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"Il a volé des clés, mais pas toutes les clés qui permettent d'avoir accès aux sujets. Les sujets du bac sous scellés, qui ne se trouvent pas dans mon bureau, n'ont jamais été en danger", a précisé la proviseure du lycée, Marie Lebras. "Ce ne sont pas des élèves qui sont sûrs d'avoir le bac. Ils ont pris un risque énorme et inutile puisqu'ils n'avaient aucune chance d'avoir accès aux sujets sans qu'on s'en rende compte", a-t-elle ajouté.
Les trois élèves ont été reconnus par la gardienne de l'établissement et ont été interpellés entre vendredi et mardi. Durant leur garde à vue, ils ont prétendu s'être introduits dans le bureau de la proviseure pour récupérer un document les concernant, qui pouvait être librement consulté.
Les lycéens ont été remis en liberté après avoir fait l'objet d'une convocation par un officier de police judiciaire. Ils pourront se présenter aux épreuves du baccalauréat, qui commencent jeudi par l'épreuve de philosophie. S'ils l'obtiennent, leur diplôme sera susceptible d'être invalidé. Les trois élèves pourraient également écoper d'une interdiction de se présenter à tout examen pendant cinq ans.
Le Monde

Des agents en tenue vont-ils bientôt faire leur apparition dans les établissements scolaires ? Xavier Darcos, le ministre de l'Éducation, a proposé, jeudi lors du congrès annuel de la deuxième fédération de parents d'élèves du public (PEEP), de créer «une force mobile d'agents qui pourront intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle».
Cette proposition sera «débattue» mercredi prochain lors d'une réunion sur la sécurité, avec des représentants des parents d'élèves et des représentants des Régions et des départements. Une réunion programmée après le dramatique incident dans un collège de la région de Toulouse, au cours duquel un jeune élève de 13 ans a poignardé son enseignante en pleine classe, le 15 mai dernier. Nicolas Sarkozy a depuis demandé au ministre de lui présenter «sans délai des propositions concrètes pour améliorer la sécurité des établissements scolaires».
Dans l'entourage de Xavier Darcos, on précise que les agents pourraient être des «personnes assermentées, formées, placées auprès du recteur, susceptibles de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, procéder éventuellement à des fouilles». Ils pourraient aussi mener des actions de prévention, sur la drogue ou la sécurité routière. Il ne s'agirait pas de policiers mais d'agents internes à l'Éducation nationale, sur le modèle des brigades de la Suge (surveillance générale) à la SNCF.
Les 2 200 agents de la Suge, particulièrement présents sur les lignes sensibles, sont aujourd'hui chargés de veiller à la sécurité des personnes et des biens. Leur rayon d'action se limite aux gares, aux trains et au domaine de la SNCF. Assermentés, ils sont autorisés au port d'arme et bénéficient d'une formation initiale de 24 semaines. Ils travaillent en collaboration étroite avec les forces de l'ordre.
Prônant un débat «sans tabou» sur la violence à l'école, Xavier Darcos a par ailleurs proposé jeudi d'autoriser les personnels administratifs à fouiller les élèves qui seraient soupçonnés de vouloir faire entrer des armes dans les établissements. Aujourd'hui, les agents de surveillance ou les chefs d'établissement peuvent demander à un élève d'ouvrir son cartable ou de vider le contenu de son sac s'ils le soupçonnent de transporter un objet suspect mais ils n'ont pas l'autorisation de le fouiller.
Ce droit concernerait les «chefs d'établissement et les conseillers principaux d'établissements mais certainement pas les enseignants», souligne-t-on au ministère. Pour prévenir les comportements à risque, le ministre propose aussi d'impliquer «plus étroitement» les parents. Il suggère notamment de rappeler les parents démissionnaires à leurs devoirs «en leur infligeant, si nécessaire, des sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées à la faute».
Ces propositions ne soulèvent pas l'enthousiasme des syndicats d'enseignants. L'Unsa-éducation estime que les autorisations de fouilles «pourraient introduire de la suspicion dans l'établissement». Le principal syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN) estime que «cette prérogative devrait être limitée à un nombre très restreint de personnes. Un établissement scolaire, ce n'est pas un centre commercial ou un aéroport. Il y a une question de confiance», selon Michel Richard, secrétaire général adjoint du SNPDEN.
Peu convaincu par une brigade de sécurité rapide car «elle n'interviendrait qu'après l'événement», le SNPDEN propose en revanche l'idée de créer un corps de fonctionnaires plus particulièrement en charge des sorties et entrées des établissements scolaires. «C'est un système qui fonctionne assez bien en Martinique et en Guadeloupe», assure-t-il.
Le Figaro
Alors qu'une dizaine d'établissements étaient toujours perturbés mercredi à des degrés divers, six présidents d'universités appellent à un moratoire sur le statut des enseignants-chercheurs, afin de "favoriser une réflexion réelle, et collective, sur cette question qui déborde amplement le milieu universitaire".
Des blocages subsistaient mercredi dans "une petite dizaine d'universités", a précisé à l'Associated Press le ministère de l'Enseignement supérieur, une information répétée par Valérie Pécresse lors des questions au gouvernement. Toulouse II, Paris IV étaient totalement bloquées, alors que des perturbations à Grenoble III, Paris X, Reims, Caen et Saint-Etienne. Dans cette ville, les CRS encerclaient l'Université Jean-Monnet, où se sont déroulés des affrontements entre étudiants, pour une intervention probable dans l'après-midi.
Selon la préfecture de la Loire, le président de l'Université Jean-Monnet, Khaled Bouabdallah, a demandé mercredi l'intervention de la police pour tenter de mettre fin à des échauffourées entre bloqueurs et anti-bloqueurs.
L'UNEF (Union nationale des étudiants de France) a recensé de son côté cinq universités connaissant des problèmes d'organisation des examens et trois "bloquées", à savoir Toulouse II, Caen et Saint-Etienne. D'autres sont "partiellement perturbées" comme Lyon II, Reims et Besançon. Les activités pédagogiques ont repris à Bordeaux III.
La ministre de l'Enseignement supérieur a martelé qu'il "n'y aura pas de diplôme national sans rattrapage des cours", promettant d'aider ces universités à mettre au point des plans de rattrapage.
En cette quinzième semaine de mobilisation contre la réforme de l'université, six présidents d'universités en appellent à Nicolas Sarkozy pour qu'il décide d'un moratoire sur la réforme des statuts des enseignants-chercheurs.
Dans une tribune paraissant dans "Le Monde" daté de jeudi, ils réclament du chef de l'Etat "des gestes d'apaisement vigoureux, radicaux et clairs" pour répondre au "sentiment général d'amertume, de colère, de rancoeur, voire de désespoir, qui aboutit à un mélange de consternation et de radicalisation avec le risque de comportements de plus en plus incontrôlables".
L'appel est signé par les présidents Pascal Binczak (Université Vincennes Saint-Denis/Paris VIII), Lise Dumasy (Université Stendhal/Grenoble III), Anne Fraïsse (Université Paul-Valéry/Montpellier III), Bernadette Madeuf (Université Paris-Ouest/Paris X), Georges Molinié (Université Paris-Sorbonne/Paris IV) et Philippe Rollet (Université Lille-I, sciences et technologies). AP
DRAGUIGNAN, Var (AFP) — Une centaine d'étudiants qui bloquaient depuis une semaine l'accès à l'université du Sud Toulon-Var ont été délogés sans heurts lundi matin par les forces de l'ordre, a-t-on appris auprès d'eux.
Le président de l'université, Laroussi Oueslati, avait réclamé au préfet du département l'intervention des forces de l'ordre. Le blocage des portes du campus avait été décidé mardi 5 mai lors d'une assemblée générale d'étudiants.
Des barricades formées avec des pneus, des palettes en bois et du gravier ont été dégagées. Les forces de l'ordre sont restées en place pour garder les entrées.
"Nous avons renoncé à mettre le feu aux barricades pour éviter les incidents avec les CRS", a déclaré l'un des porte-parole des étudiants grévistes, Alexandre Picazo.
Les étudiants qui depuis treize semaines manifestent pour obtenir le retrait de la loi LRU sur l'autonomie des universités et ses décrets afférents, ont décidé lundi de poursuivre leurs actions en perturbant les cours. Mardi, une assemblée générale devrait décider de la poursuite ou non du mouvement.
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