La maire socialiste de Rouen, Valérie Fourneyron, a célébré jeudi soir le parrainage civil de trois enfants
d'une famille de réfugiés kosovars sans titres de séjour et menacés d'expulsion, a constaté un correspondant de l'AFP.
Ce parrainage, destiné à appuyer une demande de régularisation, s'est déroulé à l'Hôtel de Ville avec l'appui des trois groupes de la majorité municipale (PS, PCF et Verts). "Je vous accueille
comme citoyens de la ville", a déclaré Valérie Fourneyron à l'adresse des enfants, après leur avoir lu des extraits de la loi sur le parrainage civil.
Selon les élus de Rouen, les membres de cette famille, dont les enfants sont âgés de 9, 11 et 12 ans, ont dû quitter le Kosovo où leurs vies étaient menacées. Ils se sont d'abord installés en
Hongrie avant de rejoindre la France en août 2009.
Depuis leur arrivée, ce couple et ses trois enfants sont hébergés dans un hôtel de Rouen qu'ils devront quitter fin juillet. Selon le collectif de Seine-Maritime du Réseau éducation sans
frontières (RESF), les enfants suivent leur scolarité "avec assiduité" et ont acquis "un niveau de français remarquable".
AFP
Parce que l'immigration permet de payer les salariés toujours moins. C'est ce que dit un rapport du très sérieux et très officiel Conseil d'analyse économique, intitulé «Immigration, qualifications et marché du travail». Les blogueurs du Vrai débat l'ont décrypté. Instructif.
On se souvient du président Pompidou avouant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les vannes de l’immigration en France à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d’une main d’oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d’une réserve quasi inépuisable à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs français souvent organisés.
Quarante ans plus tard, rien ne semble avoir changé. Au contraire, les appels à l’immigration viennent toujours du même côté, et toujours pour les mêmes raisons. Seule différence : les secteurs économiques concernés sont désormais plus nombreux, dépassant le cercle du BTP ou de la restauration pour atteindre des professions autrefois épargnées telles que les ingénieurs ou les informaticiens
Ainsi, les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n’ont eu de cesse depuis plusieurs décennies d’en appeler à toujours plus d’immigration. En 2008, le célèbre rapport Attali, commandé par Nicolas Sarkozy, dressait un tableau de plus de 300 mesures d’inspiration très libérale, parmi lesquelles une accélération de l’immigration. C’est d’ailleurs cette pente que suit le président de la République depuis son élection, à travers ce qu’il a nommé «l’immigration choisie» .
L’immigration souhaitée par le grand patronat pour faire pression à la baisse sur les salaires, voilà en résumé l’explication souvent avancée. Pour la première fois, un rapport « officiel », que nous avons décortiqué, confirme cette intuition.
Il date de 2009, et émane du Conseil d’Analyse Economique (CAE). Le CAE est un organe placé auprès du Premier ministre, peu réputé pour son caractère subversif dans la mesure où il regroupe tout le gratin des économistes français « officiels », ceux que les télévisions et les journaux acceptent de recevoir.
Vous allez le constater, la démonstration est sans appel.
Elle explique d’abord qu’en économie, la notion de « pénurie » de main d’oeuvre dans un secteur d’activité donné n’a pas de sens en période de chômage. C’est pourtant systématiquement ce facteur qui est mis en avant pour justifier le recours à l’immigration : le bâtiment peine à recruter tant de dizaines de milliers de travailleurs en France, il faut donc aller chercher la main d’œuvre ailleurs, entend-on souvent.
« Du point de vue de la science économique, la notion de pénurie n’est pas évidente » nous dit ce rapport, ajoutant que le « fait que certains natifs rejettent certains types d’emplois peut simplement signifier que les travailleurs ont de meilleures opportunités que d’occuper ces emplois, et donc que les salaires correspondants devraient augmenter pour qu’ils soient pourvus » (page 45).
Autrement dit, une pénurie de main d’oeuvre se forme lorsqu’un secteur n’offre pas les salaires jugés suffisants pour devenir attractif. Poursuivons le raisonnement, et alors on comprend qu’au lieu d’augmenter les salaires, le patronat a tout intérêt à créer une pénurie, qu’il comblera en allant chercher ailleurs une main d’oeuvre prête à accepter des salaires plus faibles.
C’est la conclusion à laquelle le rapport parvient sans ambiguïté : « Dans le cas du marché du travail, cela signifie qu’à la place de l’immigration des années soixante on aurait pu envisager une hausse du salaire des moins qualifiés » (page 46).
Le rapport du Conseil d’Analyse Economique recense également une série d’études françaises et étrangères qui ont tenté de chiffrer l’impact de l’immigration sur les salaires : « Atlonji et Card [deux économistes] trouvent qu’une hausse de la proportion d’immigrés d’un point de pourcentage réduit le salaire de 1,2% » (page 37)
« Hunt [une autre économiste] trouve qu’une hausse de la proportion de rapatriés d’un point de pourcentage a réduit le salaire d’environ 0,8% » (page 37).
Concernant les Etats-Unis, « Borjas [un économiste] conclut son étude en affirmant qu’entre 1980 et 2000, l’immigration aurait accueilli l’offre de travail d’environ 11%, ce qui aurait réduit le salaire des natifs d’environ 3,2%, et que cette réduction frappe la plupart des catégories d’expérience et d’éducation, mais de manière inégale » (page 38).
Voilà des éléments qui devraient éclairer le débat public sur l’immigration. Il est regrettable que dans notre pays une chape de plomb irrationnelle rende toute discussion sur ce sujet quasiment impossible, ce qui a le précieux avantage de permettre aux gouvernements de gauche comme de droite de continuer à mener la même politique favorable aux desiderata du grand patronat.
La ville de Los Angeles a décidé mercredi de boycotter l'Arizona pour ses lois discriminatoires envers les immigrants illégaux, en ne passant plus de contrats avec cet Etat.
Le conseil municipal a décidé à la quasi-unanimité cette mise à l'écart de l'Etat qui a passé depuis peu des lois sévères envers les travailleurs venus du sud. Certains membres de l'assemblée ont
rappelé lors d'un débat passionné que leurs parents étaient des immigrants.
Le maire Antonio Villaraigosa a indiqué qu'il parapherait la décision de boycott, qui aura a des incidences sur 52 millions de dollars de contrats publics. La ville doit notamment réaliser des
appels d'offres pour son port, son aéroport et pour ses transports, et elle prendra en compte cette donnée. La compagnie aérienne US Airways, dont le siège se trouve dans l'Etat incriminé, est
directement visée.
Les élus de L.A. éviteront de se rendre en Arizona, et d'être associés à des entreprises de cet Etat lors d'événements médiatisés. Toutefois, la ville ne devrait pas annuler plus de 7 à 8
millions de dollars de contrats, pour des raisons pratiques, a expliqué une conseillère municipale, Janice Hahn.
Plusieurs villes ont déjà pris des initiatives comparables, comme Oakland ou San Diego en Californie. San Francisco demande aussi à ses clubs sportifs de ne plus participer à des championnats ou
des tournois en Arizona.
AFP
Une tante du président américain, Barack Obama, qui avait immigré illégalement aux Etats-Unis en provenance du Kenya, a obtenu l'asile aux Etats-Unis ont annoncé lundi 17 mai ses avocats. Zeituni Onyango, demi-sœur du défunt père de Barack Obama, était sous le coup d'un ordre d'expulsion vers le Kenya remontant à 2004 et avait comparu en février devant un tribunal de Boston (Massachusetts) dans le cadre de cette procédure.
Cette décision de justice signifie que Mme Onyango pourra recevoir un permis de travail, un numéro de sécurité sociale et être candidate à un permis de conduire. Dans un an, elle pourra demander une "carte verte" de résidente permanente et dans cinq ans la nationalité américaine, selon son avocate. Devant le tribunal, Mme Onyango avait affirmé que rentrer dans son pays lui ferait courir le risque d'être la victime de "violences tribales".
Interrogé lors de son point de presse quotidien, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a indiqué lundi que la position de la présidence dans cette affaire avait toujours été de laisser la justice suivre son cours. "Nous n'avons joué aucun rôle là-dedans", a-t-il ajouté. En novembre, M. Obama avait affirmé lors d'un entretien télévisé que si sa tante était aux Etats-Unis "en violation de la législation, les lois doivent être respectées".
M. Obama, né d'un père kényan et d'une mère américaine blanche du Kansas, avait indiqué par le passé qu'il n'avait jamais su que sa tante se trouvait en situation irrégulière aux Etats-Unis. Selon la Maison Blanche, il n'a été informé de sa situation qu'au début du mois de novembre 2008, quelques jours avant son élection à la présidence.
LEMONDE.FR avec AFP
Ils protestent depuis plusieurs mois contre cette pénible situation en occupant leurs lieux de travail : chantiers de BTP, restaurants (dont des bonnes tables à Paris), entreprises d'intérim (certains travaillent pour la RATP), de nettoyage...
Hier, plusieurs centaines d'entre eux ont manifesté devant le ministère de l'Immigration. À l'heure où s'engageaient des négociations sur les critères définissant leurs droits à un travail légal. Ou plutôt, dans le jargon ministériel, « une réunion technique visant à faire un point précis de la situation ». Pour les manifestants, le point était facile à faire, comme ils l'ont scandé : « On bosse ici, on vit ici, on reste ici »...
Ce mouvement est soutenu depuis le début par un collectif qui regroupe onze associations et syndicats (CGT, CFDT, Sud, Unsa, Ligue des droits de l'homme...).
Raymond Chauveau de la CGT, a rappelé que certaines organisations patronales avaient reconnu « la réalité économique de l'emploi d'étrangers sans titre de séjour valable ». Et qu'elles plaidaient elles aussi pour obtenir « des critères clairs et des objectifs de régularisation ». Le collectif estime que « le gouvernement doit comprendre qu'il ne s'agit pas d'un problème de flux migratoires, mais de droits de salariés vivant et travaillant en France ». La délégation reçue au ministère a remis une pétition de 60 000 signatures demandant la régularisation de ces travailleurs.
« C'est positif », a conclu la CGT à l'issue de la réunion, parlant de « discussion sérieuse ». Une nouvelle rencontre est prévue le 20 mai.
http://www.ouest-france.fr
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