Andre Vingt-Trois lors d'une cérémonie de prêtres le 23 juin 2007 à Notre-Dame de Paris

Il y a actuellement 20.000 prêtres en France, dont 15.000 "diocésains" (exerçant dans une paroisse) et sur ce total 1.472 viennent de l'étranger, dont 998 sont diocésains, selon les chiffres de la Conférence des évêques de France.

Près de 800 sont Africains, un peu plus de 300 sont Européens (Polonais principalement); Ils sont "prêtés" par leurs diocèses d'origine pour quelques années et la plupart repartent ensuite chez eux à moins qu'ils aient un statut de réfugié.

Leur nombre a doublé en six ans parce que les diocèses font appel à eux pour compenser la fin d'activité ou la semi-retraite des prêtres français dont la moitié sont âgés de plus de 75 ans, relève une enquête du journal La Croix.

Même phénomène dans les séminaires où le nombre des étrangers est en augmentation.

Actuellement, sur 756 séminaristes, 15% sont étrangers, une partie d'entre eux seront ordonnés pour leur pays d'origine, les autres se préparent à exercer leur ministère en France. La formation au séminaire dure sept ans.

Le nombre de prêtres recule régulièrement et inexorablement, faute de vocations suffisantes. En 2000 ils étaient 25.300, dont 19.200 prêtres diocésains. Et la même année, il y avait 976 séminaristes, dont 165 en première année.

Cette désaffection pour la prêtrise s'explique, selon les intéressés, par l'isolement et surtout par la lourdeur de la fonction: chaque prêtre sert plusieurs églises, le nombre de paroisses étant tombé à 9.000 pour plus de 36.000 communes en France.

Les catholiques, et la population française en général, considèrent que le célibat est le principal obstacle aux vocations. Selon un sondage réalisé en 2009, 82% de l'ensemble de la population est favorable au mariage des prêtres et parmi les catholiques pratiquants, la proportion est de 73%.

Pour l'instant le Vatican n'est pas prêt à étudier la question du mariage des prêtres.

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, soutient aussi que le prêtre doit être célibataire: "la disponibilité définit un profil spirituel; un prêtre qui fait voeu de célibat dans la société se distingue, pose le signe transcendant qu'il y a quelque chose de plus grand, de plus déterminant que la relation homme-femme", écrit-il dans son livre d'entretiens "Une mission de liberté" (ed. Denoël).

L'épiscopat a lancé cette année une campagne de publicité en faveur des vocations, mais il est trop tôt pour en mesurer les effets.

Les jeunes prêtres, interrogés sur la naissance de leur vocation, parlent souvent d'une pratique religieuse familiale, du scoutisme ou d'une prise de conscience au moment d'événements collectifs, pèlerinages, Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ).

Logiquement, l'Eglise fait de plus en plus appel aux laïcs - les diacres permanents - pour assurer une partie des missions dans les paroisses: il y en a actuellement environ 2.300 contre seulement 11 en 1970.

Outre les 83 ordinations de prêtres diocésains, il y aura aussi 23 ordinations de prêtres religieux (exerçant dans des communautés), ce qui n'est pas assez, là non plus, pour compenser les départs.

 

AFP 24 juin 2010