Les minorités sont encore largement sous-représentées en France et ont bien du mal à occuper des postes clés en politique et au sein des entreprises.
FIERE de ses métissages (sic), la France, pays des Lumières et patrie des droits de l’homme, aura-t-elle un jour son
Barack Obama au sommet du pouvoir ? Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) reçu hier à l’Elysée par le chef de cabinet de Nicolas Sarlozy pour
demander que les élections européennes et régionales en 2009 et 2010 ne soient pas des scrutins « monocolores » , y croit.
Tout comme les cités, les militants antiracistes, certains ministres, députés et sénateurs, des rappeurs black, des footballeurs beurs… Alors, cette révolution est-elle
possible ?
Un manifeste pour l’égalité
Dans les trombinoscopes des grandes entreprises, du Parlement, des grandes villes, des ambassades ou des états-majors des armées, on ne distingue pas, en tout cas, beaucoup de couleurs aux postes
clés. Au gouvernement, il y a bien Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara. Sur le petit écran, Harry Roselmack. Mais ces réussites ultra-remarquées demeurent exceptionnelles. Le sacre d’un métis
propulsé à la Maison-Blanche souligne les retards de notre pays dans la promotion de ses minorités visibles. Que faire pour qu’elles entrent dans la lumière comme elles sont parvenues brillamment
ces dernières années à s’inviter dans les amphis de Sciences-po ? Rendre obligatoire le CV anonyme, instaurer des statistiques ethniques pour pouvoir mieux mesurer les discriminations une idée
défendue par le Cran mais rejetée par les plus hautes autorités judiciaires de la République , inventer une discrimination positive à la française inspirée du modèle américain et qui, un temps,
avait séduit Nicolas Sarkozy quand il n’était pas chef de l’Etat ? Un Manifeste pour l’égalité réelle, initié par Yazid Sabeg, enfant d’immigré devenu industriel, signé par des responsables
politiques de droite comme de gauche et soutenu par Carla Bruni-Sarkozy, propose, depuis ce week-end, de lancer un « Grenelle de la diversité ». Et vite, histoire de surfer sur la victoire d’Obama
qui a suscité de l’espoir auprès de millions de citoyens bien décidés à saisir l’occasion de se montrer enfin.
Le Parisien
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