Partager l'article ! Pris dans ses querelles, le PS peine à se faire entendre: Le Parti socialiste dénonce les mauvais résultats économiques du gouvernement. ...
Nicolas Sarkozy a de la chance : alors que la rentrée s'annonce économiquement difficile et socialement tendue avec quelques réformes lourdes, le PS va le laisser tranquille pour trois mois encore. Jusqu'au congrès de Reims, le principal parti d'opposition sera, bon gré mal gré, occupé à résoudre les difficultés internes qui le paralysent.
Le constat est partagé par tous les courants : «La préparation du congrès renforce l'inaudibilité du PS.» Tous les responsables s'en alarment. Mais chacun estime être mieux à même que les autres pour occuper la fonction de premier opposant. D'où l'impression de «cacophonie».
Et pourtant il y en a à dire, soupire-t-on rue de Solferino. Sur la diplomatie «confuse» du gouvernement vis-à-vis du dalaï-lama et de la Chine (lire ci-contre) ou sur la chute de la croissance. Jeudi dans Le Monde, le premier secrétaire, François Hollande, a pointé du doigt la «piètre performance» de la France : recul du PIB, baisse du pouvoir d'achat… Nicolas Sarkozy «s'est trompé par suffisance, en menant des politiques qui ne marchaient pas. Par indifférence, en restant sourd aux indicateurs économiques. Par négligence, en ne prenant pas les actions qu'il aurait fallu engager tout de suite. Résultat : il est dos au mur et les poches vides», accuse-t-il. Mais la voix de François Hollande, en fin de mandat et contesté en interne, n'est plus aussi écoutée par les socialistes.
Ségolène Royal parle plus fort que les autres. L'ex-candidate voudrait fédérer autour d'elle la gauche et les «victimes de la politique de la droite». Mais c'est en dehors des structures du PS qu'elle a prévu d'organiser elle-même, au Zénith de Paris le 27 septembre, un meeting d'opposition. Dans l'entourage de François Hollande, on suggère en conséquence d'organiser un meeting, du PS cette fois, quelques jours auparavant. À côté de cette rivalité, d'autres responsables, comme Manuel Valls, déplorent que la campagne interne pousse à la surenchère verbale.
Bref, la multiplicité des émetteurs brouille le message. Mais ce n'est pas le seul handicap. Le PS «n'apparaît pas comme une relève crédible, il ne semble pas menaçant pour un Nicolas Sarkozy qui, malgré son absence de faveur dans l'opinion, paraît serein. Car, à côté de ses atouts, que de faiblesses ! Faiblesse intellectuelle, d'abord», s'alarme, sur son blog, Pierre Moscovici, lui aussi candidat au poste de premier secrétaire. Pour le député du Doubs, le PS n'a pas su produire «d'idées nouvelles» depuis près de cinq ans.
Si le PS ne parvient plus à construire un corpus idéologique, d'autres structures pourraient être tentées de prendre le relais. Partisan de Dominique Strauss-Kahn, Olivier Ferrand a lancé, au printemps dernier, un think-tank, Terra Nova, avec l'ambition de devenir la boîte à outils intellectuelle de la gauche. Un autre cadre du courant strauss-kahnien, François Kalfon, membre du conseil national, rêve lui aussi de pouvoir rapprocher les centres de réflexion socialistes. Pour lui, si la gauche demeure inaudible, elle devra se faire entendre ailleurs qu'au PS.
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