Une double enquête judiciaire a été ouverte après la mort d’un nourrisson de six mois, à la suite d’une erreur de perfusion à l’hôpital de Bullion
(Yvelines). Afin de faire la lumière sur la mort de leur fils, les parents du petit Louis-Joseph, qui résident dans le Val-de-Marne, ont déposé plainte au commissariat du Kremlin-Bicêtre pour
non-assistance à personne en danger.
Meilleure organisation ?
Ce drame survient après deux autres erreurs médicales récentes qui ont déclenché une polémique sur les moyens et le fonctionnement des hôpitaux en France. Le
24 décembre, Yliès, un petit garçon de trois ans, est mort à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris à la suite de l’administration par erreur de chlorure de magnésium. Quatre jours plus tard, un
patient de 57 ans, victime d’une crise cardiaque, est décédé, faute de n’avoir pu être accueilli rapidement dans un service de réanimation. Face à la polémique, le gouvernement affirme, lui,
garder le cap sur les réformes en cours du système de santé « L ’ hôpital français soigne bien.
Quitte à être impopulaire, je pense que l ’ hôpital a les moyens de fonctionner (...) il a besoin d ’ une meilleure organisation », a jugé , hier sur Europe 1 , le ministre du Budget et de la
Fonction publique , Eric Woerth, qui a exclu toute rallonge face aux dysfonctionnements dénoncés par l ’ opposition et des syndicats. La solution , selon lui, « c ’ est d ’ abord de travailler
mieux, de s ’ organiser » et « c ’ est d ’ ailleurs le but de la loi que présentera Roselyne Bachelot », en début d ’ année.
« On atteint aujourd ’ hui la limite »
Mais ce discours ne convainc pas les syndicats médicaux, notamment, qui continuent de tirer la sonnette d’alarme. « Contrairement à ce que disent actuellement
les politiques, il y a bel et bien un problème de moyens » , affirme ainsi Jean-Louis Chabernaud, président du syndicat national des pédiatres des établissements hospitaliers, dans une interview
au Journal du Dimanche. « On atteint aujourd ’ hui la limite, on touche à la qualité de l ’ accueil et à la sécurité des patients. Nous sommes d ’ autant plus inquiets que la future loi Hôpital,
Patients, Santé, Territoire (...) doit entraîner 20.000 suppressions d ’ emplois supplémentaires » , déplore -t-il. L e Syndicat national des Praticiens Hospitaliers en Anesthésie Réanimation
renchérit et soulign e que « depuis l ’ exigence de rentabilité, temps, sérénité et confiance sont trois valeurs qui ont disparu de notre quotidien. »
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