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Assises du Rhône. Les jurés ont pris en compte le contexte particulier de ce drame commis dans le quartier Bel-Air sur fond de trafic de drogue


Même si en matière criminelle aucune affaire ne se ressemble, la peine infligée hier à Elouafi Bouhlal qui avait poignardé de onze coups de couteau une de ses connaissances dans une cave du quartier Bel Air de Villeurbanne est largement en dessous de la moyenne des affaires de sang.

Douze années c'est généralement le « tarif » appliqué à un braquage sans violence extrême. D'ailleurs en réclamant 16 à 18 de réclusion pour ce qu'il a appelé « un meurtre sauvage commis sous l'effet de surprise » l'avocat général Christian Roussel a voulu « dépolluer ce dossier où l'on parle plus de drogue et d'argent que la crudité de l'acte ».

Et pourtant c'est bien de ce contexte dont il a été question au cours de ces deux journées de débats avec l'héroïne en guise de fil rouge. Pour la défense représentée par Mes Del Vecchio et Bruschi, il convenait de « cesser de parler à demi-mot. Pour en arriver là il y a trois éléments déterminants : la drogue, l'argent et la loi du silence ». Bénédicte del Vecchio est allée plus loin dans l'analyse : « ce matin, Bouhlal était possédé par la peur et mu par un instinct de survie ».


Le temps de prendre un croissant


Une thèse venant en contrepoint des plaidoiries très charpentées de Mes Sauvayre et Guyenard. Pour les avocats représentant les 14 parties civiles de la famille de Nouredine Saïd, les accusations de trafic supposé ne reposent que sur les déclarations de l'accusé et ne résultent aucunement de l'enquête de police. Un accusé qui a tout même pris le soin au comble de la fureur de traîner le corps de sa victime sur une bâche en plastique, de cacher son téléphone portable, éloigner sa voiture, se changer et »  de prendre un café et un croissant à la boulangerie du coin ». Yves Sauvayre s'est insurgé contre un procédé qui « oblige la famille Saïd à se justifier et à laver la mémoire de leur fils alors qu'il s'agit d'un acte gratuit ou pour un motif futile ».

Même si personne n'en parle ouvertement, il semble que le quartier n'ait pas oublié Nouredine. Sa grande famille qui reste soudée dans le malheur et le souvenir mais aussi celles du meurtrier et d'un de ses plus proches copains qui ont préféré rapidement déménager.


Le Progrès
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