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Bagdad s'est dit indigné par le rejet jeudi par un juge fédéral américain des accusations contre ces employés. Celui-ci a argué que l'accusation avait violé les
droits des accusés en utilisant des témoignages livrés alors qu'ils étaient protégés par l'immunité que leur conférait le gouvernement américain.
"J'ai été vraiment stupéfaite de la décision", a déclaré la ministre irakienne des droits de l'Homme Wejdane Mikhaïl. "Ce qui s'est passé a été très mauvais car
tant de personnes innocentes sont mortes, des jeunes, des étudiants, tués par quelqu'un qui aimait tirer sur des gens non armés".
"Il y a eu tellement de travail de fait pour poursuivre ces gens en justice, je ne comprends pas la décision du juge", a-t-elle ajouté.
Les cinq employés de Blackwater sont accusés d'avoir ouvert le feu sur la foule lors d'une mission pour le département d'Etat sur la place Nousour à Bagdad en
septembre 2007, dans l'une des plus sanglantes fusillades impliquant une compagnie de sécurité privée en Irak.
Jugeant pour sa part que les preuves et les témoignages étaient suffisants pour porter l'affaire devant un tribunal, le gouvernement irakien a affirmé avoir
commencé à prendre des "mesures" pour une action judiciaire mais sans préciser lesquelles.
"Nous allons utiliser tous les moyens possibles et nos relations avec les Etats-Unis pour poursuivre les criminels de cette compagnie (car) un véritable crime a
été commis", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Ali Dabbagh.
"Le gouvernement irakien a mis toutes ses institutions au travail, le ministère des Affaires étrangères, celui de la Justice et le département juridique du
secrétariat du Conseil des ministres pour préparer des poursuites contre cette compagnie", a-t-il poursuivi.
Bagdad a mené sa propre enquête sur le drame, qui a révélé selon le gouvernement, que les gardes ont "fait usage d'armes alors qu'il n'existait aucune menace
nécessitant un recours à la force".
Blackwater a toujours parlé de légitime défense.
La fusillade avait provoqué la colère des Irakiens qui n'ont eu de cesse d'accuser les agents de sécurité étrangers d'avoir la gâchette facile et d'agir en toute
impunité.
Le gouvernement a ensuite retiré la licence d'exploitation de Blackwater, la plus grande entreprise privée de sécurité utilisée par les Etats-Unis en Irak et dont
les contrats s'élevaient à des centaines de millions de dollars par an.
Le patron et fondateur de la société américaine de sécurité Xe, nouveau nom de Blackwater, Erik Prince, avait annoncé sa démission après la perte du contrat en
Irak.
Avec ses convois sillonnant Bagdad à vive allure, ses gardes tirant en l'air pour se faire un passage dans les embouteillages et ses hélicoptères survolant sans
cesse le ciel de Bagdad, la société Blackwater était devenue pour les Irakiens le symbole des agissements controversés des sociétés privées.
Dans un communiqué, Xe s'est félicitée de la décision du juge américain. "Depuis le début, Xe soutient les centaines d'hommes courageux qui se sont mis
personnellement en danger afin de protéger les diplomates américains à Bagdad et dans d'autres zones de combat en Irak", a dit le chef de la firme, Joseph Yorio.
Le commandant des forces américaines en Irak, Ray Odierno, a dit craindre que la décision du juge n'ait des répercussions sur l'ensemble des sociétés
privées.
AFP
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