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Forêt d'antennes sur la tour Noblemaire. La Ville entend procéder à des mesures contradictoires sur les sept relais d'Ambérieu / Photo DR

Des télés qui s'allument toutes seules, des appareils électriques qui s'affolent, des perturbations physiologiques… Les Ambarrois sont-ils victimes du syndrome du micro-ondes ? La municipalité est à l'écoute

 

Tout le monde hésitait à rallumer son portable vendredi soir, à la sortie de l'Espace 1 500 d'Ambérieu-en-Bugey. La table ronde d'information publique autour des antennes-relais aurait plutôt incité à résilier définitivement la ligne, tant les participants ont tracé un tableau apocalyptique de la situation.

Puissance organisatrice, la Ville par le biais de son groupe de travail « Antenne relais ». « La municipalité l'a mis en place en juin 2009 à la suite de troubles et dysfonctionnements relatés par des riverains depuis 2007 », explique le pilote Bernard Pavier, conseiller municipal et président de l'association Ambérieu pour tous.

Les faits ? Troublants effectivement. « J'ai été sensibilisé par mon épouse qui avait des soucis avec ses appareils d'ophtalmologie », raconte Bernard Pavier. Plusieurs familles évoquent des brouillages télés, quand l'écran ne s'allume pas tout seul ! Des volets roulants qui montent et qui descendent inopinément, des compteurs qui s'affolent, comme si la fée électricité avait soudain pété les plombs. D'autres se plaignent d'interférences dans les pacemakers ou les appareils auditifs, de sifflements et de maux de tête…

La municipalité et Ambérieu pour tous, mais aussi Ambéreu Habitat, prennent des mesures, dans tous les sens du terme. Réalisés fin 2008 sur les antennes de la rue Lemitre, les tests de l'Apave, organisme indépendant proposé par SFR, ne convainquent pas Ambérieu pour tous. L'association saisit les Robin des Toits et adhère au Centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). Qui branche ses appareils rue Lemitre. Résultats ? « Des intensités de 4,3, 4,5 volts/mètre dans certaines chambres », note Bernard Pavier. Très au-delà des 0,6 V/m de sécurité.

En décembre, Ambérieu pour tous a déposé plainte auprès du procureur. La Ville entend procéder à des mesures contradictoires sur les sept sites à antennes. Nouvelle réunion en vue avec les opérateurs pour faire baisser les niveaux d'émission.

La table ronde de vendredi a repris l'histoire par le détail. Elle a surtout instruit à charge le dossier de la téléphonie mobile. Le principe de précaution et le syndrome du micro-ondes, les mesures et leur interprétation, les normes et leur dépassement, les précautions à prendre, les organismes à contacter, les instances à saisir… Les intervenants ont saturé la soixantaine de présents d'informations pratiques, mais angoissantes. Retenue par un meeting à Bourg, la députée européenne Michelle Rivasi, vice-présidente du Criirem, s'est exprimée par vidéo. À la tribune, trois sommités se sont relayées au micro (sans fil) : Pierre Le Ruz, président du Criirem, Marc Cendrier des Robin des Toits, et le professeur Belpomme, cancérologue.

Pour que la table soit vraiment ronde, manquait la présence de l'État. « La préfecture a répondu qu'elle ne voulait pas s'immiscer dans le débat public », regrette Bernard Pavier. Dûment sollicités, les trois opérateurs étaient eux aussi aux abonnés absents . « SFR était « empêché », Bouygues a prétendu que le caractère contradictoire ne serait pas assuré. Orange a hésité mais a décliné l'offre à la dernière minute « compte tenu de la nature des intervenants » et par solidarité avec les autres opérateurs ! »

Nous avons tenté de les joindre hier, vainement. Partie remise. Nous avons laissé des messages…

 

Le Progrès

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