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Samedi 11 octobre 2008

Rien n’y a fait. Pas plus la tentative de Me Jean-François Barre de plaider les coups mortels que celle de sa consœur Claire Spalanzani d’humaniser le portrait du tireur de Mornant.

Les jurés ont choisi la fourchette haute, très haute de l’avocat général Pierre Philippon estimant que cette exécution de sang-froid méritait entre 15 et 17 ans de réclusion criminelle.

« On ne vise pas la fesse gauche avec un fusil à lunette pour loger une balle dans l’omoplate droite », a insisté le parquet général. S’appuyant sur un rapport balistique ne laissant pas place à l’interprétation, Richaud a « fait le choix entre toutes les possibilités de l’arme la plus précise, la plus dangereuse, la plus mortelle ».

Il est resté indigné par la disproportion entre « l’agression du territoire de ce solitaire » et la réponse apportée : « voler mérite la réprobation mais certainement pas la mort ». Pour Me Barre c’est peut-être « le discours sur l’insécurité qui s’est instillé dans l’esprit de ce citoyen qui n’est ni un chasseur ni un sniper ».

Plaidant les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, pour lui le crime est bien là mais « si Richaud a pris le risque de tuer il n’a fait souhaité la mort ». Une certitude partagée par Me Spalanzani choquée « cet acte insensé et dramatique commis par un garçon serviable et poli qui a toujours aimé que les choses soient cadrées ».

Père de substitution au sein du cercle familial où l’on ne roulait pas sur l’or, Yannick était celui sur qui sa belle-sœur pouvait compter pour s’occuper avec amour et passion de ses deux fillettes.

Dans l’esprit de ses juges toutefois le côté sombre de ce personnage solitaire et amoureux des armes décrit la veille par les parties civiles l’a emporté sur la détresse sociale et sans doute sentimentale de ce grand gosse un peu balourd peu enclin à exprimer de sincères regrets.

Sans doute ont-ils conservé en mémoire cette phrase prononcée dans le cabinet du juge d’instruction s’agissant de Oualid : «Il a voulu jouer, il a perdu et je me suis fait prendre ». Aujourd’hui il peut ajouter… et lourdement condamné.

 

Le Progrès
- Publié dans : Droit Penal - Civil - du travail - International - Communauté : Libre parole
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