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Militaire

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a annoncé la disparition programmée de la dernière juridiction militaire, avec le transfert d'ici à 2011 des compétences du tribunal aux armées de Paris (TAP) à des juridictions ordinaires. "J'ai décidé de faire en sorte que nous achevions une évolution commencée en 1982", a déclaré à la presse M. Morin après un comité exécutif (ComEx) du ministère de la Défense.

En 1982, les tribunaux permanents des forces armées siégeant en temps de paix avaient été supprimés. Des juridictions de droit commun avaient cependant été spécialisées pour juger les infractions spécifiquement militaires (désertion, insoumission, infractions contre l’honneur ou le devoir...). En 1999, le législateur avait institué le tribunal aux armées de Paris (TAP), juridiction unique habilitée à instruire et juger toutes les affaires impliquant des militaires français à l'étranger, pour les infractions (droit commun comme affaires militaires).

Les compétences du TAP vont à leur tour être transférées à des juridictions ordinaires, a précisé M. Morin: "Désormais, les infractions commises hors du territoire national relèveront d'une formation spécialisée du TGI de Paris et de la cour d'assises de Paris".


AFP
L’ancien premier ministre britannique, interrogé vendredi 28 janvier par la commission d’enquête sur l’Irak, a défendu pied à pied la décision d’engager son pays dans le conflit


Retransmission télévisée de l'audition de l'ancien premier ministre britannique Tony Blair par la commission d'enquête sur l'Irak, vendredi 29 janvier (AP/Suemori).

Tony Blair n’a pas « craqué » lors d’une audition publique organisée vendredi 28 janvier par une commission d’enquête sur la guere en Irak, à Londres. Après six heures d’interrogation, le président de la commission, John Chilcot, a laissé à l’ancien premier ministre britannique une dernière possibilité d’émettre un remord : n’aurait-il pas de regret sur la guerre en Irak ?

L’intéressé choisit de répondre indirectement : « cette décision a été une énorme responsabilité et il n’y a pas un seul jour où je n’y pense pas (…). Mais je crois sincèrement que si nous avions laissé Saddam Hussein au pouvoir, nous aurions encore à lui faire face aujourd’hui, peut-être dans des circonstances où la menace aurait été pire. »

Et pas de regrets ?, relance John Chilcot. « Une responsabilité, mais pas de regret d’avoir retiré Saddam Hussein », réplique Tony Blair. Parmi l’assistance, composée en large partie de familles de soldats britanniques morts en Irak, beaucoup ont été choqués. « Comment, pas de regret ! », s’est exclamée une personne. Une autre, dans la salle, éclatait en sanglots.

«Je croyais vraiment» aux armes de destructions massives

Vendredi 28 janvier, l’ancien premier ministre s’est défendu pied à pied, refusant toute concession. Avec une maîtrise toujours aussi magistrale de la présentation, Tony Blair, avocat de formation, a exposé sa justification. Pour lui, la clé de la guerre est à chercher dans les attentats du 11 septembre 2001. Non pas que l’Irak soit soudain devenue plus dangereux, mais parce que « le calcul du risque avait changé ». En clair, il n’était plus question de laisser un régime jugé dangereux s’armer.

De même, Tony Blair a défendu à nouveau sa volonté d’avoir été systématiquement aux côtés des Américains. « Je ne voulais pas qu’ils pensent qu’ils n’avaient pas d’autre choix que d’y aller seuls. » Mais il réfute l’idée qu’un accord secret ait été passé avec George W. Bush en avril 2002, lors d’une réunion désormais bien connue, dans le ranch du président américain. « Le seul engagement a été de s’occuper de Saddam. C’est public. (…) Mais la méthode pour s’en occuper restait ouverte. »

Quant aux armes de destruction massive, comment justifie-t-il avoir écrit, en septembre 2002, six mois avant la guerre, que leur existence était « hors de doute » ? « J’ai écrit que je croyais que c’était hors de doute. (…) Je le croyais vraiment », argumente Tony Blair.

Ceux qui espéraient qu’il « craque » ont été déçus

Enfin, ne pense-t-il pas que la préparation de l’après-guerre était insuffisante ? « Nous étions préparés mais sur les bases d’une mauvaise hypothèse. » John Chilcot n’a pu s’empêcher de répliquer : « cela pourrait être une leçon très coûteuse. » Une leçon à au moins 100 000 morts, soit le nombre de personnes décédées de mort violente en Irak, selon une comptabilisation documentée, depuis 2003.

Le long questionnement de Tony Blair de la Commission d’enquête aura donc laissé chacun sur ses positions. Les manifestants à l’extérieur du palais des congrès où il était interrogé, qui espéraient qu’il « craque » ou avoue un sentiment de culpabilité, ont été déçus.

Quant à ceux qui voudraient le voir poursuivi en justice, ils ont eu droit à un rappel ferme de John Chilcot : la commission d’enquête n’est pas un tribunal. Il s’agit simplement d’un travail politique pour tirer les leçons du confl
it.

La Croix

Pour le troisième jour consécutif, l'armée nord-coréenne a procédé à 20 tirs d'obus en mer Jaune.

La Corée du Sud surveille les tirs d'artillerie nord-coréens. (AFP)

La Corée du Sud surveille les tirs d'artillerie nord-coréens. (AFP)

L'armée sud-coréenne a annoncé vendredi 29 janvier que la Corée du Nord a procédé, pour le troisième jour consécutif, à des tirs d'artillerie en mer Jaune.
"Le régime stalinien a tiré 20 obus entre 07h50 locales (23h50 en France) et 11h50", a indiqué un porte-parole de l'état-major du Sud. Les projectiles sont retombés au nord de la frontière maritime, dans le secteur de l'île de Yeonpyeong, sous administration de Séoul.
Le Nord conteste le tracé de cette frontière établie par les Nations unies à la fin de la guerre de Corée (1950-53). Cette zone ultrasensible a déjà connu de nombreux incidents navals. 


(Nouvelobs.com)

La France a réalisé mercredi avec succès le premier tir d'essai de son nouveau missile nucléaire stratégique M51 depuis un sous-marin, après trois tirs réalisés depuis des installations terrestres, a annoncé le ministère de la Défense.

 

Photo prise le 20 mars 2008 sur le site de la DCNS à Cherbourg, du sous-marin Le Terrible, qui sera le premier à disposer du nouveau missile balistique M51

"Hervé Morin, ministre de la Défense, exprime sa grande satisfaction après le succès ce jour du quatrième vol expérimental du missile stratégique M51 effectué, comme toujours, sans charge nucléaire", a déclaré le ministère dans un communiqué.

"Le tir a été réalisé "à 9h25, depuis la baie d?Audierne (Finistère), à partir du sous-marin Le Terrible" et "s'est déroulé comme prévu", a-t-il précisé.

Le M51 est destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de nouvelle génération (SNLE) de la force océanique stratégique.

 

AFP

HERAT (Afghanistan) - Un responsable local afghan et cinq policiers ont été tués dimanche dans une embuscade tendue par des insurgés dans l'ouest de l'Afghanistan au lendemain de la mort d'un soldat américain et de deux afghans dans des violences, ont indiqué l'Otan et les autorités afghanes.

Le responsable du district de Chishti Sharif, dans la province de Herat, Abdul Qodus Qeyam, a été tué alors qu'il se rendait à son bureau, selon Abdul Raouf Ahmadi, le porte-parole de la police pour l'ouest de l'Afghanistan.

Des insurgés ont bloqué la route entre Herat et son district et ont ouvert le feu sur son véhicule, un 4*4, tuant tous les passagers - le responsable et cinq policiers - à 150 km à l'est de Herat.

Agé de 55 ans, Queyam était responsable du district de Chishti Sharif depuis trois mois.

La province de Herat est confrontée à l'insurrection croissante des talibans.

Parallèlement, des soldats allemands ont ouvert le feu dans le nord du pays sur une voiture qui fonçait sur leur barrage routier, tuant un des passagers et en en blessant un autre, ont annoncé un porte-parole de la Bundeswehr et l'Otan.

L'incident s'est produit à la sortie ouest de Kunduz après que des soldats allemands eurent mis en place un barrage filtrant, selon le commandement militaire allemand.

Une Toyota a doublé d'autres voitures arrêtées au barrage et "a foncé sur les soldats", selon le communiqué.

"Malgré des signes de main et des tirs de sommation la voiture ne s'est pas arrêtée et, au contraire, a accéléré en direction du barrage" obligeant les soldats à ouvrir le feu, selon la Bundeswehr.

Un soldat américain est par ailleurs décédé dimanche "apparemment de mort naturelle à Kaboul", a annoncé la Force de l'Otan.

La veille, un soldat américain avait été tué dans l'est du pays.

Les autorités canadiennes ont parallèlement indiqué qu'un soldat canadien avait péri samedi dans l'explosion d'une mine artisanale pendant une patrouille dans la province de Kandahar, dans le sud afghan.

Les provinces du Helmand et de Kandahar sont des bastions talibans et les régions les plus dangereuses du pays.

Deux soldats afghans ont été tués samedi dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule dans le district de Sangin, dans le sud du pays, où deux militaires britanniques ont péri vendredi soir, selon le ministère afghan de la Défense.

Cinq "terroristes" ont été tués le même jour dans une frappe aérienne de l'Otan lors de combats entre l'armée afghane et des insurgés dans le district de Marjah, toujours dans la province du Helmand, selon le ministère de la Défense.

Quatre insurgés ont par ailleurs été tués et trois autres blessés dans une frappe aérienne de l'Otan dans la province de Paktika, dans le sud du pays, selon le porte-parole du gouvernorat local Mukhlis Afghan.

Au total, 29 militaires étrangers ont péri depuis le 1er janvier en Afghanistan.

Les troupes internationales avaient déjà terminé l'année 2009 sur un bilan de pertes record depuis leur arrivée en 2001, avec 520 morts, contre 295 en 2008, selon un décompte de l'AFP établi à partir du site internet spécialisé icasualties.org.

A elle seule, l'armée américaine a vu le nombre de ses soldats tués doubler en 2009 avec 317 morts, contre 155 en 2008.

 

(©AFP / 17 janvier 2010 22h00)

Six dirigeants d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, dont son chef militaire Qassem Al-Rimi, ont été tués vendredi lors d'un raid aérien dans le nord du Yémen, a annoncé un haut responsable yéménite.


Combo de deux photos du chef militaire du réseau d'Al-Qaïda (dans la péninsule arabique, Aqpa), identifié comme étant Qassem Al-Rimi.

 

"Six dirigeants d'Al-Qaïda (dans la péninsule arabique, Aqpa), dont le chef militaire du réseau Qassem Al-Rimi, ont été tués vendredi", a déclaré à l'AFP ce haut responsable, qui a requis l'anonymat. Le raid visait huit personnes mais deux sont parvenues à s'échapper, selon lui.

Il a identifié les deux rescapés comme étant Ammar al-Waïli et Saleh al-Taïs, cités dans un premier temps parmi les responsables tués.

Outre Qassem al-Rimi, Ayedh al-Chabwani a également péri dans le raid mené par un avion de combat en milieu de journée, a ajouté le responsable sans préciser l'identité des quatre autres personnes tuées.

Un responsable des services de sécurité a pour sa part affirmé à l'AFP qu'Abdallah Hédi al-Taïs et un Egyptien, Abou Aymen Al-Masri, considéré comme un théoricien d'Al-Qaïda au Yémen, figuraient aussi parmi ces six dirigeants.

L'attaque a eu lieu sur une colline d'Al-Agacher, dans la région désertique d'Hab Al-Chaaf, située entre les provinces d'Al-Jawf et de Saada (nord).

D'après des témoins, le raid s'est produit entre les postes-frontières yéménites d'Al-Bouqa et d'Al-Yatama, sur la frontière avec l'Arabie saoudite.

Des chefs de tribus, contactés par téléphone, ont précisé qu'un avion de combat avait pris en chasse trois véhicules tout-terrain, tirant un premier missile qui a raté sa cible.

"Un deuxième missile a soulevé un nuage de poussière", a ajouté un chef tribal, affirmant avoir "vu l'un des trois véhicules s'enfuir".

Les véhicules, attaqués lors d'un arrêt à Al-Agacher, faisaient route de la province de Marib vers celle de Saada, où Al-Qaïda disposerait d'un camp à Wadi Al Abou-Jabara, a indiqué ce responsable tribal.

La province de Saada, fief de la rébellion zaïdite (chiite), et celle voisine d'Al-Jawf sont le théâtre d'une offensive de l'armée yéménite depuis plus de cinq mois. L'armée saoudienne s'est impliquée dans le conflit après la mort le 3 novembre d'un de ses gardes-frontières, tué par un rebelle infiltré.

Rimi et Waïli figuraient sur une liste de 152 suspects recherchés pour des affaires de sécurité, publiée par Sana en 2009.

Rimi n'était pas sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI mais figurait sur la liste des personnes que le Bureau souhaiterait interroger dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme".

Il est l'un des 23 membres d'Al-Qaïda à s'être évadés en février 2006 de la prison de sûreté de l'Etat à Sanaa.

"Rimi est le principal artisan de la plupart des opérations d'Al-Qaïda au Yémen", a indiqué le haut responsable yéménite, ajoutant qu'il avait échappé à deux reprises aux forces de sécurité: en 2008 dans la province de Marib (est) puis fin de 2009 à Arhab (près de Sanaa).

Waïli "donnait refuge à plusieurs activistes d'Al-Qaïda dans la province de Saada, dont il est originaire", et Chabwani "à des dizaines de partisans d'Al-Qaïda à Wadi Abida, dans celle de Marib (est)", a-t-il ajouté.

"La traque des terroristes d'Al-Qaïda se poursuivra" et "le gouvernement usera de tous les moyens dont il dispose pour éradiquer le terrorisme" sur son territoire, a assuré ce responsable.

Ce raid intervient deux jours après la mort, dans une opération des forces yéménites, d'Abdallah Mehdar, présenté comme le chef d'Al-Qaïda dans l'est du pays, où se réfugieraient les principaux responsables du réseau au Yémen.

L'annonce de ce raid intervient alors qu'à Sanaa, lors de la prière du vendredi, cheikh Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme, a appelé ses compatriotes au jihad contre une éventuelle intervention américaine.

AFP

Le capitaine français gravement blessé lundi en Afghanistan lors d'une attaque contre une patrouille franco-afghane est mardi matin des suites de ses blessures. Le bilan de cette attaque dans la dangereuse vallée d'Alasay, au nord-est de Kaboul. est désormais de deux morts parmi les forces françaises. 

Le capitaine, dont le ministère de la Défense a annoncé le décès mardi matin est membre de l'état major de la 1ère Brigade mécanisée, basée à Châlons-en-Champagne.

 

Video : «La patrouille a été prise sous le feu des insurgés»
 
Le premier soldat français tué était infirmier du 402e Régiment d'artillerie également de Châlons-en-Champagne.

«La patrouille conjointe était composée d'une vingtaine de soldats afghans et de huit militaires français, explique le commandant de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l'armée française. A l'approche du village d'Alasay, elle a été prise sous le feu des insurgés, l'accrochage a duré plus d'une heure. Deux de nos camarades sont été touchés.»


«Une région où il y a des combats depuis près de 30 ans»

L'incident s'est déroulé dans la province de Kapisa, au nord-est de Kaboul, là où le 30 décembre, deux journalistes français de la chaîne de télévision France 3 avaient été enlevés, avec leurs accompagnateurs afghans, par des talibans. «C'est une région qui a toujours été sensible, disputée, dans laquelle il des combats depuis près de 30 ans, précise le porte-parole. Si la partie nord est relativement calme, la partie sud est agitée avec différents groupes d'insurgés».

L'armée français y est présente depuis août 2008 et aide l'armée afghane à étendre sa zone d'influence. «Au départ, il y avait deux bases principales, et petit à petit, on construit des postes avancés pour l'armée afghane», indique Chritophe Prazuck. «En mars 2009, une opération conjointe avait permis de rentrer dans la vallée d'Alasay et d'y construire  trois postes de l'armée afghane. Evidemment, la présence des forces de sécurité afghanes est contestée par les insurgés, qui essaient par des pièges, par des mines, par des de harcèlement, de montrer, principalement à la population, qu'ils sont toujours présents, c'est ce qui s'est passé ce matin».

Trente-huit soldats français tués en Afghanistan


Le décès du capitaine français ce mardi porte à 38 le nombre de militaires français ayant trouvé la mort en Afghanistan depuis l'intervention des forces internationales en 2001.

Nicolas Sarkozy a fait part de son émotion et réaffirmé lundi «son soutien au peuple afghan et aux autorités afghanes». Condamnant «avec force cette violence aveugle», il a «exprimé la détermination de la à continuer d'œuvrer au sein de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité».

«Cette force, mandatée par l'ONU, a reçu la mission de contribuer au retour de la stabilité, au rétablissement de la paix et au développement en Afghanistan», a-t-il conclu.

 

Leparisien.fr

Les forces internationales en Afghanistan ont essuyé leurs premières pertes de l'année avec la mort dimanche de cinq soldats, quatre Américains et un Britannique, victimes de deux attaques à la bombe dans les fiefs talibans méridionaux de Kandahar et Helmand.

 

Des soldats américains en opération dans la province de Khost en Afghanistan en décemblre 2009.

A Kandahar, "quatre soldats américains de la Force d'assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf) sont morts après l'explosion d'une bombe artisanale", a annoncé lundi un porte-parole de l'Isaf.

L'attaque, qui s'est produite dans le district de Panjwayi, a été revendiquée par un porte-parole des rebelles talibans, Yusuf Ahmadi, en donnant des précisions sur le mode opératoire et le lieu similaires à celles données par la police. Il a toutefois affirmé que cinq soldats étrangers ont été tués dans cette attaque.

Dimanche également, un soldat britannique a été tué dans une explosion, dans la province voisine du Helmand, a annoncé lundi à Londres le ministère de la Défense.

Il s'agit des premières pertes annoncées en 2010 au sein des quelque 113.000 soldats des forces internationales, aux deux tiers américains, déployés en Afghanistan.

Ces troupes, qui commencent à recevoir les renforts promis par le président Barack Obama, avaient déjà terminé l'année 2009 dans le sang et la tourmente.

Le 30 décembre, sept fonctionnaires de la CIA avaient été tués lors d'un attentat suicide commis au coeur même d'une base américaine dans la province de Khost (est), près de la frontière avec le Pakistan. Un huitième homme, un agent de renseignement jordanien travaillant avec la CIA, a été tué dans l'attaque, a écrit lundi le Washington Post.

La veille, quatre soldats et une journaliste canadiens avaient péri dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule blindé à Kandahar.

Autre revers pour les forces occidentales, elles sont accusées par le président afghan Hamid Karzaï d'avoir tué dix civils, dont huit adolescents, dans une opération dans la province de Kunar (est).

M. Karzaï et son gouvernement ont exigé, via le Conseil national de sécurité (NSC), que les responsables soient "livrés" aux autorités afghanes.

Les forces internationales ont établi en 2009, de très loin, un record de pertes depuis leur arrivée en 2001, avec 519 morts (sans compter les sept agents de la CIA), contre 295 en 2008, déjà une année record, selon un décompte de l'AFP établi à partir du site internet spécialisé icasualties.org.

A elle seule, l'armée américaine a vu le nombre de ses soldats disparus dans le cadre de la guerre doubler en 2009 avec 311 (sans compter les sept agents de la CIA), contre 155 en 2008.

Les troupes étrangères subissent de lourdes pertes notamment à cause des bombes artisanales dissimulées sur les bords de route et qui explosent au passage de leurs véhicules, responsables de 60% de leurs pertes en 2009.

Le nombre de soldats américains et de l'Isaf doit être porté de 113.000 à 150.000 en 2010 afin de combattre l'insurrection des talibans.

Or avec l'augmentation du nombre de troupes engagées, les pertes occidentales devraient encore s'accroître, préviennent plusieurs experts.

Le chef d'état-major interarmées des Etats-Unis, l'amiral Michael Mullen, en visite en Afghanistan le 14 décembre, avait ainsi prévenu qu'il fallait s'attendre au retour d'un nombre croissant de cercueils aux Etats-Unis.

"J'ai dit à nos troupes de se préparer à plus de combats et à plus de pertes", car "l'insurrection est devenue plus violente, plus étendue, plus sophistiquée" et les talibans "plus efficaces", avait-il admis.

 

AFP

Vladimir Poutine, lundi, à Vladivostok. Le premier ministre russe a profité de sa visite pour préciser sa position sur le dossier du désarmement nucléaire.
Vladimir Poutine, lundi, à Vladivostok. Le premier ministre russe a profité de sa visite pour préciser sa position sur le dossier du désarmement nucléaire. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

«Nous devons développer des systèmes d'armes offensives» face au bouclier antimissile américain, a déclaré mardi le premier ministre russe. Une annonce stratégique, au moment où la Russie et les Etats-Unis négocient un nouveau traité de non-prolifération nucléaire.

En marge du sommet de Copenhague, le président russe Dmitri Medvedev avait rencontré son homologue américain. Au menu : la négociation d'un nouveau traité de désarmement nucléaire destiné à remplacer l'accord Start I, expiré depuis le 5 décembre dernier. Mais alors que les deux parties prétendaient depuis plusieurs semaines être proches d'un accord, la négociation avait tourné court. Sans qu'aucune raison officielle ne soit donnée à ce fiasco.

Mardi, en déplacement à Vladivostok, Vladimir Poutine a apporté un début de réponse à cet échec. «Quel est le problème ? Le problème est que nos partenaires américains construisent un bouclier antimissile et que nous n'en construisons pas». En septembre, Barack Obama avait pourtant apporté des gages sur le sujet, en annonçant renoncer au bouclier en Europe de l'Est tel qu'il avait initialement été imaginé par George W. Bush. Les Etats-Unis ont troqué ce projet, centré sur les missiles de longue portée, contre un système plus flexible visant des armes de courte et moyenne portée. Une position en principe satisfaisante pour la Russie.

Mais la Russie craint tout de même que ce «petit bouclier» ne vienne rompre le sacrosaint équilibre des forces avec les Etats-Unis. «Afin de préserver cet équilibre, nous devons développer des systèmes d'armes offensives», a déclaré mardi Vladimir Poutine. Le premier ministre fait ainsi écho à la promesse faite la semaine passée par Medvedev de moderniser son arsenal nucléaire, qui date en partie de l'époque de l'ex-URSS .

Une négociation capitale pour les deux parties

«Le message que veut faire passer Poutine est clair», explique Thomas Gomart, directeur du centre Russie de l'Institut français des relations internationales (Ifri). «Il veut faire monter la pression dans la négociation actuellement menée avec les Etats-Unis sur le désarmement nucléaire». En prononçant un discours fort et en faisant allusion à une stratégie militaire offensive, Poutine entend montrer que la Russie est une puissance sur laquelle il faut compter. Objectif concret : forcer les Etats-Unis à communiquer «toutes les informations» sur le projet de bouclier américain.

Les pourparlers en cours sont capitaux pour les Russes. «Pour eux, la négociation nucléaire est la mère de toutes les négociations», explique Thomas Gomart. «C'est par ce dialogue stratégique avec les Etats-Unis que la Russie se distingue en tant que grande puissance. Elle rappelle ainsi aux Chinois et aux Européens qu'elle est la seconde force nucléaire mondiale».

Le sursaut d'ego de Vladimir Poutine est donc stratégique, mais il ne devrait pas modifier radicalement l'ouverture de l'administration américaine à l'égard de la Russie. Car Obama compte beaucoup sur le futur accord. «Ce serait le premier résultat tangible de sa diplomatie», affirme Thomas Gomart.

Si tout se déroule comme prévu, un accord pourrait intervenir courant janvier. La balle est désormais dans le camp des Etats-Unis.

 

Lefigaro.fr

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