Ilham Moussaid, candidate du NPA pour les élections régionales en région Paca, lors d'une conférence de presse à Marseille, le 3 février 2010./TSCHAEN/SIPA
POLITIQUE - Les réactions indignées vont de la gauche à la droite, en passant par les associations féministes...
À gauche comme à droite, la décision du NPA de présenter en Paca une candidate voilée est mal perçue.
Martine Aubry, la patronne du PS, a indiqué sur Canal+ qu'elle n'aurait «pas accepté» une femme voilée sur les listes socialistes, parce que
«c'est une annonce d'une religion qui doit rester du domaine privé et qui ne doit pas rentrer dans le champ de la République». Même s'il n'est «pas favorable» à la candidature d'une femme portant
le voile, Benoît Hamon a de son côté jugé qu'«on n'était pas obligé de s'acharner» sur Ilham Moussaïd. Pour le porte-parole du PS, le port du
voile islamique «est une marque de distinction entre les hommes et les femmes, notamment dans l'espace public, qui justifie aujourd'hui qu'au nom de l'égalité homme-femme on y soit opposé».
«Pratique religieuse à des fins électoralistes»
Dans une interview à Marianne2.fr, Jean-Luc Mélenchon, le chef de file du Parti de gauche, critique l'assimilation du politique et du religieux: «Le débat politique ne doit pas aller sur le
terrain religieux. Quelqu’un qui participe à une élection doit représenter tout le monde et pas seulement ceux dont ils partagent les convictions religieuses.» Et de fustiger une «attitude immature
et un peu racoleuse» de la part du NPA, à l’intérieur duquel «il n’est pas sûr que les camarades marxistes révolutionnaires apprécient».
Pour la députée UMP Chantal Brunel, en plein débat sur le voile intégral, «il s'agit d'une provocation et d'une instrumentalisation d'une
pratique religieuse à des fins électoralistes, c'est choquant».
«Indignation»
Interrogée par i-Télé, Marine Le Pen, tête de liste FN dans le Nord-Pas-de-Calais, a estimé que le NPA «essayait d'attirer un nouvel
électorat». Le NPA et le PS «ont perdu la confiance du peuple de gauche et des classes populaires de gauche, ils ont perdu le vote des ouvriers, ils ont perdu le vote des petits employés», a-t-elle
dit, estimant qu' «ils se cherchent un électorat de substitution et pensent qu'en multipliant les propositions communautaristes, ils vont obtenir l'électorat des Français musulmans», a-t-elle
ajouté. Son père, Jean-Marie Le Pen, a qualifié le port du foulard de «fantaisie vestimentaire», jugeant qu'il aurait été plus «révolutionnaire» de la part d'Olivier Besancenot de présenter «une femme en burqa».
«Un climat nauséabond, islamophobe qui devient insupportable»
De son côté, la Ligue du droit international des femmes (LDIF), créée en 1983 par des militantes MLF, a exprimé «son indignation» et dénoncé «le double langage» du NPA qui, d'un côté, «se revendique comme le parti des opprimés mais de
l'autre, adhère à un symbole» qui «signifie ségrégation entre les sexes».
En réaction, Olivier Besancenot a dénoncé sur i-Télé «un climat nauséabond, islamophobe qui devient insupportable» en France. La porte-parole
du NPA a affirmé que la candidature d'Ilham Moussaïd était «assumée par le NPA au niveau national» même si elle «fait débat y compris dans nos propres rangs».
20 Minutes
Commentaires