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Asif Ali Zardari succède à Pervez Musharraf à la tête de l'Etat pakistanais. Veuf de Benazir Bhutto et chef du principal parti politique du pays, il a été élu samedi président du Pakistan à une large majorité des voix des parlementaires.

Selon des résultats partiels communiqués par les autorités, Zardari, qui était le grand favori de ce scrutin indirect, a recueilli une écrasante majorité des voix des quelque 1.100 membres du Parlement fédéral et des assemblées provinciales.

Asif Ali Zardari va donc succéder à Pervez Musharraf, l'ex-homme fort du pays, qui a démissionné en août pour éviter de voir le Congrès lancer un procédure de destitution à son encontre.

A l'annonce des résultats, des députés pro-Zardari, certains en larmes, ont crié "Vive Bhutto!". Les deux filles du couple, dont l'une portait un portrait de sa mère, souriaient et donnaient l'accolade à des amis depuis la galerie du Parlement.

En pleines opérations électorales, une camionnette bourrée de 150 kilos d'explosifs a explosé à un barrage routier près de Peshawar (nord-ouest), faisant au moins 17 morts et plusieurs dizaines de blessés, et provoquant d'importants dégâts dans un marché voisin.

Selon la police, le kamikaze faisait route apparemment pour Peshawar, capitale de la Province de la Frontière Nord-Ouest, et visait peut-être une cible de plus grande valeur aux yeux des terroristes, compte tenu de la quantité inhabituelle d'explosifs présente dans le véhicule piégé.

L'élection présidentielle pakistanaise, qui se tient au suffrage indirect et à bulletins secrets, s'est déroulée dans l'enceinte du Parlement fédéral à Islamabad, la capitale, ainsi que dans les quatre assemblées provinciales.

En tant que chef du Parti du peuple pakistanais (PPP), Asif Ali Zardari pouvait compter sur le soutien de plus de 480 parlementaires fédéraux sur environ 685, dans ce pays musulman de 160 millions d'habitants doté de l'arme nucléaire.

M. Zardari, veuf de l'ancienne dirigeante de l'opposition Benazir Bhutto assassinée en décembre 2007, est considéré comme pro-occidental, mais reste impopulaire dans son pays, où l'on continue de le soupçonner de corruption, lui valant le surnom de "Monsieur 10%".

Dans une brève intervention devant ses partisans samedi soir, il s'est défendu d'être un président de division et s'en est à nouveau pris à son prédécesseur. "A ceux qui disent que le Parti du peuple ou la présidence serait l'objet de controverses sous notre direction, je leur dit d'écouter la démocratie", a-t-il lancé.

En écho à l'un des slogans préférés de feue son épouse, il a ajouté que "la démocratie est la meilleure vengeance" contre l'ancien régime militaire.

Le PPP -ancien parti de Benazir Bhutto- fait partie d'une coalition arrivée au pouvoir en février lors d'élections législatives, en s'appuyant essentiellement sur un programme anti-Musharraf.

Samedi, Asif Ali Zardari était opposé à deux autres candidats qui, comme attendu, ne lui ont pas fait d'ombre: Mushahid Hussain, chef du parti d'opposition qui soutenait l'ex-président Pervez Musharraf, et le juge à la retraite Muhammad Saeed-uz-Zaman Siddi.

Après cette victoire d'Asif Ali Zardari, aucun changement politique majeur n'est attendu au plan de la politique étrangère du pays. Le Pakistan ne devrait notamment pas remettre en cause son engagement à se tenir aux côtés des Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est déclaré "impressionnée" par ce que M. Zardari "a dit sur les défis auquel le Pakistan fait face, sur la place centrale du combat contre le terrorisme (...) et sur l'amitié et l'alliance avec les Etats-Unis".

Moins chaleureuse, la présidence française du Conseil de l'Union européenne a appelé "de ses voeux un apaisement des tensions dans la région" et encouragé "les autorités pakistanaises à apporter une contribution décisive à la stabilisation régionale et au renforcement de la coopération entre le Pakistan et ses voisins".

La Tribune

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