Regiment parachutiste d'infanterie de Marine
AFP/Archives
Quatrième pourvoyeur de troupes, la France compte quelque 3.750 militaires engagés sur ce théâtre d'opérations. Paris n'avait jamais évoqué jusqu'alors l'idée de
dépêcher des troupes supplémentaires depuis que Barack Obama a décidé d'envoyer 30.000 hommes en renfort. Selon des informations non confirmées, Washington a appelé Paris à déployer 1.500
soldats de plus.
La France, a dit devant l'Assemblée nationale le ministre de la Défense Hervé Morin, envisage trois "options", dont l'envoi de "moyens militaires supplémentaires"
après la conférence de Londres du 28 janvier. Les deux autres options évquées par M. Morin sont le renforcement de l'aide au développement et une "aide à la formation de la police ou de
l'armée" afghanes.
Au cours du même débat, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a mis en avant l'autonomie de la décision française face aux demandes de Washington et
dit non à des renforts français actuellement.
"Dans l'état actuel des choses, nous n'avons pas besoin de renforcer le nombre de nos troupes. La priorité, c'est la stratégie: je le dis d'abord pour les
Européens, mais cela vaut aussi pour l'ensemble des nations engagées", a-t-il dit à l'adresse de Washington.
Paris a semblé regretter le flou dans la définition de la stratégie américaine, puis les fortes pressions sur les alliés pour qu'ils envoient des troupes.
"Le président Obama nous demande d'envoyer des hommes supplémentaires. Je veux répondre très clairement sur ce point (...): c'est la mission qui détermine le
nombre des soldats. Dans les vallées de Kapisa et Surobi (lieux de déploiement des militaires français), nous n'avons pas attendu ces demandes pour ajuster les effectifs aux objectifs", a-t-il
répondu.
Paris s'est aussi plaint à plusieurs reprises de la mauvaise symbiose entre l'ONU et l'OTAN, et entre pays européens présents sur le terrain.
M. Kouchner a décrit en trois mots la stratégie que la France veut voir émerger: "régionalisation" (avec les pays frontaliers, dont le Pakistan), "afghanisation"
et "réconciliation".
La conférence de Londres devrait permettre, selon lui, de soumettre le président Hamid Karzaï à "une feuille de route". Puis une conférence ministérielle à Kaboul
en juin "assurera le suivi des engagements réciproques".
Les deux ministres français font dépendre la réponse de la France de la révision stratégique qui sera effectuée à Londres.
"C'est seulement à l'issue de cet examen que la France et l'Allemagne décideront de leur participation ou non à un renforcement par des moyens que nous
déterminerons ensemble", a annoncé M. Morin.
Au ministère des Affaires étrangères, on soulignait mercredi soir que les deux ministres avaient voulu "rappeler que la France prendrait, à l'issue de la
conférence, la décision concernant sa contribution à la stratégie internationale, en donnant la priorité à la formation" de l'armée et de la police afghanes.
L'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Hubert Védrine, illustrant l'amertume dans la classe politique française à l'égard de Barack Obama, s'est
insurgé mercredi devant des journalistes contre la manière dont "il a consulté partout aux Etats-Unis, défini une stratégie et demandé ensuite de la main-d'oeuvre temporaire aux Européens". "On
devrait dire non", a-t-il lancé.
AFP
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