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Ancien documentariste, le réalisateur britannique Nick Broomfield a construit son film sur un principe d'économie narrative : un récit sobre et enlevé qui échappe, sauf à la toute fin, au didactisme. Ramassé sur une seule journée, il délie un écheveau d'intérêts, de sentiments, de destins individuels qui vont se fracasser les uns contre les autres, sans renoncer à les inscrire dans des chaînes de commandement qui, de part et d'autre, ont attisé les braises du massacre.
Dès les premiers plans, on est plongé au coeur d'un conflit qui a pourri, où des soldats américains meurent dans des attentats et sont conditionnés pour voir dans chaque Irakien, homme, femme et même enfant, un terroriste en puissance - et donc pour les tuer sans sourciller.
On suit une poignée de jeunes marines, plutôt sympathiques, déroutés par cette guerre qui les a d'abord transformés en combattants acharnés, pour les convertir ensuite en soldats de la reconstruction, et puis, face à la violence persistante, les engager dans une autre forme de combat meurtrier, achevant de les convaincre qu'ils ont été sacrifiés sur l'autel d'une realpolitik absurde et spectaculaire. On découvre un couple d'Irakiens qui parvient encore à s'aimer, attend un enfant, projette de fuir l'Irak pour se construire ailleurs une vie meilleure. On rencontre un jeune homme et son oncle, des commerçants engagés dans la résistance à l'occupant américain. On comprend la manière dont, le chaos aidant, leur action, laïque, est récupérée sans effort par une mouvance islamiste qui a tout à gagner de l'intensification de l'horreur.
En quelques scènes prises sur le vif, Broomfield fait ainsi exister un petit archipel de personnages criants de véracité, qui ont tous en partage, quel que soit leur camp, quels que soient leurs actes, un fonds commun d'humanité.
LA FUITE DES COUPABLES
Simple mais exemplaire, une scène montre deux marines qui, au début de la journée, se rendent dans la boutique des résistants, achètent quelques DVD au neveu, échangent quelques blagues avec lui, sans savoir qu'il se prépare à poser une bombe sur leur route. L'attentat va coûter la vie à l'un des leurs, blesser deux autres de leurs camarades, et les catapulter dans une spirale vengeresse aveugle. A l'initiative du caporal Ramirez, et avec l'aval d'une hiérarchie dont le programme se résume à "plus aucun marine ne doit mourir dans ce secteur", le bataillon va d'abord exécuter les passagers d'une voiture qui a eu le tort de se trouver à leur côté au moment de l'explosion, puis décimer un à un les habitants des deux immeubles voisins au prétexte que les poseurs de bombes sont potentiellement parmi eux. Pendant ce temps, les coupables ont pris la fuite, et assistent effarés au désastre qu'ils ont déclenché.
L'auteur n'excuse pas l'acte des soldats, pas plus qu'il ne justifie celui des poseurs de bombes. Il se contente de montrer comment l'anomie conduit à la barbarie, en coupant les êtres de la réalité dans laquelle ils vivent. Battle for Haditha se présente ainsi comme le parfait contrechamp à Dans la vallée d'Elah, de Paul Haggis (2007), qui montrait la manière dont l'expérience irakienne conduisait des vétérans d'Irak, une fois de retour aux Etats-Unis, à commettre des actes inhumains. En jouant sur l'émotion, Broomfield fait ressentir la nature du désastre humain, et moral, engendré par cette guerre, tout en en offrant un tableau documentaire crédible. On regrette toutefois que ce bel acte politique se termine par une charge de pathos inutile.
Les décharges électriques sur le sexe, la serpillière gorgée d'eau plaquée sur le visage jusqu'à l'étouffement : « Sur le moment ça fait mal, mais après, c'est fini » ; « C'est plus intimidant que réel » ; « Ça ne laisse pas de traces. » Paroles de Le Pen ! A l'écran, le président du FN jette ces phrases comme pour rejeter les accusations. Non, il n'a jamais torturé durant ses trois mois d'engagé volontaire pendant la guerre d'Algérie. Il n'y a pas eu de torture en Algérie. Et puis, la gégène [outil permettant de faire circuler le courant électrique dans le corps], ce n'est pas vraiment de la torture. Un moment sidérant, happé par la caméra de José Bourgarel, auteur du documentaire La Question : Le Pen et la torture.
Un sujet à hauts risques juridiques. Non seulement la période de la guerre d'Algérie est couverte par une loi d'amnistie, mais le président du FN attaque avec constance ceux qui abordent la question. Le docu a donc été vérifié par deux pools d'avocats : ceux de France Télévisions, et ceux du producteur, la Compagnie des Phares et Balises. Par peur des fuites, aucun DVD n'a été distribué aux journalistes, seules des projections ont été organisées. Enfin, le travail est d'une honnêteté pointilleuse, d'une précision coupante. Chaque détail avancé par les anciens du FLN, qui affirment pour la première fois face caméra les sévices infligés par « le Député », « le Blond », est suivi de la réaction de Le Pen. « A partir du moment où une personne est accusée de faits graves, on se doit non seulement d'aller recueillir son sentiment, mais de lui donner un vrai temps de parole », souligne Bourgarel, qui a enregistré trois heures d'entretien.
Le film bénéficie d'un revirement de jurisprudence. Alors qu'en 1986, Libération et Le Canard enchaîné sont condamnés pour diffamation, en 1999, un tribunal donne raison à l'historien Pierre Vidal-Naquet qui emploie le terme de « tortionnaire ». Saisie, la Cour de cassation confirme. L'avocat Roland Rappaport résume : « Il aura fallu près de quarante ans, le temps de l'histoire. Le Pen ne peut être jugé pour des actes couverts pas l'amnistie. Mais la justice a déclaré qu'on pouvait cependant le qualifier de tortionnaire. » Une réponse juridique à une sacrée question.
Anne Kerloc'h - ©2007 20 minutes
Paris, fin des années 70. Ancien haut fonctionnaire d’Etat, René Bousquet est à la tête de la banque d’Indochine et de Suez. Ce grand bourgeois vit une existence paisible qui n’est assombrie que par la maladie de sa femme. C’est alors qu’un article publié dans L’Express va bouleverser sa vie et révéler son véritable visage...
Un criminel impuni
Dans son papier, Louis Darquier accuse en effet Bousquet d’être l’organisteur de la rafle du Vel’ d’Hiv’ (les 16 et 17 juillet 1942), la plus grande vague d’arrestation de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle plus de douze mille Juifs (dont quatre
mille enfants) furent arrêtés et envoyés à Auschwitz. Pire encore, en 1949, lors de son procès devant la Haute Cour de justice, René Bousquet sera acquitté...
René Bousquet ou le Grand Arrangement retrace la chute d’un homme longtemps resté impuni mais rattrapé par son passé. Si on peut regretter la froideur de la mise en scène, on saluera le devoir de mémoire et de justice que permet d’effectuer ce
téléfilm.

Janek Skarzynski AFP/Archives ¦ Le père Henryk Jankowski, l'ancien aumônier du syndicat polonais Solidarité à Gdansk, voudrait que le cinéaste Mel Gibson réalise un film biographique sur lui, a-t-il confié dans une interview publiée mardi dans le quotidien Dziennik.
Le père Henryk Jankowski, l'ancien aumônier du syndicat polonais Solidarité à Gdansk, voudrait que le cinéaste Mel Gibson réalise un film biographique sur lui, a-t-il confié dans une interview publiée mardi dans le quotidien Dziennik.
Personnage controversé, le père Jankowski, 71 ans, est connu pour ses opinions violemment anti-communistes et ses allusions antisémites.
Mel Gibson "est un grand homme et un catholique honnête. C'est aussi un artiste éminent. Sa 'Passion' est un vrai chef-d'oeuvre", a déclaré le père Jankowski, en annonçant qu'il allait rencontrer l'acteur et réalisateur américain en septembre.
Gibson, 51 ans, double Oscar en 1996 pour "Braveheart", n'a jamais fait mystère de sa foi catholique intégriste. Il a sorti en 2004 "La Passion du Christ", fondé sur une interprétation littérale de la Bible. L'oeuvre avait fait débat pour certaines références jugées antisémites.
Le père Jankowski, connu aussi pour son goût du luxe, est promoteur en Pologne d'un vin nommé Monsignore, avec la photo du prélat sur l'étiquette.
Un institut Henryk Jankowski, créé et dirigé par ses anciens collaborateurs, affirme collecter d'ores et déjà des fonds pour financer la production du film de Gibson.
L'institut se propose en outre de lancer des produits de beauté de la marque "Henryk Jankowski", des T-shirts, des briquets et autres gadgets à son effigie. Il veut aussi ouvrir en Pologne une chaîne de 16 cafés-bars qui serviraient notamment le vin Monsignore.
Les opinions et le train de vie du père Jankowski lui avaient valu d'être démis de ses fonctions du curé de la paroisse Sainte-Brigitte en 2004, par l'archevêque de Gdansk Tadeusz Goclowski.
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