L'Etat a payé 205.250 euros d'astreintes à des demandeurs d'asile à qui l'on n'a pu offrir un logement décent
Plus de deux mille personnes, parmi lesquelles 760 enfants, n'ont pu trouver de place dans un centre ou un hôtel depuis octobre.
Depuis le mois de novembre, 55 demandeurs d'asile dans cette situation ont introduit une action en justice. Ils ont obtenu gain de cause et l'Etat a été condamné à payer une astreinte de 500
euros par jour et par personne.
Le paiement des astreintes se fait par l'intermédiaire de leurs avocats. L'argent est issu d'une provision constituée par Fedasil, l'institution en charge de l'accueil des demandeurs d'asile. Si
une place leur est offerte mais qu'ils la refusent, l'astreinte n'est plus payée.
Tout candidat réfugié a le droit de recevoir une aide matérielle immédiate durant la durée de la procédure. Les centres d'accueil étant saturés, les candidats sont logés dans des hôtels. Mais la procédure de location relevant des marchés publics, Fedasil s'est trouvé à court de chambres d'hôtel. Les demandeurs d'asile ont donc fait condamner l'Etat par le tribunal du travail à payer 500 euros par jour et par candidat réfugié. Selon le tribunal, tout demandeur d'asile qui ne recevrait pas immédiatement un logement décent est dorénavant susceptible de se voir accorder les mêmes astreintes.
Le Premier Ministre et le secrétaire d'Etat Wathelet ont entamé une tournée dans les Balkans pour tenter de dissuader les candidats-réfugiés de cette région de chercher refuge en Belgique.
Que s'est-il passé samedi soir vers 22 h 45 place Carnot ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que la plus grande confusion règne dans cette affaire. Et pour l'heure, une seule plainte a été déposée au commissariat par une jeune recrue du « 3 » qui a été blessé à l'arcade par un jet de bouteille de verre. « Pour nous, c'est une non-affaire », confie le DDSP (directeur départemental de la sécurité publique) Pascal Dumas. Selon lui, c'est un appel d'un collaborateur de la Dépêche du Midi qui a téléphoné au commissariat qui a provoqué l'arrivée des forces de l'ordre sur la place Carnot. Ce témoin affirme qu'un des membres de la section des jeunes recrues du « 3 » était armé d'une batte de base-ball et voulait en découdre avec d'autres jeunes. Quelques instants plus tôt, en début de soirée, une vingtaine de recrues du « 3 » encadrée par des officiers sont allées dîner en ville, un repas dit de cohésion. Après s'être restaurés, les militaires se dirigent vers la caserne. Rue de l'Aigle d'Or, c'est ici précisément que tout semble avoir débuté. Toujours selon la police, qui ne veut négliger aucune piste et entendre le maximum de témoignages, un groupe d'une quinzaine de Nord-Africains aurait pris à partie les militaires. Des insultes auraient alors fusé. Et un jeune militaire, âgé de 20 ans, aurait essuyé un jet de bouteille en plein visage provoquant aussitôt la réaction de ses camarades à l'encontre du groupe de Nord-Africains. « Il n'y a pas eu selon nos informations de bagarre générale. Une poursuite dans les rues voisines ? Pour l'instant nous l'ignorons », précise Pascal Dumas. Toujours est-il que l'ambiance était des plus tendues ensuite place Carnot et il n'est pas exclu que des dérapages, de part et d'autre, ont intensifié la situation et que des actes de violences se soient multipliés. Les recrues auraient ensuite rejoint la caserne encadrées par des officiers. « À 22 h 50, plusieurs équipages du commissariat ont dispersé une vingtaine de personnes vociférant sur la place Carnot. Nous n'avons pas constaté la présence d'armes et avons relevé l'identité de trois personnes et il n'y aurait pas eu d'hospitalisation de victimes », poursuit-il le DDSP. Le député-maire Jean-Claude Pérez se veut mesuré, « Je veux attendre le visionnage des caméras avant de me prononcer », déclare-t-il. En effet, à partir de 22 heures, les caméras de surveillance « basculent » au commissariat. Les films ou d'autres témoignages permettront-ils de faire toute la lumière sur cette affaire ?
Incroyable. Presque surréaliste. Le déchaînement de haine auquel nous avons assisté hier soir place Carnot et rue de l'Aigle d'Or est presque inédit. Il rappelle le goût amer et désagréable des ratonnades de 1991… Nul ne sait vraiment comment les choses ont commencé. Du côté des jeunes militaires, il s'agirait de jets de bouteilles en leur direction. Du côté d'un bar de la rue de l'Aigle d'Or, d'une descente en règle contre « tous ceux qui n'étaient pas blancs » et qui se trouvaient dans l'établissement. Manifestement, les « non blancs » qui se trouvaient ailleurs en auraient pris, aussi, pour leur grade, sans l'intervention de la police. D'autant plus qu'un jeune homme, bien loin de l'histoire, en a fait les frais. « Je suis sorti d'un resto et je me suis fait tomber dessus », dit-il. Sa pommette rougeoyante en témoigne. Il a pris des coups. « Je n'ai même pas compris », se lamente-t-il.
Vers 22 h 30, hier soir place Carnot, l'on a cru vivre une scène de guerre civile. Des hommes courant partout. Des cris. Des bris de verre. Des barres brandies… Et surtout des prises à parti avec d'invraisemblables cris aux tonalités nazies. Les démons se sont emparés des protagonistes de cette rixe.
Plusieurs patrouilles de police ainsi que la Bac ont ramené le calme et constaté les dégâts. Des arcades amochées, des hématomes, une voiture très abimée... Rien de très grave, sur la forme. Et aucune interpellation. «L'encadrement» des jeunes militaires s'est rapidement expliqué avec les forces de l'ordre tandis que les troupes se rangeaient à l'angle de la rue Courtejaire. Mais de l'aure côté, rue de l'Aigle d'Or, c'est l'icompréhension qui présidait.
Des enquêtes vont forcément être ouvertes et des plaintes déposées. S'agissait-il d'une riposte ou d'une attaque, ou d'un règlement de comptes ? Les investigations, s'il elles se font, le diront. Jamais, toutefois, elles ne justifieront les les insultes racistes et nazies qui ont été proférées et que nous avons pu entendre.
La soirée fut très tendue, hier, place Carnot. En effet, dès 19 heures, un groupe de marginaux et de SDF a élu domicile sur la place, face à la supérette Marché Plus et la tension est rapidement montée entre eux, mais aussi avec les employés du commerce qui, en raison de leur état d'ébriété d'une part, et d'excitation d'une autre, leur ont refusé l'accès au magasin. à trois reprises, la police est intervenue pour faire cesser le chahut et les bagarres entre ces hommes et pour surtout les convaincre de ne pas semer le trouble dans la supérette. Sauf que quelques minutes plus tard, la situation devait finalement (inéluctablement) dégénérer sur la place.
Une énième dispute a éclaté et s'est soldée par une blessure sérieuse pour l'un des protagonistes. En effet, il s'est vu asséner un coup de bouteille en verre sur le crâne. La victime assommée, a été prise en charge par les sapeurs pompiers. L'homme, âgé d'une quarantaine d'années, a été bandé au niveau des yeux puis a été transporté à l'hôpital. Aucun pronostic ne pouvait être avancé en raison de l'important écoulement de sang qui ne permettait pas de savoir si des éclats avaient touché l'œil, dans sa partie externe comme interne.
Toutefois, durant la soirée, l'on nous indiquait que «celà semblait sérieux».
L'intervention des secours a été délicate en raison de l'état d'énervement des protagonistes et deux patrouilles de police ont été mobilisées pour gérer l'événement. Un suspect a été interpellé sur le champ et aurait reconnu être l'auteur de l'agression. Nous reviendrons sur ce fait divers dans notre édition de demain.
ladepeche.fr du 07/03/2010

La septième élection de miss France soninké s’est déroulée hier, pour la première fois à Charenton. La salle de cinq cents personnes était comble. Onze candidates concouraient pour remporter le titre, qui a été décerné tard hier soir. L’objectif : faire connaître la langue de cette communauté d’Afrique de l’Ouest, présente au Mali, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Burkina Faso, en Gambie et Guinée- Bissau.

«Mes collègues espagnols ont attendu un an avant de me dire bonjour.» Luis a 25 ans. Il est chauffeur de taxi à Madrid. Il fait son travail consciencieusement, reverse religieusement les 60 % de sa recette à son patron. Il se gare toujours au même endroit, sans empiéter sur les emplacements de la concurrence. Seul problème, il est Équatorien.
Ils sont cent Latino-Américains à conduire l'une des 16 000 voitures blanches qui sillonnent Madrid en quête de clients. Mais pour trois Espagnols sur quatre, c'est beaucoup. Trop, même ! Une étude diffusée cette semaine par le gouvernement révèle que 77 % des personnes interrogées jugent le nombre d'immigrés en Espagne «excessif» (46 %) ou «élevé» ( 31 %). Seuls 19 % pensent que la proportion est «acceptable». En 1996, en pleine croissance économique, ils n'étaient que 28 % à considérer qu'il y avait trop d'étrangers.
Les Latino-Américains sont sans conteste ceux qui s'intègrent le plus facilement. Ils maîtrisent la
langue et connaissent la culture espagnole. Les Marocains, en revanche, les premiers pourtant à être arrivés en Espagne, souffrent davantage de l'exclusion. Les moros, comme on les surnomme de
façon péjorative, ont plus de mal à accéder à un emploi ou à un logement. Samira Oukhiar, coordinatrice à Madrid de l'association socioculturelle Ibn-Batuta, confirme l'existence d'un racisme
rampant : «On ne te dit pas directement qu'on ne veut pas t'embaucher parce que tu es marocain, mais on t'explique qu'on préfère des gens d'ici.»
Selon Eurostat, en décembre 2009, les étrangers résidant en Espagne étaient estimés à un peu plus de 5 millions. C'est-à-dire 2 millions de plus qu'en France et 2 millions de moins qu'en Allemagne. Avec une différence cependant : l'immigration est en Espagne un phénomène très récent et son rythme a été frénétique. Les gouvernements successifs du conservateur José Maria Aznar (1996-2004) et du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero (depuis 2004) ont entériné cette explosion démographique par des régularisations massives, s'attirant au passage les foudres de leurs partenaires européens. Résultat, parmi les grands pays de l'UE, «l'Espagne est le pays qui a le plus reçu d'immigrés en proportion de sa population», résume Anna Cabré, directrice du Centre d'études démographiques de l'université autonome de Barcelone.
Luis et Samira sont-ils des cibles faciles de la crise ? «Je ne crois pas que les immigrés soient des boucs émissaires, tempère Santiago Pérez-Nievas, professeur de science politique à l'université autonome de Madrid. Cependant, le sentiment de compétition a augmenté dans le monde du travail. Auparavant, le marché était extrêmement segmenté, bien plus que dans le reste de l'Europe : les étrangers occupaient les postes dont les Espagnols ne voulaient pas.» En clair, jusqu'à la récession de 2008, seuls les immigrés acceptaient les travaux les plus pénibles, nécessitant une faible qualification et mal rémunérés. Mais avec l'arrivée de la crise et sa cohorte de 20 % de chômeurs, l'essentiel est désormais d'avoir un emploi. Quel qu'il soit.
La différence sans doute par rapport à d'autres pays, c'est que le racisme «ordinaire» peut s'exprimer librement. Témoin, cette réflexion entendue dans une charcuterie du centre de Madrid : «On sert les meilleurs produits des meilleures régions du monde», s'enorgueillit le propriétaire, âgé d'une cinquantaine d'années. Avant d'ajouter : «Par contre, pour les immigrés, c'est chacun chez soi !» Dans la boutique, personne ne bronche. La société espagnole n'est pas pour autant fondamentalement raciste. «Il n'y a pas de sentiment xénophobe», affirmait ainsi le ministre du Travail et de l'Immigration, Celestino Corbacho, en réaction à l'étude. «En revanche, exprimer en Espagne des idées xénophobes est moins politiquement incorrect qu'ailleurs», reconnaît le professeur Pérez-Nievas.
En fait, depuis la fin du franquisme, le sentiment de rejet des étrangers n'a jamais trouvé de débouché institutionnel. C'est au niveau local qu'il faut aller chercher les propositions politiques ouvertement xénophobes. En Catalogne ou dans la banlieue de Madrid, par exemple, où des municipalités ont refusé, dans l'illégalité, d'inscrire au registre municipal des sans-papiers… et donc de leur ouvrir l'accès aux services sociaux.
Finalement, c'est peut-être la crise qui résoudra le problème qu'elle a elle-même amplifié. «Avec la récession, les arrivées d'étrangers seront moins nombreuses», conclut Anna Cabré.
Le Figaro
IMMIGRATION - Les profs et le personnel de la fac ont répondu en nombre à un appel à la désobéissance civique...
C’est une action inédite dans le milieu universitaire, plutôt réputé individualiste. Quelque 330 enseignants et personnels de l’université de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont récemment signé un appel à la désobéissance civique, afin d’héberger si besoin deux étudiantes comoriennes en situation irrégulière.
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