Partager l'article ! Chaque nuit, les policiers de la brigade anti-criminalité de St-Etienne cherchent le «flag»: Vendredi, 15 h 50. C'est l'heure de la prise de p ...
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Vendredi, 15 h 50. C'est l'heure de la prise de poste pour Florent, Yohann et Jean-Pierre, l'un des équipages de la BAC de Saint-Etienne qui va patrouiller jusqu'à minuit. Ils prennent les consignes auprès de leur responsable, le lieutenant Forey.
« Ce soir, vous serez dans l'Ondaine : deux individus qui habitent La Ricamarie viennent d'être condamnés à de la prison, ça pourrait chauffer ». Les trois policiers enfilent leur gilet pare-balles. Chacun met un sac avec sa tenue anti-émeutes (casque et protections) dans le coffre de la voiture. Le Flash-Ball est à portée de main.
Direction le centre de La Ricamarie. Quelques jeunes discutent, mais rien de suspect. Ce n'est pas le cas un peu plus tard lorsque, en contrôlant un véhicule mal garé avec quatre jeunes gens à bord dans le quartier du Montcel, le conducteur hausse rapidement le ton. Il n'a pas sa vignette d'assurance et le « A » affiché alors qu'il est jeune conducteur. La situation se tend un peu plus lorsqu'arrive un autre véhicule avec deux autres individus à bord. Jean-Pierre, qui a la radio portative, demande du renfort. Cinq minutes après, la brigade canine arrive. La présence de deux policiers supplémentaires, et surtout du chien, ramène vite le calme. Le conducteur repartira avec deux amendes.
La patrouille se poursuit dans les rues de la ville. Il n'y a pas grand monde dehors, contrairement aux craintes supposées. Mais le véhicule ralentit près de chaque groupe qui traîne dans les rues. C'est ainsi que sont repérés des petits jeunes qui fument un joint. Mais pas de produits stupéfiants sur eux, les identités sont en règle et le ton reste courtois ; les policiers ne donneront pas suite.
En revanche, quelques minutes plus tard, au Chambon-Feugerolles, une Clio passe devant eux un peu trop vite. Elle est rapidement rattrapée mais, là encore, le conducteur s'énerve. « Vous contrôlez toujours les mêmes, y'en a marre ». Les policiers calment le jeu, d'autant qu'il n'a rien à se reprocher. Ensuite, c'est une autre Clio, immatriculée dans les Hauts-de-Seine, qui attire leur attention. Le conducteur avoue qu'il n'a pas encore fait changer la carte grise et les plaques, parce qu'il n'avait pas les moyens. Il s'en tire avec une mise en garde : « Soyez en règle dès lundi. La prochaine fois, on ne vous fera pas de fleur », prévient Florent.
C'est alors que la mission se termine, à Fraisses, que la soirée va s'animer. Ayant vu une Super 5 avec deux hommes et un rottweiller à l'arrière, les policiers
procèdent à un contrôle. Le conducteur n'a pas de papiers sur lui, ni d'autorisation pour le chien. Et alors que Jean-Pierre communique au central son identité, celui-ci s'enfuit en courant. Pas
de chance, Yohann est bon sprinteur. Il fait à peine 200 mètres avant d'être rattrapé et menotté. On comprend mieux son attitude lorsqu'on apprend, par la suite, qu'il a 21 mois de prison à
faire. L'homme est transporté au commissariat de Firminy tandis que son passager, qui est en règle, récupérera le chien. Le temps de taper la procédure et la synthèse de leur soirée, les
policiers feront un peu de rab et finiront vers 2 heures. Pour une soirée finalement « ordinaire ».
Jean-Hugues Allard
La brigade anti-criminalité vient d'être réorganisée à Saint-Etienne, sur le Gier et l'Ondaine. Pour quelle raison ?
Alors que chaque
circonscription avait sa propre BAC, désormais il n'y en a plus qu'une, mais qui intervient sur tout le « district », c'est-à-dire les trois circonscriptions réunies.
C'est une manière de mutualiser les moyens ?
Cela nous permet surtout d'être plus présents sur la voie publique. Auparavant, les équipages étaient limités à leur propre
circonscription. Désormais ils peuvent être engagés ensemble sur un même secteur. Et en cas d'intervention sensible, cela nous permet d'envoyer rapidement du monde sur place.
Quelles sont les missions premières de la BAC ?
La surveillance des biens (véhicules, habitations, locaux d'entreprise) et le contrôle des personnes suspectes. Les policiers de la
Bac font essentiellement du terrain et sont dépourvus des tâches administratives, sauf en cas d'interpellation, bien sûr.
Comment sont répartis les équipages sur le terrain ?
En fonction des informations qui nous sont rapportées par les autres services. Par exemple, si des cambriolages à répétition sont
commis sur telle commune, nous allons renforcer notre présence pour essayer d'interpeller les auteurs. C'est ainsi que dernièrement, sur Saint-Etienne, la surveillance des salons de coiffure
était accrue car plusieurs avaient été cambriolés. Ce qui nous a permis, dimanche dernier, d'interpeller en flagrant délit un individu suspecté de treize faits identiques (1). Bref, nous nous
adaptons en permanence à la délinquance.
Propos recueillis par Jean-Hugues Allard
> (1) Lire nos éditions du 25 février.
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