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Education

Le niveau des élèves de CM2 a baissé de manière "significative" entre 1997 et 2007 en lecture, en calcul et en orthographe, selon une enquête réalisée à vingt ans d'intervalle, publiée par le Ministère de l'Education nationale.

"On constate sur vingt ans une baisse significative des performances des élèves dans les trois compétences qui font l'objet de cette enquête" baptisée "Lire, écrire, compter", souligne la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), qui a analysé les résultats des tests réalisés auprès d'un échantillon d'élèves de la fin de CM2. Les épreuves de 1987 ont été reprises à l'identique en 2007, à l'exception de certaines questions de calcul devenues hors programme.

Selon cette enquête, en lecture, alors que les résultats étaient stables de 1987 à 1997, une baisse significative du score moyen a été observée entre 1997 et 2007, plus prononcée pour les élèves les plus faibles. "Deux fois plus d'élèves (21%) se situent en 2007 au niveau de compétence des 10% d'élèves les plus faibles de 1987", constate ainsi la DEPP.

La situation est différente en calcul, où une baisse importante des performances, touchant tous les niveaux de compétences, a été observée de 1987 à 1999; puis de 1999 à 2007, les résultats ont stagné.

Concernant l'orthographe, le nombre d'erreurs constatées a significativement augmenté de 1987 à 2007. "La même dictée a été proposée aux élèves de 1987 et de 2007, à partir d'un texte d'une dizaine de lignes (85 mots et signes de ponctuation)", explique le ministère.

"Le nombre d'erreurs (nombre de mots mal orthographiés ou de ponctuations erronées) a augmenté en moyenne: de 10,7 en 1987 à 14,7 en 2007. Le pourcentage d'élèves qui faisaient plus de quinze erreurs était de 26 % en 1987, il est aujourd'hui de 46 %. Ce sont principalement les erreurs grammaticales qui ont augmenté: de sept en moyenne en 1987 à onze en 2007", souligne la DEPP. AP


- Sur le net: http://www.education.gouv.fr

C'est marrant que les lycéen(ne)s ne se mobilisent jamais pendant leurs vacances... Retournez donc à l'école bande de fainéants !

Rassemblement de lycéens le 16 décembre 2008 devant la Bastille

Les lycéens sont appelés à une journée de mobilisation jeudi, prélude à un mois où syndicats enseignants et organisations lycéennes entendent hausser le ton pour faire reculer Xavier Darcos sur les suppressions de postes, après le report en décembre de la réforme du lycée.

A l'appel de l'UNL et de la Fidl, les deux principales organisations lycéennes, cette journée devrait être marquée par des assemblées générales dans les lycées, des actions d'information et des rassemblements. A Paris, un rassemblement est prévu au métro Sèvres-Babylone (VIIe arrondissement).

Quelle en sera l'ampleur? Difficile de faire un pronostic mais les lycéens assurent qu'ils n'ont pas désarmé depuis le jeudi 18 décembre et que janvier sera "chaud".

L'UNL demande des "garanties" sur la prise en compte de ses revendications dans la future réforme du lycée. Plus largement, UNL et Fidl réclament l'arrêt des suppressions de postes dans l'Education (13.500 en 2009), en faisant un "préalable" à toute discussion sur la réforme.

Grogne croissante dans les lycées, contexte général de la crise, malaise global de la jeunesse en France et révoltes en Grèce: le ministre de l'Education, M. Darcos, avait décidé le 15 décembre en accord avec Nicolas Sarkozy de reporter d'un an la réforme du lycée, dont la mise en place pour la seconde était prévue à la rentrée 2009,

Le ministre, qui veut "repartir de zéro" sur la question, entend mettre en place une "vaste consultation" tant au niveau national que local, incluant également parents d'élèves, associations familiales ou d'élus. Ce mardi, il devait rencontrer Jean-Paul de Gaudemar, le recteur d'Aix-Marseille chargé du dossier. La base de départ demeurera un texte ("points de convergences, d'objectifs et les principes directeurs de la réforme") signé avec les syndicats et les organisations lycéennes en juin et juillet.

Sur les suppressions de postes, le ministre martèle qu'il ne peut revenir sur un texte (le budget 2009) voté par le Parlement en décembre. Ce dernier sujet, pourtant, "devrait renforcer la mobilisation", y compris chez les enseignants, "car dans les deux mois qui viennent, chaque établissement va prendre connaissance des suppressions de postes qui le concernent", a affirmé à l'AFP Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première fédération de l'Education.

L'opposition aux suppressions de postes et aux mesures éducatives du gouvernement sont les thèmes mobilisateurs des manifestations prévues partout en France le samedi 17 janvier et de la grève du 29 janvier, dans le cadre d'une journée interprofessionnelle d'action.

L'annonce du report de la réforme du lycée a d'autre part "été ressentie comme un appel à renforcer les actions" ailleurs, notamment dans le primaire, où "on est dans un état de crise", explique Luc Bérille, secrétaire général du SE-Unsa.

Autre sujet de crispation important chez les professeurs des écoles: la suppression de 3.000 postes de "Rased" (spécialistes de la grande difficulté scolaire) en 2009. "La capacité de mobilisation y est intacte", estime le Sgen-CFDT, alors que pour le SE-Unsa, "tous les ingrédients sont réunis pour une mobilisation extrêmement forte".

Sont attendus dans ce contexte les "voeux" du chef de l'Etat au corps enseignant, lundi, à Saint-Lô (Manche) et l'attitude à venir du ministre. Selon les syndicats, il ne serait pas impossible que ce dernier ait reçu consigne de jouer la prudence et de ne pas ouvrir de dossiers conflictuels.

 

AFP

Des manifestations lycéennes dispersées en province mais nombreuses, répétées et insistantes, souvent nerveuses et ponctuées de scènes de violence ; des mots d'ordre diffus : contre les suppressions de postes, contre la réforme du lycée, contre le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos. Ce début de mouvement qui paraît peu contrôlé par les organisations officielles - Union nationale lycéenne (UNL) et Fédération indépendante démocratique et lycéenne (FIDL) - ne présage rien de bon aux yeux du pouvoir.

Un oeil sur les émeutes en Grèce, l'autre sur les débordements qui ont encore envenimé la situation en France dans plusieurs villes de province, mercredi 10 décembre, le chef de l'Etat et le gouvernement redoutent - sans le dire ouvertement - un effet de mimétisme. Selon un élu présent au déjeuner des députés UMP organisé à l'Elysée, mercredi, Nicolas Sarkozy aurait exprimé à propos de la Grèce "un souci de prévenir ce genre de situation dans notre pays". L'organisation étudiante UNEF a appelé, mercredi, à la "solidarité" avec la jeunesse de Grèce "contre la répression policière". "Après la "génération CPE" en France, c'est la "génération 600 euros" en Grèce qui manifeste un même refus de la précarité et le sentiment que son horizon est bouché", estime l'organisation. Interpellant M. Darcos au micro de RMC, mercredi matin, l'ancien ministre socialiste Jack Lang a choisi une autre comparaison : "Si vous continuez comme ça, l'éducation nationale, ce sera votre Vietnam à vous". Au même moment sur Europe 1, M. Darcos excluait tout recul : "Je ne suis pas ministre de l'hésitation nationale, j'ai un devoir pour les générations futures. Il s'agit de réformer dans un pays qui en a besoin."

Les mouvements lycéens actuels sont "durs" et "très violents", estime le secrétaire général du principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN), Philippe Guittet, qui fait part de ses "craintes" pour le mois de janvier. Selon lui, en plus des organisations lycéennes UNL et FIDL, "il y a sûrement des forces militantes mobilisées derrière".

M. Guittet précise que son organisation n'a pas donné de consigne nationale consistant à faire appel aux forces de l'ordre en cas de tentative de blocage, mais qu'une décision en ce sens a été prise dans l'académie d'Aix-Marseille, à la suite de "mouvements très violents".

Les représentants des syndicats de chefs d'établissements des Bouches-du-Rhône, reçus le 5 décembre par le recteur d'Aix-Marseille ont fait part de "l'inquiétude et de l'exaspération des personnels de direction" face à des mouvements caractérisés selon eux "par une agressivité inconnue à ce jour et une quasi-impossibilité de dialogue avec les lycéens".

"Ce sont des mouvements qui semblent souvent spontanés et inorganisés, et parfois il n'y a même pas de slogans", relève-t-on au rectorat de Rennes. "Il y a manifestement une inquiétude de certains jeunes face aux réformes, mais elle semble cristalliser des mécontentements plus généraux" poursuit-on. Paul Merdy, le directeur du lycée Anne-Marie Javouhey est perplexe : "On ignore pourquoi ils manifestent". Et d'ajouter : "Il y a dans ce groupe des lycéens, mais aussi des jeunes plus âgés, très déterminés, des professionnels de la manifestation".

A Brest, six cents lycéens ont manifesté mercredi matin en trois lieux différents. Des jeunes ont encore affronté les gendarmes mobiles - jets de pierre contre gaz lacrymogènes -, après des incidents les deux jours précédents. Deux élèves de quinze et seize ans ont été interpellés et doivent être présentés jeudi au parquet.

A Bordeaux, entre deux à trois mille personnes - pour l'essentiel des lycéens - ont défilé mercredi en présence d'un gros dispositif policier. Sept bus de CRS et de gardes mobiles avec le masque à gaz en bandoulière et des grilles antiémeute interdisaient l'accès des moins de 18 ans au centre ville par le pont de Pierre. Deux lycéens ont été présentés à un juge pour enfants pour des dégradations commises la veille en marge des manifestations. Un troisième, âgé de dix-huit ans, a été condamné mercredi en comparution immédiate à trois mois de prison ferme pour "violence aggravée sur un policier".

A Paris, à l'occasion d'un rassemblement mercredi soir, devant la gare Saint-Lazare, quelques dizaines de lycéens ont bloqué la circulation en scandant : "Travailleurs, étudiants, sans papiers, c'est tous ensemble qu'il faut lutter"."On ne sait pas pourquoi", dit-on dans les rectorats. "Ils visent un grand mouvement en janvier" croit savoir M. Guittet. Reste toutefois que la région parisienne est beaucoup moins touchée par l'agitation lycéenne.

Mercredi soir, un petit groupe d'une dizaine de jeunes, filles et garçons ont été interceptés par la police aux abords de l'ambassade de Grèce, alors qu'ils quittaient les lieux, foulards ou cagoules baissées. La vérification d'identité a conforté certaines craintes policières quant aux risques d'effet de mimétisme sur fond de mouvement lycéen et d'affaire des anti-TGV de Tarnac. Le plus âgé a 19 ans, les autres 15 et 16 ans.

Service France avec le Monde


Un site Internet, un livret pédagogique et une base documentaire sur les 11 400 enfants juifs déportés de France : le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, a présenté, vendredi 5 décembre, lors d'une visite au Mémorial de la Shoah, à Paris, les outils sur lesquels les professeurs des écoles pourront s'appuyer pour enseigner la Shoah.

Le ministère a conçu pour les enseignants un portail Internet (www.shoah.education.fr) et un livret pédagogique, Mémoire et histoire de la Shoah à l'école, qui sera diffusé dans les écoles. Une base documentaire sur les 11 400 enfants juifs déportés de France sera, elle, accessible aux enseignants, "sur identification" et "à des fins exclusivement pédagogiques". Elle comprend informations, documents d'archives et photographies sur l'histoire de ces enfants, développée par le Mémorial à partir des archives de Serge Klarsfeld.


Ces outils doivent permettre aux enseignants du primaire de mettre en application les recommandations d'Hélène Waysbord-Loing dans son rapport sur l'enseignement de la Shoah à l'école primaire, dont la commande avait été annoncée par Nicolas Sarkozy lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, le 13 février 2008. "L'étude d'un nom, d'un visage ou d'un parcours permettra d'introduire le sujet de l'extermination des juifs durant la seconde guerre mondiale", écrivait l'inspectrice générale honoraire de l'éducation nationale.

Le rapport Waysbord-Loing n'avait cependant pas retenu l'idée de M. Sarkozy de "confier la mémoire" de l'un des enfants juifs de France déportés à "tous les enfants de CM2", idée qui avait rencontré de nombreuses critiques. Des psychologues, enseignants, parents d'élèves et Simone Veil avaient mis en garde contre les "risques psychologiques" qui pourraient résulter d'une telle démarche pour un enfant de 10 ans.

Le Monde


Le principal syndicat d'enseignants se dit "indigné" après le contrôle mené par la gendarmerie dans un collège à Marciac.

(c) Reuters

Le contrôle anti-drogue conduit par des gendarmes avec des chiens dans un collège de Marciac (Gers) continue à faire des remous. La Fédération syndicale unitaure se dit "indignée". Dans un communiqué rendu public mercredi 3 décembre, le premier syndicat de la fonction publique d'Etat fustige "la confusion entre prévention et répression".
"Depuis le début de cette lamentable affaire, la FSU du Gers demande que cesse rapidement la confusion entre prévention et répression", écrit l'organisation syndicale.

Contre-productif


"Elle a dénoncé les a priori sur la jeunesse, la violence de l'opération, notamment envers les jeunes élèves, le mépris à l'encontre des élèves et des personnels des établissements scolaires et l'aspect contre-productif de telles méthodes qui finalement entraînent méfiance ou ressentiment à l'égard de la gendarmerie ou la police", a-t-elle poursuivi.
Un rassemblement contre la "terrorisation" des élèves est prévu vendredi devant le collège de Marciac (Gers) à la suite de ce contrôle, a-t-on appris mardi auprès d'un parent d'élève à l'origine du mouvement.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a demandé une "enquête interne" pour déterminer les conditions dans lesquelles" a eu lieu l'opération du 19 novembre, après qu'une élève de 14 ans eut affirmé avoir subi des palpations de la part d'un gendarme.

"Pas vraiment une bonne méthode"

Par ailleurs, Luc Chatel a déclaré :"On a le sentiment que ce n'est pas vraiment une bonne méthode qui a été utilisée en la matière". Il a souhaité rappelé que la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait adressé, à la suite de cette opération, une circulaire aux préfets afin qu'ils veillent à éviter toute confusion entre "prévention et contrôle" lors des opérations de police et de gendarmerie dans les établissements scolaires.
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a lui indiqué au Sénat qu'il recevrait l'inspecteur d'académie du Gers mercredi après-midi à propos de cette affaire.

Nouvel Obs

Des élèves de l'école primaire Henri Brunet à Caen écoutent leur enseignante, le 2 septembre 2008

Près de sept enseignants sur dix (69%) devraient être en grève jeudi, selon un recensement établi mardi à 12H00 par le Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, à partir des remontées de 69 départements, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Deux jours avant la dernière journée de grève unitaire, le 15 mai, le SNUipp avait annoncé 63% de grévistes à partir des déclarations de 61 départements.

"C'est très important, il faut remonter à mai 2003 et les actions contre les retraites pour atteindre ce taux", a affirmé à l'AFP Gille Moindrot, secrétaire général du syndicat.

Jeudi, le mouvement de grève sera particulièrement suivi dans les écoles maternelles et élémentaires du Tarn-et-Garonne (taux de grévistes à 82%), mais aussi dans l'Ain, le Cher, le Doubs, la Haute-Garonne, la Gironde, l'Hérault, l'Indre-et-Loire, la Loire, le Loiret, le Maine-et-Loire, la Mayenne, l'Essonne, ou encore la Guyane, où le taux de grévistes attendu est de 80%.

Les départements où ce taux sera moins élevé sont le Haut-Rhin (40%), la Charente, la Lozère et le Bas-Rhin (50%), ou encore la Somme (55%).

A Paris, le taux de grévistes estimé par le syndicat est de 70%, avec 208 écoles où tous les enseignants seront en grève et 554 écoles où le taux de grévistes sera supérieur à 25% (soit, selon la loi, le seuil requis pour déclencher le droit d'accueil) sur 660 écoles parisienne au total.

Dans l'Ain, dans 250 écoles sur 495, tous les enseignants seront en grève. En Meurthe-et-Moselle ce sera le cas dans 390 écoles sur 780. En Seine-Saint-Denis, ce sera le cas dans 300 écoles sur 788.

Jeudi, la quasi-totalité des syndicats enseignants du primaire (public et privé) et du secondaire, ainsi que le Snesup (premier syndicat de l'enseignement supérieur), appellent à faire grève et à manifester.

Ils entendent protester, entre autres, contre la "dégradation de leurs conditions de travail" et contre les 13.500 suppressions de postes inscrites au budget 2009.

Le 15 mai, entre 46% des professeurs des écoles (ministère de l'Education) et 63% (SNUipp-FSU) avaient fait grève pour protester contre les suppressions de postes inscrites en 2008.


Une professeur de collège d'une quarantaine d'années a été frappée à coups de pied lundi par un garçon de 11 ans à Ganges (Hérault), trois semaines après l'agression d'une institutrice dans le département, a-t-on appris de sources concordantes.
 
L'enseignante se trouvait sur le parking de l'établissement lorsqu'elle a été insultée par le garçon qui connaissait son nom. Elle lui a demandé de se calmer avant qu'il ne lui donne des coups de pied dans les jambes. Réfugiée dans le bâtiment, elle a dû être transportée dans une clinique. Les gendarmes ont identifié l'agresseur mais ne l'avaient pas encore interpellé en fin de journée.

Selon le principal, il est extérieur à l'établissement et ne possède ni frère ni soeur scolarisé dans le collège. Le rectorat a déposé plainte comme après l'agression d'une institutrice, le 23 octobre à Pézenas, par la mère d'une élève de 10 ans. La professeur, qui se trouvait toujours à la clinique en fin de journée, devrait en faire autant.

(D'après agence)


Il a lancé un appel d'offres pour épier l'opinion et repérer les « risques de contagion » sur les sites, blogs et forums. Coût: 220 000 €.

L'appel d'offres a été publié au Journal officiel, le 4 novembre. Il comporte deux lots: n°1, «Veille de l'opinion pour le compte du ministère de l'Éducation nationale, 100 000 € H.T. »; n°2, veille pour l'Enseignement supérieur, 120 000 € H.T.

La société qui emportera le marché devra surveiller, durant l'année 2009, toutes les publications, mais plus particulièrement les sites Internet, les blogs, les forums. Selon le cahier des charges, il s'agit notamment de « repérer les lanceurs d'alerte », de « décrypter les sources de débat et leurs modes de propagation » ou « d'anticiper les risques de contagion et de crises ».

Il y a du boulot, tant le monde enseignant est réactif sur la Toile! La preuve, le présent appel d'offres fait déjà le tour des blogs, suscitant moqueries ou indignations. Les blogueurs les plus virulents ¯ très nombreux en cette période de suppressions de postes ¯ seront-ils « fichés »? « Hors de question, répond un porte-parole de la rue de Grenelle. Aucun nom ne remonte, évidemment. Il s'agit juste de connaître les grandes lignes de l'opinion... »

Le ministère précise que cette veille existe depuis 2006. Pour 2008, c'est la société de stratégie d'opinion « I et E » qui détient le marché. Elle travaille aussi pour les ministères de la Justice, de la Santé ou de l'Intérieur. Autre question: en période de vaches maigres, il n'y a personne au ministère pour veiller (gratuitement) sur le Net? «C'est compliqué. Les prestataires privés ont des systèmes informatiques prévus pour ça. »

Ouest France

Une femme voilée pour illustrer la Turquie, une main rachitique pour symboliser l'Afrique… Sans attendre que Barack Obama fasse son entrée dans les livres d'histoire des écoliers français, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) publie, jeudi 6 novembre, une grande enquête sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires.

Pas moins de 29 ouvrages et 3 097 illustrations ont été passés au crible par une équipe de chercheurs de l'université Paul-Verlaine de Metz. Le constat n'est pas accablant. Premier relatif satisfecit : les minorités visibles… sont visibles. 10% des illustrations représentent "un personnage principal de couleur", dont un peu plus de la moitié un personnage "pouvant être perçu comme étant originaire d'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient". Ensuite, parce que les clichés racistes hérités de la période coloniale ont disparu. Le discours antiraciste y est présent. Les discriminations à l'égard des minorités visibles sont davantage dénoncées que celles à l'encontre d'autres groupes tels que les femmes, les handicapés, les seniors ou les homosexuels, également étudiés par l'enquête.

Toutefois, certains stéréotypes ont encore la vie dure. D'abord, note la Halde, certaines minorités sont manifestement plus mises en valeur que d'autres. Ensuite, les manuels de géographie en particulier, dans les chapitres sur l'Afrique et le Maghreb, mettent l'accent sur la pauvreté sans que soient par ailleurs représentées des situations positives de modernité pourtant présentes dans les pays étudiés.

Les personnes noires sont particulièrement stigmatisées. Les illustrations où elles apparaissent, tant en géographie, en sciences de la vie et de la terre qu'en éducation civique, renforcent encore souvent le stéréotype de l'Africain non seulement pauvre, mais aussi malade. Dans les manuels d'histoire, la présence des personnes noires, fortement liée à la question de l'esclavage et à celle de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, amène certains élèves à considérer que "pour les Français, Noir égale esclave". Autant de représentations qui, selon les auteurs, contribuent à entretenir "une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile". Bref, le "sanglot de l'homme blanc" n'est jamais bien loin.

Les auteurs ne préconisent évidemment pas de taire la vérité sur les faits, comme l'esclavage ou la famine. "Cependant, insistent-ils, les contenus susceptibles de produire des identifications négatives doivent être absolument relativisés." A quand la photo d'un cybercafé en plein milieu d'un quartier populaire à Tunis ou à Bamako ou d'un agriculteur africain consultant les cours des matières premières sur son ordinateur? "Les minorités visibles apparaissent davantage comme des personnages de débats portés par les manuels que des personnages de manuels au même titre que les autres", résume un enseignant d'anglais.

Au-delà des illustrations, le choix des exemples, ou des prénoms dans les exercices, y compris de mathématiques, n'est pas anodin. Chez Hatier (manuel de 5e), une petite fille réussit-elle son exercice de géométrie? Normal, elle porte un prénom "bien français". Sa camarade de classe se trompe? Pas de chance, elle s'appelle Samira. "Ce type d'exercice peut renforcer le stéréotype de l'élève maghrébin ou noir en situation d'échec scolaire ou éveiller un sentiment de discrimination", notent les auteurs de l'étude, alertés eux-mêmes par des élèves de 5e.

Le lien qui est fait avec les appartenances religieuses, et en particulier l'islam, tend aussi à entretenir une discrimination. Pourquoi Nathan (manuel d'histoire-géographie de terminale) illustre-t-il l'islam avec une mosquée située hors du territoire national, et le catholicisme avec la cathédrale de Chartres? Forcément, un tel choix ne peut que renforcer l'idée que l'islam est une religion étrangère à la France. Surtout que le texte évoque "la crise des vocations" mais jamais "l'évolution de la pratique religieuse".

De même, recourir à la symbolique du voile, notamment du niqab, dans une illustration évoquant le refus de l'Union européenne d'intégrer la Turquie est pour le moins périlleux. Certes, ce choix peut avoir pour but de faire réagir les élèves et d'être discuté en classe mais, relèvent les auteurs de l'étude, "il risque surtout de renforcer le stéréotype selon lequel le port du voile justifie toutes les formes de rejet et d'exclusion".

Il y a une autre façon d'exclure. Ne pas montrer. En sciences de la vie et de la terre, les corps noirs sont particulièrement peu représentés. Dans un autre registre, l'origine étrangère d'une célébrité, comme Picasso, n'est pas systématiquement évoquée.

Dans ses recommandations, la Halde reconnaît que "les stéréotypes sont peu fréquents mais ils existent, d'autant plus que la fréquence n'enlève rien à l'effet qu'ils peuvent produire chez celui ou celle qui en est victime". Jugeant le bilan "mitigé", elle recommande surtout aux éditeurs de ne pas se contenter de "représenter correctement deux ou trois minorités visibles, en ignorant les autres".

Ce premier principe établi, la Halde recommande d'éviter les stéréotypes véhiculés par des représentations exagérément choquantes, "sans pour autant dissimuler le rapport à la vérité des faits". Comment? En procédant par contraste ou contre-stéréotype. Les auteurs délivrent un satisfecit à Magnard pour avoir illustré un de ses ouvrages d'histoire-géographie avec "un berger massaï au milieu de son troupeau, souriant et plutôt bien portant, téléphone portable à la main". En revanche, c'est le même éditeur qui publie (dans un autre ouvrage) la main famélique. "Un même manuel peut contenir des contre-stéréotypes pertinents, mais également des stéréotypes que nous condamnons", déplorent les chercheurs.

Les manuels de français doivent aussi s'ouvrir davantage à la diversité culturelle. "L'identité française qu'ils véhiculent au travers de la littérature, et de l'intitulé de leur discipline, ne doit pas laisser de côté les minorités visibles qui constituent la société civile", relève la Halde.

Parallèlement à cette réflexion, la Halde estime qu'un débat et des recherches mériteraient d'être engagés sur l'enseignement de la religion en France, notamment sur la représentation de l'islam et des musulmans dans les manuels scolaires. Mais la Halde ne se fait guère d'illusions. "La meilleure volonté des éditeurs ne suffira pas à faire réellement évoluer certains manuels, si les programmes ne les aident pas à introduire davantage les minorités visibles dans le respect de l'évitement des stéréotypes."

Coutumier des effets d'annonce, Xavier Darcos a temporisé ses propos concernant les programmes d'Histoire mardi à l'Assemblée. Le ministre de l'Education nationale s'était demandé devant la mission d'information sur les questions mémorielles
si le Parlement ne pourrait pas prescrire «ce qui doit être enseigné» aux élèves dans des matières sensibles comme l'Histoire.

Il a rectifié ce mercredi, assurant qu'il serait «très vigilant» à ce qu'il n'y ait pas d'«ingérence» du politique dans l'enseignement de l'Histoire. «Xavier Darcos considère que c'est aux historiens et eux seuls d'écrire l'Histoire qui est ensuite déclinée, traduite, dans les programmes», souligne un de ses conseillers, joint par téléphone par 20minutes.fr.

«Nonobstant, Xavier Darcos, considère que le Parlement peut être consulté sur les programmes, comme ce fut le cas pour les programmes du primaire», ajoute-t-il.

Un projet vraiment réfléchi?

«Il s'agit, comme nous l'avons fait pour l'enseignement primaire, de recueillir l'avis de la représentation nationale sur la manière dont les programmes sont orientés mais surtout pas évidemment sur les contenus historiques et sur la manière d'enseigner l'histoire», a précisé Xavier Darcos.

Déjà l'an dernier, les syndicats enseignants et les historiens avaient vivement réagi à l'annonce de la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les écoles et au parrainage d'un enfant juif mort pendant la Shoah par un écolier. Pour Alice Cardoso, co-responsable du secteur «contenus» et responsable du groupe histoire-géographie au Syndicat national des enseignants du secondaire (Snes), «les questions mémorielles à l'école sont très sensibles et délicates. Et l'intervention du politique, dans ce domaine, laisse songeur, est-ce bien réfléchi par le gouvernement?»

«C'est à la Nation» de se prononcer sur les question mémorielles

Le ministre a indiqué qu'il enverrait une lettre à Pierre Nora, académicien et président de l'association «Liberté pour l'histoire» pour «résumer clairement la position» de son ministère «qui n'acceptera aucune ingérence du politique dans l'enseignement de l'Histoire.»

Pour «ce qui est des questions mémorielles et c'était de cela dont nous parlions hier - les grandes dates, les héros, les événements que la Nation doit célébrer - c'est aussi à la Nation de le dire», a ajouté Xavier Darcos. Mais pour le Snes, une chose est claire, «il faut veiller à ce qu'il n'y ait pas de confusion entre l'enseignement de l'Histoire et le devoir de mémoire», dans les établissements scolaires.

20 Minutes avec agence

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