Le parquet général de Russie a annoncé lundi la réhabilitation de six membres de la famille impériale des Romanov, détrônée lors de la révolution de 1917, parmi lesquels le jeune frère du tsar Nicolas II, Mikhaïl Romanov.
"L'analyse des éléments d'archives montre que ces personnes ont subi la répression par l'arrestation, l'exil et la surveillance par la tchéka (police chargée de combattre la contre-révolution, ndlr), sans avoir été accusées d'avoir commis des crimes de classe ou sociaux concrets", a indiqué le ministère public dans un communiqué.
Mikhaïl Romanov avait été placé en résidence surveillée près de Saint-Pétersbourg, en novembre 1917, avant d'être emmené à Perm (Oural) en mars 1918, indique le communiqué du parquet, sans préciser les circonstances de sa mort. Selon les historiens, c'est là qu'il aurait été assassiné en juillet 1918 par des agents anti-tsaristes.
Parmi les autres personnes réhabilitées lundi figure également Elizaveta Fedorovna Romanova, soeur de la tsarine Alexandra Fedorovna Romanova.
"Cette décision (de réhabilitation) est d'importance historique. C'est un pas important dans le sens de la justice historique", a réagi Guerman Loukianov, avocat de la Grande Duchesse Maria Vladimirovna, qui affirme être l'héritière de Nicolas II et vit à Madrid, cité par l'agence Interfax.
La Cour Suprême de Russie avait réhabilité en octobre 2008 le dernier tsar russe Nicolas II et sa famille, les jugeant victimes de la répression politique bolchevique, une décision longtemps attendue et saluée par les descendants de la famille impériale et l'Eglise orthodoxe russe.
Dispersés dans le monde après la révolution de 1917, des descendants des Romanov, la dynastie qui régna en Russie de 1613 à 1917, vivent en Espagne, au Danemark, aux Etats-Unis, en France, en Italie et en Grande-Bretagne.
AFP
Carte de la Grèce Antique
Dans la fertile vallée de l'Eurotas, Sparte est une cité terrienne, une forteresse archaïque, repliée fièrement sur elle-même.
Les seuls vrais Spartiates, appelés égaux, sont les héritiers des conquérants Doriens, venus du Nord aux environs du XIIème siècle avant JC.
Statue de bronze d'un gerrier Spartiate
L'État leur donne le revenu d'un lot de terre que cultivent les serfs, nommés hilotes, descendant, eux, des populations vaincues.
Les périèques, descendant des vaincues également, sont libres mais privés de tout droit politique, exercent les autres métiers.
Les égaux sont mis au monde et élevés par des soldats. De 8 à 20 ans, ils reçoivent une éducation essentiellement sportive et sont soumis à une discipline communautaire très stricte.
Jeunes Spartiates s'exerçant à la lutte
L'éducation est obligatoire, collective et organisée par la cité ; elle vise à former des soldats disciplinés, efficaces et attachés au bien de la cité - de fait, l'armée spartiate est renommée comme la plus puissante du monde grec.
On leur apprend à dominer la douleur et à survivre par n'importe quel moyen : le vol, la ruse, le meurtre...
Ruines de la Cité
Ils sont pris en charge par l'État jusqu'à l'âge de 20 ans. Pendant l'enfance, on met l'accent sur la discipline et la rigueur : les enfants ont la tête rasée, vont pieds nus et n'ont qu'un seul manteau par an.
Lycurgue, réformateur mythique de Sparte à l'origine de la constitution de la cité et de l'éducation
Après leur 20 ans, les jeunes Spartiates demeurent embrigadés : ils intègrent les groupes de σφαρεῖς /sphareĩs, littéralement « joueurs de ballon ». Cet entraînement fait des Spartiates les soldats les plus redoutés de toute la Grèce classique.
A 30 ans, ils ont le droit de sortir de l'internat, ils se marient, et sont tenus par l'État de procréer afin d'assurer l'avenir du sang Dorien.
Cavalier aux oiseaux, coupe du Peintre des Cavaliers, v. 550-530 av. J.-C
Les affaires publiques sont confiées au Conseil des Anciens, formés de 28 membres, il s'agit d'une oligarchie, composée des meilleurs éléments de la Cité. Il y a également 2 rois dont le rôle presque unique est le commandement de l'armée.
La domination de Sparte prend fin au IVe siècle av. J.-C., mais la fascination qu'elle exerce persiste de l'Antiquité jusqu'à nos jours.
Il y a vingt ans, la politique n'intéressait pas beaucoup Cui Weiping. Mais la poétesse ne pourra jamais oublier cette nuit du 3 au 4 juin 1989, où son mari est rentré à la maison, le pantalon taché du sang de personnes blessées par balles par des militaires chinois sur la place Tiananmen.
Aujourd'hui, cette enseignante à l'Académie de cinéma de Pékin prend la parole pour sauvegarder le souvenir du mouvement démocratique du Printemps de Pékin et de sa répression sanglante par un gouvernement tout-puissant qui s'applique à supprimer toute mention des événements.
A l'approche du 20e anniversaire, Cui Weiping se sent tenue à un devoir de mémoire. "Avoir ouvert le feu n'a pas été de notre responsabilité. Mais ne pas avoir parlé du '6-4' (4 juin, NDLR) ces vingt dernières années relève de notre responsabilité", dit cette femme âgée de 53 ans.
A la mi-mai, Cui a ainsi prononcé un discours sur le devoir de s'exprimer ouvertement sur les événements devant une petite assemblée et a mis en ligne ces mots sur son blog: "avons-nous l'intention de continuer à garder le silence?". Des propos retirés du site chinois par la censure, remis en ligne et retirés à nouveau à plusieurs reprises.
Des années durant, explique-t-elle, la dépression a brouillé ses souvenirs de l'événement. C'est de traduire en chinois des écrits de Vaclav Havel, le dramaturge dissident et président de la Tchécoslovaquie post-communiste puis de la République tchèque, qui l'a aidée à retrouver ses souvenirs et sa voix. Son blog hébergé par le plus important portail Web de Chine accueille souvent des commentaires pleins de sous-entendus, et la censure gouvernementale est fréquemment prise pour cible.
Les événements de 1989 demeurent une question essentielle pour certains Chinois, même si le gouvernement a largement réussi à en faire une non-question pour bon nombre d'autres à coup de croissance économique stupéfiante, de propagande sophistiquée et de répression visant à étouffer toute discussion publique. Sans compter les efforts entrepris par le Parti communiste. Tirant les leçons de la chute du communisme dans les pays de l'Est, le PCC a ouvert ses portes aux entrepreneurs, cooptant ainsi une source d'opposition potentielle. L'appareil bureaucratique a été restructuré pour être un peu plus à l'écoute des besoins de la population, à défaut d'être ouvert et démocratique.
La lutte pour conserver le souvenir des événements est d'importance car à l'heure où la Chine devient économiquement et diplomatiquement plus forte, ses dirigeants et partisans veulent faire de leur système un modèle et une alternative à cet Occident démocratique et capitaliste aux prises avec une crise financière sans précédent. Le pouvoir veut bien être associé aux Jeux olympiques de Pékin et aux gigantesques travaux de reconstruction dans des villes comme Shanghaï, mais pas à la répression.
Mais les souvenirs continuent de circuler. "89 est pareil à un rat mort dans le système politique chinois. Il devient de plus en plus puant", observe Anne-Marie Brady, spécialiste de la vie politique chinoise à l'Université de Canterbury en Nouvelle-Zélande.
Bien qu'ils en parlent rarement, les Chinois d'une trentaine d'années ou plus âgés se souviennent des manifestations de 1989 et de la loi martiale imposée pendant des mois.
Une publicité circulait sur Internet en mars dernier pour des T-shirts arborant les chiffres romains évoquant la date de la répression, avant d'être supprimée. En juillet, le tabloïd "Beijing News" a publié deux pages de photos de la Chine datant des années 1980, dont une en noir et blanc de l'Associated Press intitulée "les blessés", qui montrait des jeunes gens aux chemises tachées de sang à l'arrière d'une charrette à trois roues. Le cliché n'était pas légendé mais nombre savaient que la photo avait été prise lors de la répression du mouvement démocratique. Le gouvernement a retiré les pages d'Internet et ordonné le retrait des kiosques de la publication.
Imposer un silence sur Tiananmen, l'arrestation et le harcèlement de détracteurs font partie de la stratégie du pouvoir. Pour Cui, le gouvernement cherche à rendre les gens complices en préservant le monopole politique du parti.
L'enseignante estime que la répression reste un point douloureux pour nombre de gens, dont les Chinois plus jeunes supposés apolitiques. Des sites de messagerie électronique accueillent de furtives discussions sur les vêtements qu'il faudrait porter pour commémorer l'événément. Certains suggèrent le blanc, la couleur traditionnelle du deuil.
Cui explique en ligne qu'une autre idée a jailli: "certains disent que nous devrions porter une chemise blanche et un pantalon bleu comme l'homme du char", symbole de résistance qu'immortalisèrent des médias. Cet homme seul qui se tenait debout, sacs en main, devant une colonne de chars lors de la répression des manifestations de 1989. AP
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