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Militaire

L'ancien ministre français Jacques Toubon, secrétaire général du "cinquantenaire des indépendances africaines" prévu le 14 juillet 2010 à Paris, a annoncé dimanche à Nouakchott que des contingents des armées de 14 anciennes colonies françaises participeraient aux festivités.

 

Des soldats mauritaniens, en mars 2007 à Nouakchott.

"Le président (Nicolas) Sarkozy souhaite faire un défilé militaire où des unités des armées de chaque pays participeraient", a déclaré à la presse M. Toubon, après avoir été reçu par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

"Nous voulons que le 14 juillet (2010), fête de la France, soit une sorte de grande fête africaine après un demi-siècle d'indépendance", a-t-il ajouté.

Un sommet des chefs d'Etat de 14 pays qui furent des colonies françaises est également programmé à cette occasion, a-t-il annoncé.

"L'importance de cette période a fait penser au président Sarkozy que l'année 2010 est une occasion qui pouvait éclairer, renouveler et refondre la relation entre la France et ces 14 états africains, pour nous tourner vers l'avenir", a-t-il ajouté.

"Cette relation renforcée constituera un instrument pour affronter les défis de l'Afrique et permettra de construire la prospérité de ces pays en partenariat avec la France", a-t-il encore affirmé.

Selon M. Toubon, la Mauritanie (indépendante depuis 1960) a accepté "d'adhérer" à cette cette grande fête. "Ce cinquantenaire pourrait être une bonne occasion de faire connaître l'histoire aux plus jeunes et de s'inscrire dans une perspective de relations entre la Mauritanie et la France tournées vers l'avenir", a conclu l'émissaire français.

 

AFP

Le général Ilker Basbug, général en chef des armées, dans son quartier général, samedi, après sa rencontre avec le premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
Le général Ilker Basbug, général en chef des armées, dans son quartier général, samedi, après sa rencontre avec le premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Crédits photo : AFP

L'équipée nocturne de deux officiers près du domicile du vice-premier ministre attise les tensions au sommet de l'État.

C'est une première dans l'histoire judiciaire de la Turquie : dans la nuit de vendredi à samedi, des policiers ont perquisitionné le QG des forces spéciales de l'armée, un sanctuaire de l'état-major. Cette intervention, diligentée par la justice civile, s'inscrit dans le cadre de l'enquête sur un complot présumé contre le vice-premier ministre et illustre la détérioration des relations entre le gouvernement musulman conservateur et l'armée. Deux des huit officiers également placés en garde à vue lors de la descente organisée ce week-end sont à l'origine du dernier scandale qui secoue la Turquie.

Le 19 décembre, ces deux militaires avaient été une première fois arrêtés alors qu'ils se trouvaient à proximité du domicile du vice-premier ministre, Bülent Arinç. Repérage en vue de planifier un assassinat ? Espionnage ? Guerre entre les services de renseignements ? La finalité de cette opération clandestine et nocturne demeure mystérieuse et les interrogations qu'elle soulève alimentent les rumeurs de tensions croissantes au sommet de l'État. Plusieurs médias ont avancé que les deux gradés étaient liés à un prévenu jugé dans le cadre du procès en cours contre Ergenekon, un réseau ultranationaliste accusé d'avoir planifié des actions violentes afin de déstabiliser le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.

 

Opération «la Cage»

Les explications fournies par l'état-major n'ont pas permis de dissiper les soupçons entourant l'équipée des deux officiers. Après quatre jours de silence, l'armée a publié un communiqué justifiant leur présence près de la maison de Bülent Arinç par une mission visant à démasquer une taupe à l'intérieur de l'institution et qui habite dans le voisinage. «Je veux croire que personne ne commet d'erreur au sein de l'armée, l'institution la plus éminente et disciplinée en Turquie», a commenté Bülent Arinç.

Signe que l'affaire suscite des remous, le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, et le chef des armées, le général ­Basbug, se sont rencontrés à deux reprises pendant plusieurs heures en l'espace de trois jours. Mi-décembre, Ilker Basbug avait mis en garde contre des risques de «conflits entre les institutions de l'État». Sa déclaration comminatoire faisait suite à la convocation de trois commandants à la retraite par les procureurs chargés de l'enquête sur Ergenekon. Deux ans et demi après son lancement, plus de deux cents personnes, dont de nombreux militaires, ont déjà été inculpées.

En novembre, les révélations dans la presse d'une énième conspiration suspectée au sein de l'armée ont de nouveau éclaboussé l'institution militaire, qui a conduit quatre coups d'État depuis 1960. Selon l'accusation, ce plan, baptisé opération «la Cage» et attribué à des officiers des ­forces navales, prévoyait l'assassinat de personnalités non musulmanes dans le but de décrédibiliser le gouvernement. Et le suicide le 20 décembre d'un colonel, le septième officier dont le nom apparaît dans le dossier Ergenekon à avoir mis fin à ses jours ou à avoir trouvé la mort dans des circonstances parfois qualifiées de «douteuses», ajoute à la confusion ­ambiante.

 

Le Figaro

BAE Systems - véhicule BvS10 MkII
© BAE Systems

Thales vaincu par son rival britannique sur son propre terrain.


Après plusieurs années d’attente, l’armée de Terre française va recevoir 53 véhicules à haute mobilité (VHM) fabriqués par le groupe BAE Systems (sa filiale suédoise Hägglunds AB), ses alliés tricolores Panhard et EADS. Elle a donc écarté le Warthog de Thales et Singapore Technologies.

Il s’agit là de la première tranche d’un marché de 129 VHM s’élevant à 220 millions d’euros (maintien en condition opérationnelle compris). Fin 2010, trois engins de présérie seront testés par la Direction générale de l’armement (DGA) et l’armée de Terre. Les livraisons de série s’échelonneront de 2011 à fin 2014 pour constituer à terme un groupement tactique interarmes (GTIA) complet, à dominante « terrain difficile ».

Dans son usine de Marolles-en-Hurepoix (Essonne), Panhard General Defense (400 salariés, 90 M€ de chiffre d’affaires en 2008) adaptera les blindés aux besoins de l’armée française, en intégrant notamment les kits de mission. La filiale du groupe Auverland (depuis 2005) assurera également la coordination des éléments de soutien (pièces de rechange, documentation technique et formation des équipes de maintenanciers).

Baptisé BvS10 MkII, le VHM commandé par la France constituera une version améliorée du véhicule tout terrain et amphibie déjà en service dans les armées néerlandaise et britannique (connu sous le nom de Viking). Long de 7,6 mètres, il est constitué de deux parties articulées entre elles par un système d’assemblage lui permettant de s’affranchir des irrégularités du terrain. Ce véhicule blindé chenillé peut transporter près de 5 tonnes de matériel. Il sera décliné en trois versions : transport de troupes, poste de commandement et logistique. La version « transport de troupes » pourra embarquer jusqu’à 12 combattants, dont 11 fantassins équipés Félin avec leur armement individuel et collectif.

usinenouvelle.com
Des soldats chinois devant un missile nucléaire.
Des soldats chinois devant un missile nucléaire. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Pékin aurait construit depuis 1995 une «grande muraille souterraine» de 5.000 km pour protéger son arsenal.

Les dirigeants de la Chine communiste tiennent enfin leur Grande Muraille, invisible pour les yeux celle-là. La presse officielle chinoise vient en effet de rendre compte d'une incroyable nouvelle, tant par l'ampleur de l'ouvrage que par sa divulgation elle-même.

Selon le Journal de la Défense nationale, l'Armée populaire de libération (APL) aurait terminé le creusement d'un gigantesque tunnel de 5.000 kilomètres de long destiné à abriter ses missiles nucléaires. En Chine, rien n'est jamais petit, mais la longueur d'un tel ouvrage souterrain laisse pantois. D'autant qu'il est précisé que sa profondeur peut atteindre 1.000 mètres. Il se situerait dans les zones montagneuses du nord du pays.

Des dizaines de milliers de soldats auraient été mobilisés pour sa construction depuis 1995. À cette époque, les experts se rappellent qu'un article discret avait évoqué l'affectation de 10.000 soldats chinois à des travaux au profit de la «deuxième artillerie». Le vocable englobe la force nucléaire chinoise, mais aussi des missiles conventionnels. En 2008, un nouveau reportage de la télévision officielle chinoise CCTV avait de nouveau parlé de grands chantiers souterrains destinés à protéger les forces stratégiques chinoises contre une attaque nucléaire.

La presse chinoise estime que ce tunnel de tous les records serait destiné à garder une capacité de seconde frappe si le pays était victime d'une attaque nucléaire. La doctrine nucléaire chinoise a toujours été de «non-emploi en premier» avec un arsenal juste «suffisant» et destiné à l'autodéfense. Pékin s'engage aussi à ne pas l'utiliser ou menacer de l'utiliser contre les pays qui ne détiennent pas d'armes nucléaires.

 

Affirmation de puissance

 

Dans le budget chinois de la Défense à deux chiffres, des moyens financiers importants sont cependant mis à disposition de la «deuxième artillerie». Et la Chine a déjà construit plusieurs sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, même s'ils ne sont pas encore opérationnels, pour mener des patrouilles de dissuasion. Il semble ainsi que la marine ne maîtrise pas encore la difficile technique d'un tir de missile depuis une plate-forme sous-marine.

Un journal de Hongkong suggère que la révélation de cette cache d'armes géante est un signe de plus de la volonté d'affirmation de la puissance chinoise. L'article militaire évoque lui-même le concept osé de «grande muraille souterraine». Il est vrai que, sur le plan de la distance, on n'en est pas très loin, puisque le fameux ouvrage élevé pour protéger l'empire des invasions du Nord est long de 6.700 kilomètres (voire 8 800 selon de récentes découvertes). Le souterrain à missiles n'en fait que 5 000 mais, après tout, l'APL n'a peut-être pas fini de creuser.

 

Le Figaro

Le général Iouri Baluyevski, chef adjoint du conseil de sécurité russe.
Le général Iouri Baluyevski, chef adjoint du conseil de sécurité russe. Crédits photo : AFP

Dix ans après la précédente doctrine, un texte révisant la stratégie militaire russe devrait être adopté avant la fin de l'année.

La Russie, qui s'est souvent perçue comme une forteresse assiégée, a-t-elle encore des ennemis ? Cette interrogation figure au cœur de la nouvelle doctrine militaire aujourd'hui en préparation à Moscou, et censée définir la politique russe de défense dans les dix ans à venir. Au moment où le chef du Kremlin, Dmitri Medvedev, s'apprête à conclure un accord de désarmement nucléaire avec son homologue américain, l'ancienne puissance soviétique en revient au principe de réalité.

Dans un document d'une vingtaine de pages, dont la presse s'est fait l'écho vendredi, ­Moscou reconnaît que, désormais, dans un monde multipolaire débarrassé des stigmates de la guerre froide, «la probabilité de l'irruption d'un grand conflit militaire contre la Fédération de Russie, au moyen d'armes nucléaires ou traditionnelles, se réduit». Ce texte, encore sujet à modifications, devrait être formellement adopté avant la fin de l'année.

Le nucléaire en cas de simple «menace»

Dix ans après la précédente doctrine, adoptée en 2000 par Vladimir Poutine, le document se veut un reflet de «la période » actuelle de «renaissance de la Russie». Mais cette affirmation relève surtout de la rhétorique patriotique, toujours prisée à Moscou. Par ailleurs, et c'est nouveau, le pays se réserve le droit d'appuyer sur le bouton nucléaire, même en cas de simple «menace» d'utilisation, contre elle ou ses alliés, d'armes de destructions massives. Cette option procède d'abord d'une volonté de dissuasion. Le recours à l'arme nucléaire «n'est possible que lorsque l'existence même de l'État est menacé», a précisé Iouri Balouevski, chef adjoint du Conseil de la sécurité.

Selon les experts indépendants, le concept de «menace» formulé par les autorités russes reste très vague. L'arme nucléaire, dont le régime peut se targuer d'avoir la possession, ne serait qu'un cache-sexe, destiné à dissimuler le piteux état de ses forces conventionnelles. En termes budgé­taires, l'effort militaire russe est inférieur à celui consenti par la France. La durée du service obligatoire vient d'être réduite, de deux ans à un an, et la nouvelle doctrine envisage de contractualiser les postes de simple soldat et de sergent. Le déficit technologique en matière militaire est criant, comme le montre le souhait affiché par la ­Russie d'acheter ses porte-hélicop­tères en Europe.

Plus grave, ces lacunes concernent l'arme nucléaire elle-même. La Russie vient de rater à plusieurs reprises ses essais de missile Boulava, ce qui devrait l'amener à geler son programme de construction de sous-marins nuclé­aires de nouvelle génération (Borée), justement censés déployer ce type de missiles. Par ricochet, ces faiblesses technologiques pourraient nuire à l'efficacité même du programme de dissuasion russe, tel qu'il est affiché dans la nouvelle doctrine. La nouvelle ­guerre vue de Moscou paraît bien ­virtuelle.

 

Le Figaro

Un drone américain atterit sur la base militaire de Baqouba, en Irak.
Un drone américain atterit sur la base militaire de Baqouba, en Irak. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Les combattants chiites ont réussi à détourner un logiciel très bon marché pour intercepter les vidéos transmises par ces petits avions sans pilote. De quoi réduire à néant l'utilité de ces appareils coûteux, de plus en plus employés par l'armée.

Environ 18 euros. C'est tout ce que doit débourser un insurgé irakien pour acquérir un logiciel lui permettant de pirater un drone de l'armée américaine. Alors, à ce prix-là, les combattants chiites ne se privent pas : le Wall Street Journal de jeudi révèle que des données transmises par les avions sans pilotes de l'US Air Force ont été interceptées à plusieurs reprises de cette façon.

Citant des responsables de la défense et du renseignement américains, le quotidien affirme que les Irakiens utilisent le logiciel SkyGrabber, conçu à la base pour télécharger par satellite des films et des musiques. Une fois détourné, le petit programme leur permet d'accéder facilement aux vidéos capturées par les drones lors de leurs missions.

Le pot aux roses a été découvert en juillet, lorsque l'armée américaine a trouvé sur l'ordinateur portable d'un insurgé arrêté des fichiers vidéo provenant de Predators, les drones utilisés dans la majorité des opérations extérieures américaines. «Des jours et des jours et des heures et des heures de preuves», affirme au Wall Street Journal une source avertie. «Cela fait désormais partie de leurs outils».

L'armée reconnaît une faille de sécurité dans son système de transmission des données. Les vidéos envoyées par les drones aux bases terrestres ne sont pas cryptées, afin d'accélérer l'acquisition des contenus. Une imprudence commise sciemment : les autorités américaines avouent être au courant depuis les années 1990, mais ne pensaient pas que leurs adversaires pourraient l'exploiter. «C'est un vieux problème qui a été résolu», assure jeudi soir responsable du Pentagone, sans donner plus de précision.

 

Des éléments clés de la stratégie américaine

Il n'existe pour le moment aucune preuve que les insurgés puissent pour autant contrôler les drones ou perturber leur vol. Mais le piratage leur permet de les traquer et d'en suivre la progression. Les combattants irakiens peuvent dès lors localiser les bâtiments, les routes et les infrastructures placées sous la surveillance de l'armée. De quoi réduire à néant une partie de la tactique américaine en Irak.

Utilisés depuis la guerre de Bosnie, en 1995, les drones n'ont cessé d'accroître leur influence dans la stratégie militaire des Etats-Unis. A tel point que 36 % du budget 2010 de l'aviation militaire leur seront exclusivement consacrés. Ces appareils ont l'immense avantage de pouvoir intervenir sur des terrains très sensibles sans mettre en péril la vie d'un pilote.

Si les drones constituent des armes de choix dans la campagne irakienne, ils sont aussi présents en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie. Et tout indique qu'ils pourraient également être victimes de piratage.

Face à cette menace, l'armée américaine a décidé de réagir. Elle assure travailler sur une nouvelle technique d'encryptage des données. Problème : la mise à jour du système de transmission implique non seulement d'ajouter de nouvelles pièces aux appareils déjà en circulation, mais aussi de revoir en profondeur l'ensemble des réseaux utilisés par l'armée en Irak ou en Afghanistan.

La faille n'est donc pas près d'être comblée. D'autant plus que l'armée américaine vient tout juste d'acquérir 375 drones Reaper, qui coûtent chacun entre 10 et 12 millions de dollars. Et bien que ces appareils soient dotés d'une technologie dernier cri, leurs données peuvent être piratées toujours aussi facilement…

 

Le Figaro

Les forces de sécurité ont tué jeudi au Yémen au moins 28 membres d'Al-Qaïda et capturé 17 dans des opérations simultanées qui ont permis de déjouer des attentats suicide contre des intérêts étrangers, selon le ministère de la Défense.

 

Carte du Yémen

L'offensive la plus importante a visé un camp d'entraînement d'Al-Qaïda dans la région d'Abyane (480 au sud-est de Sanaa), et selon des responsables locaux, les bombardements aériens ont atteint "par erreur" un village voisin du camp, faisant un nombre indéterminé de morts parmi la population civile.

Selon un communiqué du ministère de la Défense, "les forces de sécurité, appuyées par l'aviation, ont mené un raid contre un centre d'entraînement d'Al-Qaïda dans la région d'Abyane tuant entre 24 et 30 éléments dont des étrangers qui supervisaient l'entraînement".

Un responsable local contacté par téléphone par l'AFP a affirmé que les bombardements qui visaient le camp d'entraînement avaient débordé "par erreur" sur le village d'Al-Maajala, en faisant état d'une cinquantaine de morts dont un nombre indéterminé de civils. Ce bilan n'a pu être confirmé officiellement.

La région d'Abyane, qui fait partie de l'ancien Yémen du sud, est devenue ces dernières années une zone de regroupement de combattants islamistes, dont des vétérans d'Afghanistan, qui échappe au contrôle des forces de sécurité.

Une autre opération a visé un groupe du réseau extrémiste à Arhab, une zone contrôlée par les tribus à quelque 35 km au nord de Sanaa. Quatre membres d'Al-Qaïda y ont été tués, a ajouté le communiqué. Le groupe "préparait des attentats suicide contre des installations et des intérêts étrangers et yéménites, ainsi que contre des écoles".

Au total dix-sept extrémistes ont été arrêtés lors des raids. Les forces de sécurité "ont mené des perquisitions dans plusieurs repaires d'Al-Qaïda à Sanaa où 13 terroristes ont été arrêtés", alors que quatre extrémistes ont été arrêtés à Arhab, selon le communiqué.

Le ministère de la Défense a affirmé qu'il s'agissait "d'opérations préventives réussies" contre des éléments d'Al-Qaïda "qui planifiaient des attentats". Selon un responsable yéménite qui a requis l'anonymat, les forces de sécurité ont mené ces opérations après des informations sur une "importante opération planifiée par Al-Qaïda à Sanaa".

Le Yémen, pays d'origine d'Oussama ben Laden, le chef d'Al-Qaïda, a été le théâtre ces dernières années d'attentats contre des missions diplomatiques, des installations pétrolières et surtout des touristes étrangers. Certains attentats ont été revendiqués par Al-Qaïda.

Neutralisé en Arabie saoudite, Al-Qaïda semble avoir trouvé un second souffle au Yémen voisin, au point que certains experts avertissent que ce pays pauvre du sud de la péninsule arabique pourrait devenir un nouveau sanctuaire pour le réseau extrémiste.

L'administration du président américain Barack Obama a dit surveiller attentivement le Yémen et la Somalie, craignant qu'Al-Qaïda ne s'y renforce en réaction au tour de vis que les Etats-Unis espèrent imposer à cette organisation en Afghanistan et au Pakistan.

Le 7 décembre, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a évoqué à Washington avec son homologue saoudien Saoud Al-Fayçal, la situation au Yémen où le pouvoir central est en guerre contre la rébellion zaïdite dans le nord du Yémen frontalier de l'Arabie saoudite. Ce conflit a débordé en Arabie saoudite après le meurtre d'un garde-frontière saoudien début novembre. Depuis, l'Arabie saoudite a bombardé des positions des rebelles au Yémen.

 

AFP

A la veille d'un débat parlementaire sur la présence française en Afghanistan, le député PS de l'Essonne estime que «la France doit assumer ses responsabilités».

La France n'a pas exclu pour la première fois l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan à l'issue de la conférence de Londres, fin janvier, en réponse à l'appel pressant de l'administration Obama à ses alliés de partager l'effort de guerre.

 

 

Parachutiste du 3e RPIMA (Regiment parachutiste d'infanterie de Marine) le 15 décembre 2008 en Afghanistan.

Quatrième pourvoyeur de troupes, la France compte quelque 3.750 militaires engagés sur ce théâtre d'opérations. Paris n'avait jamais évoqué jusqu'alors l'idée de dépêcher des troupes supplémentaires depuis que Barack Obama a décidé d'envoyer 30.000 hommes en renfort. Selon des informations non confirmées, Washington a appelé Paris à déployer 1.500 soldats de plus.

La France, a dit devant l'Assemblée nationale le ministre de la Défense Hervé Morin, envisage trois "options", dont l'envoi de "moyens militaires supplémentaires" après la conférence de Londres du 28 janvier. Les deux autres options évquées par M. Morin sont le renforcement de l'aide au développement et une "aide à la formation de la police ou de l'armée" afghanes.

Au cours du même débat, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a mis en avant l'autonomie de la décision française face aux demandes de Washington et dit non à des renforts français actuellement.

"Dans l'état actuel des choses, nous n'avons pas besoin de renforcer le nombre de nos troupes. La priorité, c'est la stratégie: je le dis d'abord pour les Européens, mais cela vaut aussi pour l'ensemble des nations engagées", a-t-il dit à l'adresse de Washington.

Paris a semblé regretter le flou dans la définition de la stratégie américaine, puis les fortes pressions sur les alliés pour qu'ils envoient des troupes.

"Le président Obama nous demande d'envoyer des hommes supplémentaires. Je veux répondre très clairement sur ce point (...): c'est la mission qui détermine le nombre des soldats. Dans les vallées de Kapisa et Surobi (lieux de déploiement des militaires français), nous n'avons pas attendu ces demandes pour ajuster les effectifs aux objectifs", a-t-il répondu.

Paris s'est aussi plaint à plusieurs reprises de la mauvaise symbiose entre l'ONU et l'OTAN, et entre pays européens présents sur le terrain.

M. Kouchner a décrit en trois mots la stratégie que la France veut voir émerger: "régionalisation" (avec les pays frontaliers, dont le Pakistan), "afghanisation" et "réconciliation".

La conférence de Londres devrait permettre, selon lui, de soumettre le président Hamid Karzaï à "une feuille de route". Puis une conférence ministérielle à Kaboul en juin "assurera le suivi des engagements réciproques".

Les deux ministres français font dépendre la réponse de la France de la révision stratégique qui sera effectuée à Londres.

"C'est seulement à l'issue de cet examen que la France et l'Allemagne décideront de leur participation ou non à un renforcement par des moyens que nous déterminerons ensemble", a annoncé M. Morin.

Au ministère des Affaires étrangères, on soulignait mercredi soir que les deux ministres avaient voulu "rappeler que la France prendrait, à l'issue de la conférence, la décision concernant sa contribution à la stratégie internationale, en donnant la priorité à la formation" de l'armée et de la police afghanes.

L'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Hubert Védrine, illustrant l'amertume dans la classe politique française à l'égard de Barack Obama, s'est insurgé mercredi devant des journalistes contre la manière dont "il a consulté partout aux Etats-Unis, défini une stratégie et demandé ensuite de la main-d'oeuvre temporaire aux Européens". "On devrait dire non", a-t-il lancé.

 

AFP

Recevant le prix Nobel de la paix qui lui avait été décerné il y a deux mois, le président américain a notamment affirmé que "les outils de guerre ont un rôle à jouer pour préserver la paix".

Barack Obama recevant le Nobel de la Paix (AFP)

Barack Obama recevant le Nobel de la Paix (AFP)

Barack Obama a reçu formellement, à Oslo, jeudi 10 décembre, le prix Nobel de la paix qui lui avait été décerné le 9 octobre dernier.
Déclarant accepter le Nobel "avec une profonde gratitudehumilité", lors de la cérémonie à l'Hôtel de ville de la capitale norvégienne où il a reçu la récompense des mains du président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland, le président américain a ensuite justifié son statut paradoxal de prix Nobel et président d'un Etat en guerre.

et une grande

Le rôle de la guerre "pour préserver la paix"


Barack Obama a ainsi évoqué l'ironie de recevoir le Nobel, neuf jours seulement après avoir décidé d'envoyer 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan pour "finir le boulot".
"Les outils de guerre ont un rôle à jouer pour préserver la paix", a-t-il dit, dans un Hôtel de ville rempli de personnalités, dont la famille royale norvégienne.
"Et pourtant cette vérité doit coexister avec une autre : aussi justifiée soit-elle, la guerre promet une tragédie humaine", a-t-il ajouté, assurant avoir "un sens profond du coût des conflits armés".
"Dire que la guerre est parfois nécessaire n'est pas un appel au cynisme, c'est la reconnaissance de l'histoire, des imperfections de l'homme et des limites de la raison", a déclaré Barack Obama qui s'est décrit comme "le commandant en chef d'une nation engagée dans deux guerres".
"Comme tout autre chef d'Etat, je me réserve le droit d'agir unilatéralement si c'est nécessaire pour défendre ma nation", a-t-il ajouté.


Un coup de griffe à George W. Bush


Il a aussi affirmé que les Etats-Unis "devaient demeurer un exemple dans la conduite des guerres" et qu'ils ne devaient pas sacrifier leurs idéaux pour combattre leurs ennemis, un coup de griffe implicite à son prédécesseur à la Maison Blanche, George W. Bush.
"Nous perdons notre âme lorsque nous transigeons avec les idéaux pour lesquels nous nous battons. Et nous faisons honneur à ces idéaux en les respectant non seulement lorsque c'est facile, mais également lorsque c'est difficile", a déclaré Barack Obama.

"D'autres candidats plus méritants"


"C'est un prix qui fait appel à nos plus hautes aspirations : malgré la cruauté et la dureté de notre monde, nous ne sommes pas que les prisonniers du destin", a également déclaré le président américain.
"Nos actes font la différence et nous pouvons infléchir le cours de l'histoire vers davantage de justice", a-t-il ajouté.
Le président américain a rappelé que son Nobel avait été critiqué, disant ne pas mériter de côtoyer des personnalités aussi prestigieuses que Martin Luther King et Nelson Mandela dans la galerie des lauréats Nobel. "Je ne doute pas qu'il y a d'autres (candidats) qui étaient peut-être plus méritants", avait-il déjà confié lors du point presse précédant la remise de la récompense.
"Le but, ce n'est pas de gagner un test de popularité ou de remporter un prix, même aussi prestigieux que le prix Nobel de la paix", avait-il dit.
"Si je réussis dans mes missions, j'espère que les critiques diminueront en ampleur (...). Si j'échoue, tous les compliments et les prix du monde ne cacheront pas cet échec", avait-il ajouté.
"Il a osé soulever les questions difficiles en mettant le doigt sur l'équilibre très délicat entre guerre et paix et pourquoi, dans certaines circonstances, on ne peut pas échapper à la guerre", a commenté Geir Lundestad, l'influent secrétaire du comité Nobel.


Scepticisme


En décernant le Nobel de la paix, le 9 octobre, à un président entré en fonction il y a 11 mois, sans succès diplomatique majeur à son actif et ayant hérité de deux guerres en Irak et Afghanistan, le comité Nobel avait stupéfait la planète - et le lauréat lui-même. Ce choix, justifié par "ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples", fait toujours de nombreux sceptiques.
Deux Américains sur trois estiment que Barack Obama ne mérite pas le Nobel de la paix, selon un sondage paru cette semaine. En Norvège, seules 35,9% des personnes jugent qu'il le mérite contre 33,5% d'un avis contraire, selon un autre sondage publié mercredi.

"L'occasion de soutenir les idées d'Obama"


Avant de lui remettre la médaille et le diplôme assortis d'un chèque de 10 millions de couronnes (près d'un million d'euros), le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland, a de nouveau tenté de désamorcer les critiques déplorant un choix prématuré.
"Nombreux sont ceux qui estiment que le prix est arrivé trop tôt", a dit Thorbjoern Jagland.
"Mais l'histoire est remplie d'occasions perdues. C'est maintenant, aujourd'hui, que nous avons l'occasion de soutenir les idées du président Obama", a-t-il dit, précisant que le prix était "un appel à l'action pour nous tous".

 

Oslo sous une surveillance inédite


Plusieurs organisations ont appelé à manifester pour protester notamment contre l'engagement militaire en Afghanistan.
"Nous estimons qu'Obama a reçu le prix de manière prématurée, mais maintenant qu'il l'a, il va falloir qu'il s'en montre digne", a déclaré à l'AFP Benjamin Endré Larsen, leader de l'organisation Fredsinitiativet, à l'origine de l'appel à défiler.
Et près de l'Institut Nobel flottait une banderole "Obama, tu as gagné le prix, maintenant mérite-le".
Pour la venue de Barack Obama, arrivé jeudi matin en compagnie de Michèle, son épouse, dans la capitale norvégienne, Oslo a déployé le plus important dispositif de sécurité de son histoire : les contrôles aux frontières ont été rétablis, des avions de chasse et un avion de surveillance Awacs devaient patrouiller les cieux, et plus de 2.000 policiers ont été mobilisés à terre.
Des batteries de missiles antiaériens ont été déployées autour de la ville, elle-même survolée en permanence par de bruyants hélicoptères de sécurité.
Les Nobel de littérature, de chimie, de physique, de médecine et de sciences économiques devaient aussi être été remis ce jeudi à Stockholm.


(Nouvelobs.com avec AFP)

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