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Questions à... Laurence Nardon, spécialiste des affaires spatiales à l'IFRI*


Quel est l'intérêt de Galileo, système concurrent du GPS ?

«Cela permettra d'éviter une panne totale, grâce à la coordination du système américain avec l'européen Galileo, dont le deuxième satellite test Giove-B vient d'être lancé avec succès.
Par ailleurs, Galileo aura une précision inégalée, car chaque satellite emportera quatre horloges atomiques d'une précision extrême, de une à dix nanosecondes.
Enfin, certains services seront payants ce qui permettra aux clients de Galileo d'avoir une garantie de fonctionnement qui n'existe pas avec le GPS.


Existe-t-il d'autres systèmes concurrents du GPS ?


Oui, notamment en Russie où l'ancien système soviétique Glonass est en train de renaître. Six nouveaux satellites ont déjà été lancés; ils seront dix-huit à la fin de cette année et, dans deux ans, la constellation rénovée assurera une couverture mondiale. Les Chinois, de leur côté, lancent le système Beidou (du nom chinois de la Casserole dans la Grande Ourse), qui aura sans doute une couverture régionale.


Galileo a-t-il une vocation militaire ?


Il a une utilisation militaire évidente, pour la navigation des troupes et le guidage des missiles. Cette utilisation, cependant, a fait naître un conflit de nature politique. En effet, si l'usage militaire de Galileo intéresse presque tous les Etats membres, il est violemment rejetée par le Royaume-Uni. Celui-ci est déjà lié aux Etats-Unis par un accord qui lui donne un accès militaire au GPS américain plus étendu que les autres Etats européens. Les Britanniques, qui veulent conserver ce lien privilégié, défendent les intérêts stratégiques des Etats-Unis et s'opposent donc à la mise en route d'un système de navigation militaire concurrent en Europe.
Finalement, Galileo a été défini comme un «système civil sous contrôle civil»... mais presque tous les Etats membres l'utiliseront pour des besoins militaires !


* Institut français de relations internationales.

 

Sylvie Rouat
Sciences et Avenir

Un rapport des services de renseignements allemands met en garde les entreprises, les multinationales comme les petites et moyennes entreprises, contre les espions venus de Chine et de Russie. Les entreprises allemandes sont de plus en plus menacées par l'espionnage industriel.

Pour espionner une entreprise, il suffit d'un stagiaire zélé. La Russie et la Chine sont expertes dans l'envoi de taupes non professionnelles. «Nous remarquons l'existence d'efforts grandissants pour se procurer du savoir-faire venu d'Allemagne de façon illégale», a précisé le président des services de renseignements intérieurs, Heinz Fromm. Deux catégories de pays s'intéressent au savoir allemand. Les États dont le développement industriel est déjà abouti sont à la recherche d'informations concernant les stratégies économiques. Les autres, plus en retard sur le plan technologique, veulent connaître les secrets des produits.

Stagiaires, étudiants, scientifiques et espions classiques sont mis à contribution. Les nouvelles technologies gagnent également du terrain. «Les attaques sur Internet représentent actuellement la menace la plus dangereuse». Selon les experts, «la plupart des agressions électroniques détectées en ce moment prennent leur source en Chine», premier partenaire de l'Allemagne en Asie. Parmi les secteurs touchés, l'automobile figure en bonne place. Les énergies renouvelables, les technologies de la communication, la chimie sont également dans le collimateur «des services secrets étrangers et aussi des entreprises concurrentes». Prétextant un nombre incertain de cas, les autorités fédérales se refusent à chiffrer l'ampleur du phénomène. Les estimations des experts sont variables. Dans l'ensemble, ils évaluent les dommages subis par les entreprises du pays plus de vingt milliards d'euros par an.


Cécile de Corbière, Le Figaro

Biométrie
DR ¦ Biométrie


Biométrie, moteurs de recherche, sites sociaux, passe Navigo… En présentant à la presse le rapport annuel de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), dont la protection des données personnelles informatiques est la raison d'être depuis 1978, son président Alex Türk a dressé un panorama inquiétant du «traçage» tous azimuts auquel est désormais régulièrement soumis le citoyen français.

[Télécharger le rapport de la Cnil, format PDF]

Pour Alex Türk, «du lever au coucher, nous sommes tous plus ou moins soumis» à «un double traçage». D'abord «un traçage dans l'espace» à travers le développement des systèmes de biométrie, de vidéosurveillance ou de géolocalisation. Ensuite «un traçage dans le temps» que permettent les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux.

«Le premier met en cause la liberté d'aller et venir», a insisté le président de la Cnil vendredi. «Le second met en cause la liberté de pensée et d'expression», a-t-il ajouté en citant l'exemple de déclarations anciennes exhumées dans des moteurs de recherche qui «vous obligent de justifier à 50 ans ce que vous avez dit à 20 ans».

La Cnil a insisté par exemple auprès du ministère de l'Intérieur pour que le régime juridique de la vidéosurveillance soit «clarifié».

Elle a également recommandé la création d'un passe Navigo «anonyme» utilisable dans les transports en commun franciliens et rendant anonymes les données de validation des passagers, contrairement au passe Navigo classique qui associe les données de validation (date, heure et lieu de passage) au numéro des abonnées pendant 48 heures. Cette carte existe désormais mais coûte cinq euros.

La commission a en outre émis des réserves sur le nouveau passeport biométrique et regretté «très vivement» que le gouvernement les ait ignorées, a commenté son président. Elles portaient notamment sur la création d'une base de données centrale ainsi que le recueil des empreintes de huit doigts alors que la réglementation européenne n'en envisage que deux.

La réunion des 27 Cnil européennes, présidée depuis cette année par Alex Türk, a recommandé également «une réduction très sensible (à six mois au lieu de 18 actuellement, ndlr) de la durée de conservation des données par les moteurs de recherche» et autres réseaux sociaux sur le net du type Facebook — sans compter sur la polémique Deacon — et Myspace.

En conséquence, la Cnil veut «faire reconnaître le caractère constitutionnel du droit à la protection des données personnelles» avec une inscription dans le préambule de la Constitution de 1958, qui rappelle les droits fondamentaux.



JH, avec AFPL


Le parlement européen a donné mercredi un feu vert final au projet. Un deuxième satellite-test doit être lancé ce week-end. Mais les Américains, les Russes et les Chinois sont en embuscade.


Le lancement prévu ce week-end du second satellite-test du système européen de localisation Galileo, Giove-B, marquera une étape importante pour le futur concurrent du GPS américain, après des années de complications politiques et techniques. Le satellite Giove-B doit être propulsé par un lanceur Soyouz dans la nuit de samedi à dimanche du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, avec plus d'un an de retard en raison d'un problème technique qui avait été identifié sur un calculateur de bord. Ce cube de 500 kg construit par Astrium et Thales Alenia Space prendra le relais du premier satellite test Giove-A, lancé en décembre 2005 et qui arrivait en fin de vie.
Les deux Giove ne font pas partie de la constellation opérationnelle de 30 satellites qui fera fonctionner Galileo, mais servent à tester un certain nombre d'éléments techniques en vol. Le lancement du second satellite-test marque toutefois un pas « très important » pour le programme, qui doit rivaliser avec le système de localisation américain GPS à l'horizon 2013, selon Didier Faivre, chef du département navigation de l'Agence spatiale européenne (ESA). La mise en orbite de Giove-B, à une altitude de 23.200 kilomètres, permettra à l'Europe de conserver l'accès à une fréquence réservée pour Galileo auprès de l'Union internationale des télécommunications (UIT).
Surtout, il « emporte des éléments qui sont tout à fait nouveaux et qu'on n'a jamais testés en orbite », souligne Didier Faivre. Giove-B est ainsi doté d'une horloge à maser à hydrogène (radiation micro-ondes), « la plus précise qui ait jamais volé », avec une déperdition de moins d'une nano-seconde par jour. La précision est particulièrement importante pour un système de localisation, fondé sur le calcul du temps écoulé entre l'émission et la réception d'un signal. Galileo promet une précision de localisation au mètre près, contre parfois une dizaine de mètres pour l'actuel GPS. Le satellite emporte également un générateur de signal de nouvelle génération, qui est « fondamental » pour la démonstration de l'interopérabilité avec le GPS américain, ajoute Didier Faivre.

Opérationnel en 2013


L'Europe doit lancer les quatre premiers satellites opérationnels au premier semestre de 2010, pour la phase dite de développement et de validation en orbite (IOV). Leur construction a été financée et a déjà débuté. Le lancement des 26 satellites supplémentaires représentera presque une « phase de routine », selon Didier Faivre. C'est surtout par les longues négociations politiques sur son financement que l'avenir de Galileo a été menacé. Les pays européens ont finalement décidé de financer la suite du programme pour 3,4 milliards d'euros sur des fonds communautaires, après avoir abandonné l'idée d'un co-financement par les industriels. Le Parlement européen a donné mercredi un feu vert final au projet.
Désormais, l'objectif d'un système opérationnel en 2013 « est raisonnable » mais risque toutefois d'être compromis par « un montage industriel compliqué » adopté pour satisfaire tous les pays européens, juge Gérard Brachet, spécialiste de la politique spatiale. Les négociations devraient s'intensifier d'ici l'été pour l'attribution des futurs contrats, divisés en six lots: satellites, lanceurs, logiciels, relais au sol, centres de contrôle, gestion de l'ensemble. Chaque lot sera attribué à un chef de file industriel, obligé d'en sous-traiter 40%. Parallèlement, le système américain GPS et le russe GLONASS préparent des versions améliorées, tandis que les Chinois doivent se lancer dans la course.


source AFP
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Ben-Ami Kadish a été déféré, mardi, devant le tribunal fédéral de Manhattan, pour avoir transmis à Israël des informations relatives à des armements nucléaires, des avions de combat F-15 et des systèmes de missiles antimissile Patriot.


Ben-Ami Kadish a été déféré, mardi, devant le tribunal fédéral de Manhattan, pour avoir transmis à Israël des informations relatives à des armements nucléaires, des avions de combat F-15 et des systèmes de missiles antimissile Patriot.

 

Quinze jours avant la visite de George W. Bush en Israël, l'affaire jette un froid sur les relations bilatérales.

Une nouvelle affaire d'espionnage perturbe la relation privilégiée entre Israël et les États-Unis. Vingt-deux ans après l'arrestation de Jonathan Pollard, un espion américain travaillant au service de l'État hébreu a de nouveau été pris la main dans le sac par le contre-espionnage américain.

Âgé de 84 ans, Ben-Ami Kadish a été déféré, mardi, devant le tribunal fédéral de Manhattan, pour avoir transmis à Israël des informations relatives à des armements nucléaires, des avions de combat F-15 et des systèmes de missiles antimissile Patriot. Kadish est accusé d'avoir agi au service de l'État hébreu de 1979 à 1985. Il s'est fait pincer par le FBI à cause d'une conversation téléphonique passée il y a deux semaines à son ancien officier traitant, qui serait le même que celui de l'analyste de la marine américaine, Jonathan Pollard.

Condamné en 1986, Pollard, un citoyen américain, purge une peine de prison à perpétuité aux États-Unis pour espionnage au profit de l'État juif. Il a plaidé coupable de trahison et les présidents américains successifs lui ont refusé leur grâce. Son cas est l'une des principales pommes de discorde entre Israël, qui demande régulièrement sa libération, et Washington.

«Pas toute la vérité»

Tous les premiers ministres israéliens depuis le cas Pollard ont assuré que ce dernier avait agi seul. «Ce qui tracasse les Américains, c'est le sentiment qu'Israël ne leur a pas dit toute la vérité en 1985, lorsque l'affaire Pollard a éclaté  », confiait hier Danny Yatom, un ancien chef de l'espionnage israélien (Mossad) à la radio de l'ar­mée israélienne. «Les Américains avaient demandé s'il y avait d'autres gens ayant travaillé ou travaillant pour Israël aux États-Unis. À ma connaissance, la réponse qui leur a été faite a toujours été non», a-t-il ajouté.

À l'annonce de l'arrestation de Ben-Ami Kadish, le bureau du premier ministre, Ehoud Olmert, a affirmé tomber des nues. Olmert a ordonné une enquête. L'officier traitant, qui, au téléphone, a re­commandé à Kadish de mentir au FBI, affirme ne se souvenir de rien. Comme Pollard, Kadish aurait été recruté par le Lakam, le «Bureau des relations scientifiques», une officine israélienne aujourd'hui dissoute. Raphaël Eitan, ministre des Retraités et ancien chef du Lakam, dit n'avoir «aucune idée» de cette affaire. «C'est la première fois que j'en entends parler,» a-t-il affirmé.

L'affaire Pollard avait entamé la confiance dans la relation très étroite qui unit Israël aux États-Unis. Le nouveau cas d'espionnage est d'autant plus embarrassant pour le gouvernement Olmert que le président George W. Bush est attendu à la mi-mai pour célébrer le soixantième anniversaire de l'État hébreu.

Cependant, l'affaire ne devrait pas provoquer de nouvelle crise avec Washington. «Les Américains savent que, depuis que Pollard a été démasqué en 1985, Israël ne recrute plus d'agents et ne collecte plus de documents secrets aux États-Unis», assure Yuval Steinitz, ancien président de la commission des affaires étrangères et de la dé­fense de la Knesset.



Le Figaro

La constellation russe Glonass a accueilli trois nouveaux satellites le 25 décembre. Le système de navigation de l'ex-URSS devrait en compter vingt-quatre en orbite en 2009.

Selon l'AFP et les sites russes russianforces.org et www.russianspaceweb.com, le 25 décembre dernier, jour de Noël, la Russie a procédé au lancement de trois satellites de nouvelle génération pour son système de navigation Glonass, concurrent du GPS et de Galileo. Il s'agit du second lancement de ce type en 2007, puisqu'un premier trio de satellites avait été propulsé en orbite au mois d'octobre depuis le site de Baïkonour au Kazakhstan. Au total, la constellation est désormais composée de 18 satellites en orbite, mais il est prévu qu'elle en compte 24 à l'horizon 2009 si les lancements se poursuivent à ce rythme.

Pour l'instant, le réseau Glonass ne permet de couvrir que le territoire russe, mais à terme il est prévu pour fonctionner dans le monde entier. Il pourrait ainsi concurrencer le GPS américain ainsi que le système européen Galileo toujours en devenir, mais dont le financement a été finalisé récemment. Une fois la phase de déploiement terminée, ce dispositif sera contrôlé par l'armée, à l'instar du GPS américain, mais il devrait servir pour un usage essentiellement civil.

Un projet issu de l'ère soviétique

Le Glonass (Global Navigation Satellite System) est un projet qui date des années 80 et qui a vu le jour sous le régime de l'ex-Union soviétique.

En 1995, les 24 satellites étaient en orbite et le dispositif est partiellement opérationnel, mais il tombe rapidement en décrépitude étant donné la situation économique de la Russie suite à l'effondrement du bloc soviétique et au manque de crédit alloué à la recherche spatiale. En l'an 2000, seuls six satellites étaient encore en état de fonctionner.

Et fortement soutenu par Poutine

Mais depuis 2001, le développement du Glonass a été relancé et s'est considérablement accéléré ces deux dernières années sous l'impulsion de Vladimir Poutine. Selon l'AFP, le président russe désirerait équiper son labrador, Koni, d'une balise Glonass. « Quand pourrai-je avoir un équipement pour ma chienne Koni pour la retrouver si elle s'enfuit ? », a demandé lundi 24 décembre, le chef d'Etat à son premier vice-premier ministre, Sergueï Ivanov, qui présentait le plan de mise en orbite de trois nouveaux satellites du système Glonass.

« Les colliers pour chiens et chats seront disponibles dans les magasins dès juillet 2008 », lui a très sérieusement répondu S. Ivanov, cité par l'agence Itar-Tass. Au-delà de l'anecdote, cet échange témoigne du grand intérêt que porte l'homme fort de la Russie au système de navigation russe par satellite.

 

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Avec l'arrivée du Service Pack 3 pour Windows XP, Microsoft devrait revoir légèrement son système de protection pour contrer les copies pirates. Ainsi, pour placer un Windows XP Service Pack 3 tout frais sur une machine, il ne sera plus nécessaire d'entrer la clé produit lors de la phase d'installation. Cette clé sera toutefois réclamée plus tard, au travers du module WGA (Windows Genuine Advantage), par exemple lorsque l'utilisateur voudra utiliser Windows Update ou installer un logiciel Microsoft qui réclame une authentification WGA.

Comme pour Windows Vista et son activation en ligne, l'utilisateur aura 30 jours pour entrer une clé produit valide avec Windows XP SP3. Dans le cas contraire, le système se bloquera sur l'écran d'accueil jusqu'à ce qu'une clé valide soit entrée.

A noter que cette nouvelle méthode ne sera applicable qu'aux nouvelles installations de Windows XP (en utilisant un CD d'installation Windows XP SP3). Les utilisateurs qui mettront à jour une version de Windows XP, XP SP1 ou XP SP2 déjà installée, ne seront pas concernés par ce changement. Il y a toutefois de fortes chances pour que la plupart des clés pirates utilisées jusqu'à présent pour l'installation du Windows XP SP2 soient refusées. De même les systèmes déjà estampillés comme non valides par WGA refuseront certainement d'installer le SP3.

Pas de révolution donc, mais simplement une très petite évolution pour le système de Microsoft qui tente d'enrayer tant bien que mal le piratage. Rappelons pour terminer que la version finale du SP3 pour Windows XP devrait être disponible d'ici la fin du premier semestre 2008, peu de temps après la sortie du SP1 pour Windows Vista également attendu pour ce même premier semestre.


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Le rapport annuel du Pentagone atteste qu’il prépare des essais d’armes chimiques et biologiques à ciel ouvert en violation des Conventions internationales a révélé le professeur Francis A. Boyle, expert de référence en la matière. Le pire est à craindre, d’autant que par le passé l’Armée des États-Unis avait procédé à ce type d’expérimentation dans de grandes villes états-uniennes à l’insu de leur population.


Le Pentagone a nié que le président George W. Bush ait émis une directive lui permettant de reprendre les essais de guerre chimique et biologique (GCB) en plein air, essais qui avaient été interrompus par le président Richard Nixon en 1969. Pourtant, les préparatifs annoncés par le Pentagone semblent indiquer qu’il est prêt à le faire.

Le porte-parole Chris Isleib n’a pas répondu à une demande de commentaires sur un passage du rapport annuel du Département de la Défense adressé au Congrès en avril dernier, qui suggère que le Pentagone se prépare à reprendre les essais.

La reprise des essais en plein air mettrait un terme au moratoire adopté de longue date après le tollé suscité par une série d’accidents survenus dans les années 1960.

Le rapport annuel du Pentagone appelle apparemment à « des essais complets [de GCB] sur le terrain » pour ce qui touche à la mise au point et à l’exploitation de ces agents, et pas seulement de simulations.

Le rapport du Pentagone au Congrès contient le passage suivant : « Plus de 30 ans ont passé depuis l’interdiction aux États-Unis des tests en plein air d’agents chimiques vivants, et depuis que le dernier test de ce type a été réalisé, une grande partie de l’infrastructure nécessaire pour les essais sur le terrain, comme les détecteurs chimiques, n’existe plus ou est sérieusement périmée. Les augmentations actuellement prévues du budget de l’infrastructure "Essai et Évaluation" vont grandement améliorer aussi bien la mise au point que l’exploitation des essais sur le terrain, avec une meilleure représentation des menaces simulées et la définition de la réaction du système ».

« Soit l’armée a déjà repris les essais en plein air, soit elle se prépare à le faire », a déclaré Francis Boyle, professeur de droit international à l’université de l’Illinois et rédacteur de la loi de mise en application de la Convention sur les Armes Biologiques états-unienne, qui fut signée par le président George H. Bush Sr. Boyle a suivi de près les développements ultérieurs.

« Je suis stupéfait par la nature de ce développement », a dit Boyle. « C’est un revirement majeur de politique ». Le traité de 1972 contre les germes de guerre [la guerre biologique], que les États-Unis ont signé, interdit de mettre au point des armes qui sèment la maladie, comme l’anthrax [1], un agent pathogène considéré par l’armée comme « idéal » pour la conduite de la guerre biologique.

« Le Pentagone est tout à fait prêt à lancer la guerre biologique par le biais de l’anthrax » prévient Boyle. « Tous les équipements ont été acquis et toute la formation menée et la plupart des membres de forces armées US prêtes à combattre ont reçu des équipements de protection et des vaccins qui les protégeraient prétendument de cet agent. »

Les essais en plein air déplacent la recherche sur les agents létaux hors des laboratoires afin d’étudier leur efficacité, y compris leurs modes de dispersion aérienne, et pour juger de leur capacité à infecter et à tuer lors des essais sur le terrain. Depuis les attentats à l’anthrax contre le Congrès [2] en octobre 2001, l’administration Bush a financé une vaste augmentation de la recherche biologique pour des centaines de laboratoires universitaires et privés aux États-Unis et à l’étranger impliquant l’anthrax et d’autres agents pathogènes mortels.

Les attaques à l’anthrax ont tué cinq personnes, dont deux employés des services postaux, en ont blessé 17 autres et elles ont mis temporairement un terme aux activités du Congrès des États-Unis, de la Cour suprême et à celles d’autres entités fédérales.

Bien qu’une loi fédérale permette au président d’autoriser les essais en plein air d’agents de GCB, Boyle déclare que cela « ne résout pas le problème du respect [du droit international] car une telle autorisation violerait la Convention Internationale sur les Armes Chimiques (CIAC) et la Convention sur les Armes Biologiques (CAB) ainsi que les textes législatifs sur la mise en application de ces conventions au niveau national, et ces violations seraient [légalement] des crimes ».

Boyle va plus loin, en ajoutant que les États-Unis sont déjà « en violation » de ces deux conventions ainsi que du droit pénal fédéral relatif à leur mise en œuvre. En février 2003, par exemple, les États-Unis se sont eux-mêmes accordé un brevet pour des grenades illégales, de longue portée et utilisant des armes biologiques, manifestement à des fins offensives.

Boyle affirme que la mise au point de l’anthrax en vue d’une éventuelle offensive de buts est mise en évidence par les efforts du gouvernement « pour essayer de stocker massivement des vaccins contre la maladie du charbon et des antibiotiques, pour 25 millions d’États-uniens au moins, afin de protéger la population civile dans le cas où il y aurait un "retour de manivelle" à l’utilisation de l’anthrax dans le cadre d’une guerre biologique menée à l’étranger par le Pentagone ».

« En théorie », ajoute Boyle, « vous ne pouvez pas mener une guerre biologique à l’étranger, sauf si vous pouvez protéger votre population civile des représailles de même nature, ou d’un "retour de bâton", ou des deux ». Dans le cadre du projet BioShield, le Département à la Sécurité de la Patrie (Homeland Security) dépense 5,6 milliards de dollars US pour stocker des vaccins et des médicaments afin de lutter contre l’anthrax, la variole, et d’autres agents de bioterrorisme [3]. Le projet a été marqué par des retards et des problèmes opérationnels et le 12 décembre 2006, le Congrès a adopté une loi approuvant un budget d’un milliard de dollars US pour financer trois années de recherche supplémentaires par le secteur privé sur le BioShield.

Boyle dit que les preuves que les États-Unis disposent d’anthrax de qualité militaire ont été apportées en octobre 2001, par les attaques aux courriers piégés à l’anthrax contre les sénateurs démocrates Thomas Daschle et Patrick Leahy [4]. La souche hautement sophistiquée de la maladie du charbon utilisée semblerait provenir du centre de guerre biologique de Fort Detrick, dans le Maryland, c’est-à-dire de l’armée états-unienne. Ces attaques ont tué 5 personnes et affecté 17 autres. Les efforts actuels pour l’agrandissement de Fort Detrick ont par ailleurs suscité une forte opposition de la communauté locale, selon un article paru dans le Baltimore Sun.

« De toute évidence, une personne travaillant pour le gouvernement des États-Unis a constitué une réserve d’anthrax de qualité militaire qui peut être utilisée de nouveau au niveau national à des fins de terrorisme politique ou à l’étranger pour mener une guerre offensive », a déclaré Boyle.

Associated Press a indiqué que l’armée états-unienne est en train de remplacer son Institut militaire des maladies infectieuses situé à Fort Detrick « par un nouveau laboratoire qui serait composé d’un campus de biodéfense exploité par plusieurs agences ». L’armée a déclaré à AP que le laboratoire est destiné à poursuivre des recherches uniquement à des fins défensives contre les menaces biologiques.

Le fait que des scientifiques du gouvernement ont créé de nouvelles souches d’agents pathogènes pour lesquels il n’existe pas de remède connu contredit fortement l’argument selon lequel la recherche états-unienne est menée à des fins "défensives". Richard Novick, professeur de microbiologie à l’université de New York, a déclaré : « Je ne peux imaginer une justification plausible pour expliquer la modification génétique de l’anthrax comme une mesure défensive. » L’altération d’un agent pathogène (antigenicity) consiste à modifier sa structure de base afin que les vaccins existants s’avèrent inefficaces contre elle.

La guerre biologique implique l’utilisation d’organismes vivants à des fins militaires. Ces armes peuvent être d’origine virale, bactérienne ou fongique, parmi d’autres formes, et peuvent être disséminées sur une vaste étendue géographique par le biais du vent, de l’eau, des insectes, des animaux ou des humains, selon Jeremy Rifkin, auteur de The Biotech Century (Le siècle Biotech).

Boyle affirme que le gouvernement fédéral US a déversé d’énormes sommes d’argent pour la modernisation de Fort Detrick et d’autres installations de GBC où ces pathogènes sont étudiés, mis au point, testés et stockés. Selon certaines estimations, les États-Unis ont investi depuis 2002, quelque 43 milliards de dollars US dans des centaines de laboratoires universitaires, gouvernementaux ou du secteur privé aux États-Unis pour l’étude des agents pathogènes susceptibles d’être utilisés dans le cadre de la guerre biologique.

Selon Richard Ebright, biologiste moléculaire à l’université Rutgers, plus de 300 institutions scientifiques et 12 000 personnes ont accès à des agents pathogènes adaptés à la guerre biologique et au terrorisme. Ebright a constaté que le nombre de bourses accordées par l’Institut National de la Santé à la recherche sur des maladies infectieuses ayant un potentiel pour la guerre biologique est passé de 33 pour la période 1995-2000 à 497 en 2006. Ebright a déclaré que le gouvernement avait décuplé le nombre de laboratoires de niveau de biosécurité maximal, comme ceux qui se trouvent à Fort Detrick, et que cela avait augmenté le risque d’accidents et de détournement des organismes dangereux. « Si un employé dans une de ces installations emporte une seule particule virale ou une seule cellule, ce qui ne peut pas être détecté ou empêché, cette unique particule ou cellule peut constituer la base d’une épidémie. »

Pendant la Guerre froide, notamment dans les années 1950 et 1960, diverses agences gouvernementales se sont lancées dans des essais de GCB réalisés en plein air sur le sol états-unien et en mer sur les navires de la Marine US pour étudier les effets des armes pathogènes. Des villes états-uniennes, dont New York, Chicago et San Francisco, figuraient parmi les objectifs, et des maladies et même un certain nombre de décès ont été signalés par la suite.

Selon un article intitulé « Lethal Breeze » de Lee Davidson dans le Deseret News de Salt Lake City du 5 juin 1994 : « Au cours de décennies de tests secrets d’armes chimiques, l’armée a libéré dans l’atmosphère de l’État de l’Utah plus de 225 000 kilos de neurotoxiques mortels ». Parmi eux, ajoute-t-il, se trouvait l’agent VX, dont une seule goutte de la taille d’une tête d’épingle peut être fatale. Les essais ont été menés à Dugway Proving Ground, mais pour Davidson, il y a lieu de penser que « certains [des agents] ont pu être disséminés avec le vent ».

Des documents du Pentagone obtenus par le News énuméraient 1 635 essais ou utilisation sur le terrain des agents neurotoxiques VX, GA et GB entre 1951 et 1969, année « où l’armée a abandonné l’utilisation en plein air d’agents neurotoxiques actifs après que des fuites de gaz neurotoxique auraient apparemment tué 6 000 ovins à Skull Valley », écrit Davidson. L’épisode de Skull Valley a également affecté un éleveur et les membres de sa famille.

Boyle a précédemment accusé le Pentagone de « se préparer à combattre et à gagner » une guerre biologique « en application de deux directives de stratégie nationale promues par Bush et adoptées en 2002 » sans que le public en soit informé et puisse en débattre. » Il soutient que le programme de défense chimique et biologique du Pentagone a été modifié en 2003 pour mettre en œuvre ces directives, entérinant la possibilité d’une utilisation des armes chimiques et biologiques en « premier recours » dans une guerre.

 Ross Sherwood
Écrivain, consultant en relations publiques et directeur du service de presse Anti-War News Service. Il a été animateur d’une émission radio de débats publics à Washington ; il fut reporter pour le Chicago Daily News et travaillé comme chroniqueur pour plusieurs agences de presse.



Francis A. Boyle a rédigé la loi d’application qui fut adoptée à l’unanimité par le Congrès états-unien et qui est connue sous le nom de Biological Weapons Anti-Terrorism Act de 1989. Ses derniers ouvrages publiés sont Guerre biologique et terrorisme ; retour sur les attaques terroristes à l’anthax et Destroying World Order : U.S. Imperialism In the Middle East Before and After September 11th (Détruire l’Ordre Mondial : De l’impérialisme US au Moyen-Orient, avant et après le 11 Septembre) chez Clarity Press.


[1] Note de traduction : Dans cet article, nous avons conservé le terme anglophone anthrax qui désigne aussi bien le germe du Bacillus anthracis que la maladie infectieuse aiguë qu’il cause, et que l’on connaît en français sous le nom de charbon. Les médias français ont de fait repris ce terme anglophone, alors que l’anthrax, en français désigne spécifiquement une maladie généralement bénigne due au staphylocoque doré.

[2] Ndlr : Rappelons que ces attentats se produisirent en 2 phases : celle à laquelle l’auteur fait référence est la seconde. La première prit pour cible 5 médias importants : les 3 principaux networks (ABC News, CBS News, NBC News) et le New York Post, tous basés à New York, de même que le National Enquirer et le Sun, appartenant au groupe American Media, Inc. (AMI) situé en Floride. Elle survint dès le 18 septembre 2001.

[3] La bioterreur, ou guerre bactériologique, est l’utilisation en tant qu’arme des propriétés nocives de certains micro-organismes ou toxines. Elle est destinée à invalider ou tuer un adversaire. Proscrite par l’ONU parce qu’une attaque réussie pourrait vraisemblablement engendrer des milliers, voire des millions de morts et qu’elle pourrait détruire des sociétés et des marchés économiques, les analystes militaires estiment que la guerre biologique est peu efficace sur un terrain conventionnel, bien qu’elle puisse être une arme psychologique dans le cas du bioterrorisme.

[4] Deux parlementaires alors fervents opposants à l’USA PATRIOT Act, Ndlr.


Source

WASHINGTON (Reuters) - Le FBI lance un projet doté d'un milliard de dollars, visant à mettre au point la plus importante banque de données biométriques au monde, informatisée, afin de fournir au gouvernement américain de nouveaux moyens pour identifier des personnes, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, rapportait vendredi le Washington Post.

Le FBI, principale agence d'enquête pour le compte du département américain de la Justice, a d'ores et déjà entrepris d'accumuler des photos numériques de visages, d'empreintes digitales, de paumes, précise le Washington Post.

Le Pdg du deuxième opérateur mobile nippon KDDI, le 25 janvier 2007 à Tokyo
Le deuxième opérateur de télécommunications japonais, KDDI, a annoncé mardi avoir conçu une technologie capable de reconnaître automatiquement les vidéos de professionnels et d'amateurs sur les sites de partage, facilitant ainsi la protection des droits d'auteur.
KDDI a affirmé avoir mis au point un logiciel qui sait différencier les séquences filmées par des vrais vidéastes et celles émanant de citoyens lambda, avec un taux de réussite de 98%.
"Entre des vidéos de pros et d'amateurs, il existe des différences repérables de prise de vue, de réalisation, de qualité, de choix matériel, de son ou encore de montage qui se remarquent", a expliqué KDDI.
"A l'instar d'un humain, notre technologie sait repérer et analyser ces éléments pour déduire l'origine d'un contenu", a-t-il ajouté.
"Grâce à ce système, le tri entre les deux types de contenus peut être effectué automatiquement, ce qui permet d'éliminer ensuite rapidement des sites de partage comme YouTube des vidéos protégées, sans mobiliser un régiment de personnes", a détaillé KDDI.
Par ailleurs, contrairement à d'autres dispositifs de protection, avec la technologie de KDDI, "l'enregistrement préalable des ayant-droits et contenus dans une base de données de référence n'est pas nécessaire pour détecter les mises en ligne hors-la-loi".
Cette technologie peut, selon KDDI, être intégrée dans les serveurs des sites de partage de contenus et passer en revue les vidéos postées.
Les fournisseurs de plates-formes de vidéos comme YouTube (groupe Google) ou "Yahoo! Videocast" sont souvent accusées par les ayant-droits de ne pas agir assez promptement pour effacer de leurs sites des vidéos protégées postées par des internautes sans autorisation.

AFP

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