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Cette jeune fille, alors âgée de 19 ans, était promise à de brillantes études d'ingénieur à Saint-Étienne, lorsque tout a basculé le 3 août 2008.

Avec deux amies, elles décident de passer la soirée entre filles et se rendent vers le parc Giron pour boire un verre. Un homme les suit.

Il parle à peine français mais se montre aussitôt particulièrement insistant avec Cathy.

Soudain, il passe la main sous sa jupe, la jette à terre et la dénude. Ses deux amies hurlent et l'une d'entre elles tente de lui asséner des coups de sac pour qu'il lâche Cathy. En vain. Il faudra l'intervention de jeunes automobilistes pour lui éviter le pire. Métin Polat, âgé de 28 ans, est interpellé.

De nationalité turque, l'homme est en séjour irrégulier en France et ne s'exprime que par l'intermédiaire d'un interprète, sans avocat. Pour lui, tout n'est que mensonges. La jeune fille, qu'il ne reconnaît d'ailleurs pas à la barre, hier, au tribunal de Saint-Etienne était parfaitement consentante : « Elle me plaisait bien, c'est vra,i mais c'est elle qui s'est jetée sur moi. Elle me tenait par les cheveux et ses amies tentaient de l'obliger à me lâcher. »

Dans la salle d'audience, Cathy est prostrée. Depuis l'agression dont elle a été victime il y a un an, elle est sous traitement et ne parvient pas à sortir de la dépression.

Tremblante et en larmes, elle s'approche de la barre et parvient à regarder son agresseur : « Je suis peinée que vous ne reconnaissiez pas vos actes alors que vous m'avez tant fait souffrir. » Son avocate, Me Cauet prend la parole : « La vie de cette jeune fille est en chute libre. Elle a dû abandonner ses études. Son traumatisme est sévère.

Quelques jours avant ses 20 ans, elle a essayé de lutter contre la mort et n'a dû son salut qu'au courage de jeunes gens qui passaient par là et se sont arrêtés.

Metin Polat, qui aurait dû comparaître devant la cour d'assises, n'a pas intégré la gravité de ses actes et sa victime n'en a que plus de difficultés à s'en remettre. Aujourd'hui encore, elle se sent coupable d'avoir porté ce jour-là une jupe un peu trop courte. » Cinq ans ferme et une interdiction définitive du territoire français ont été requis par M. Chambre : « L'agression par un prédateur inconnu est plus rare et souvent plus traumatisante pour les victimes.

Ce dossier aurait pu effectivement valoir la cour d'assises à Metin Polat qui encourait une peine de réclusion criminelle. Mais deux journées d'audience sont parfois difficilement supportables pour les victimes. »

Le tribunal, présidé par Mme Agi, est allé dans le sens des réquisitions.

 

Le Progrès

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