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Hier après-midi, Azzedinne Soltani, 42 ans, a été mis en examen et écroué pour meurtre. Il est suspecté d'avoir volontairement porté un coup de couteau mortel à son épouse, Naïma, 36 ans, mère de cinq enfants, vendredi après-midi dans l'appartement familial, rue Garibaldi à Saint-Priest.

L'homme nie toute intention volontaire, évoquant une altercation et une chute accidentelle. La crédibilité de sa version sera confrontée aux résultats de l'autopsie de la victime, prévue aujourd'hui. Elle est décédée d'une profonde entaille au flanc, provoquée par la longue lame d'un couteau à pain.

En attendant l'évolution judiciaire du drame, qui fait désormais l'objet d'une instruction, l'entourage de la victime s'interroge sur la protection dont aurait pu bénéficier cette mère de famille.

Elle subissait « un climat de terreur » selon sa cousine, contactée hier par téléphone : « Beaucoup de femmes sont dans cette situation, il faut trouver des solutions. »

Dans la tour du 23 de la rue Garibaldi, personne ne semblait ignorer la pression exercée sur cette femme au foyer, toute entière consacrée à ses enfants.

Nombre de voisins rapportent des incidents, des confidences, des scènes de violence, parfois en présence des enfants, âgés de 18 mois à 11 ans, infligées par un mari sans activité régulière, porté sur la boisson. Certains rapportent des interventions pressantes de la belle famille de Naïma, « pour qu'elle évite de faire des histoires ». « Elle était prisonnière », tempête un voisin. Personne n'a pu enrayer le péril qui couvait.

La justice était pourtant bien intervenue. A la suite d'un coup de cutter porté à sa femme, il y a environ deux mois, Azzedinne Soltani était poursuivi pour violences aggravées, convoqué au tribunal correctionnel, même si Naïma n'avait pas osé déposer plainte. « Hélas, la réponse pénale ne peut pas tout faire », constate un policier. Des services sociaux, l'école, auraient été sensibilisés à sa situation, ainsi qu'un juge aux affaires familiales. Naïma aurait engagé une séparation. Selon ses voisins, le mari devait quitter le domicile dans quelques jours. Le drame renvoie à une profonde question de société. Comment détecter la dangerosité d'une situation, comment agir dans l'intimité familiale pour parvenir à empêcher une irréversible explosion de violence ? « Il était violent chez lui, dehors personne ne pouvait le deviner », dit un voisin.

 

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Le Progrès

 

 

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