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"Plus de dix personnes" appartenant à "l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome" ont été interpellées dans le cadre de l'enquête sur les actes de sabotage commis ces derniers jours contre des caténaires de la SNCF, a annoncé mardi 11 novembre le ministère de l'intérieur, qui avait fait état précédemment de 8 arrestations. Les interpellations ont eu lieu à Paris, Rouen, dans la Meuse et à Tarnac en Corrèze dans un groupe "vivant en communauté et bien inséré dans la population locale", a-t-on indiqué. Des perquisitions policières étaient par ailleurs en cours mardi matin.

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) "surveillait cette mouvance depuis plusieurs mois et c'est sur des informations émanant d'elle, que la Sous-direction anti terroriste (SDAT) de la Direction centrale de la police judiciaire a opéré", a indiqué une source proche du dossier. Selon cette source, la SDAT enquêtait sur cette mouvance "anarcho-autonome" depuis avril pour des "dégradations" sans autre précision. La SDAT, toujours selon cette source, s'interroge sur "d'éventuels liens avec l'ultra-gauche allemande qui a déjà revendiqué des actions contre des trains transportant des déchets nucléaires".

Depuis trois jours, d'importants moyens avaient été déployés pour retrouver la trace des auteurs des sabotages qui ont fortement perturbé le trafic de 160 TGV, Thalys et Eurostar, samedi, sur les lignes Nord, Est et Sud-Est de la France. Selon Le Parisien, les technologies les plus pointues ont été utilisées sur les différents sites visés, permettant d'isoler des empreintes et des extraits d'ADN. La section antiterroriste du parquet de Paris avait été saisie de l'enquête lundi.

ENQUÊTE ÉCLAIR

Cinq actes de malveillance sont en cause : à Vigny (Moselle) le 26 octobre, et quatre autres dans l'Oise, la Seine-et-Marne et l'Yonne commis samedi dernier. Des fers à béton, tiges utilisées pour le béton armé, ont été fixés sur des caténaires avec un système de verrouillage, entraînant une coupure de courant et d'importants retards pour plus de 150 TGV sur le réseau Nord, Thalys (Paris-Bruxelles) et Eurostar (Paris-Londres).

Sous réserve que l'enquête et la justice confirment que les arrestations annoncées ont un rapport direct avec les actes de sabotage, elles témoignent de la célérité des moyens d'investigation engagés. Elles semblent également accréditer l'hypothèse d'une action concertée, d'emblée évoquée par la direction de la SNCF, et à caractère politique. Dimanche, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant avait évoqué "une action concertée de sabotage", hypothèse soulevée la veille par le président de la SNCF, Guillaume Pepy . Déjà, fin octobre, le même mode opératoire - une tige de fer à béton fichée dans la caténaire - avait été utilisé pour endommager plus de 200 mètres de caténaires sur la ligne à grande vitesse (LGV) Est près de Baudrecourt (Moselle), selon la SNCF. Depuis deux ans, divers actes de malveillance ont affecté le réseau SNCF, sans que soient révélés les résultats des enquêtes ouvertes.

Le Monde
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