, vice-président du Grand Lyon, avant de nous confirmer qu'aucun engagement financier n'avait encore été pris.
Le Progrès
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