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Droit Penal - Civil - du travail - International

Une relaxe et neuf condamnations. Hier, le tribunal par la voix de son président Fernand Schir a prononcé à l'encontre des prévenus impliqués dans un trafic d'héroïne des peines allant du sursis à quatre années d'emprisonnement. Fahd Chlyah, présenté comme le fournisseur, a été relaxé au motif que les « charges lors de l'instruction, notamment les communications interceptées, se révèlent imprécises et insuffisantes ».

Le démantèlement de ce réseau « à double étage » avait débuté en janvier 2009 à la gare de la Part-Dieu lorsqu'Ali Chlyah, un Vaudais de 33 ans, était interpellé en possession d'une bonbonne contenant deux sachets (l'un d'héroïne et l'autre de produit de coupage), dissimulée entre ses fesses. Toxicomane, il effectuait des voyages au Pays-Bas pour s'approvisionner en stupéfiants (50 gr à chaque fois) et en revendait au passage. De fil en aiguille, six autres personnes étaient identifiées comme appartenant à cette filière vaudaise. A l'instar d'Azies Aroudj, qui secondait Ali Chliyah dans cette activité de revente de produits stupéfiants. Avec pour objectif de financer leur consommation personnelle. Tous deux ont été condamnés à quatre ans de prison.

Leurs clients qui revendaient à leur tour de la drogue, les rabatteurs, ceux qui pratiquaient le « troc », soit cinq autres prévenus, écopent des peines allant de quatre ans de prison dont la moitié assortie de sursis à 36 mois (dont 30 avec sursis).

Parallèlement à cette première filière, une autre est apparue. Le lien familial jouant le trait d'union entre les deux, à la différence que cette dernière avait des visées lucratives. Zahir Aroudj, qui avait reconnu lors du procès en janvier dernier son implication dans la vente de stupéfiants à Bourg-en-Bresse (2 kg), a été condamné à quatre ans d'emprisonnement et une amende de 15 000 euros. Adel Aroudj, ayant eu un rôle ponctuel dans ce trafic a écopé de 12 mois prison avec sursis. Quant à Fahd Chlyah, la relaxe à été prononcée.

 

Le Progrès

Cinq gardes à vue ont été annulées par le tribunal correctionnel de Paris, fin janvier, parce qu'elles ne respectaient pas les normes européennes en matière de respect des droits de la défense, révèle ce samedi France Info. Dans les attendus de son jugements, dont France Info publie plusieurs extraits, le tribunal a constaté que l'aide que l'avocat peut apporter à un client placé en garde à vue est insuffisante, au regard de la norme en Europe.


Dans deux arrêts datant de 2008 et de 2009, la Cour européenne des droits de l'homme avait notamment estimé que l'avocat doit pouvoir participer à la recherche des preuves favorables à leur client, mais aussi qu'ils devaient pouvoir participer à la préparation des interrogatoire, ce qui n'est pas le cas en France.

En octobre dernier, la juridiction européenne avait estimé dans un arrêt que "la discussion de l'affaire, l'organisation de la défense, la recherche des preuves favorables à l'accusé, la préparation des interrogatoires, le soutien de l'accusé en détresse et le contrôle des conditions de détention sont des éléments fondamentaux de la défense que l'avocat doit librement exercer". En novembre 2008, la Cour européenne avait déjà estimé qu'il est "porté une atteinte irrémédiable aux droits de la défense lorsque des déclarations incriminantes faites lors d'un interrogatoire de police subi sans assistance possible d'un avocat sont utilisées pour fonder une condamnation".


Plusieurs gardes à vue ont été annulées ces dernières semaines. Le tribunal de Bobigny avait annulé (toujours ce tribunal...), début décembre, la garde à vue d'une personne soupçonnée d'immigration clandestine au motif que son avocat n'avait pas été présent dès le début de la procédure. De même, la Cour d'appel de Nancy a refusé de tenir compte de procès-verbaux de garde à vue, dans le cadre d'une affaire de stupéfiants, parce que les prévenus n'avaient pas pu voir d'avocats. Le parquet de Nancy a annoncé qu'il se pourvoirait en cassation dans cette affaire.

En décembre dernier, dans une tribune au "Monde", plusieurs hauts magistrats de la Cour de cassation estimaient que l'augmentation actuelle du nombre de gardes à vue et les conditions dans lesquelles elles s'opèrent créent une situation qui "ne répond pas aux exigences des articles 5 et 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme" et qu'il serait nécessaire de "modifier (...) l'objet de la garde à vue et [d'instaurer] un véritable habeas corpus".

 

LEMONDE.FR

Charles Millon, 64 ans, ancien ministre de la Défense et ex-président de la région Rhône-Alpes, a comparu vendredi devant le tribunal de grande instance de Lyon pour "prise illégale d'intérêt", a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Photo prise le 20 septembre 2008 à Izernore de Charles Millon, ancien ministre de la Défense

Le 19 juin 2009, M. Millon avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel par une décision de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Lyon pour avoir embauché du personnel de maison dans son logement de fonctions alors qu'il était président de la région, de 1989 à 1998.

M. Millon s'est présenté à 10H00 à l'audience, mais celle-ci a été suspendue jusqu'en début d'après-midi, ses défenseurs ayant cité deux témoins, anciens hauts fonctionnaires du Conseil régional de Rhône-Alpes, le tribunal et les parties civiles s'accordant un peu de temps pour examiner ces citations.

En 2005, le tribunal administratif de Lyon avait validé l'obligation faite à l'ancien président de rembourser plus de 326.000 euros payés par la région Rhône-Alpes pour le logement de fonction et du personnel de maison.

Multipliant les recours, l'ancien ministre de la Défense jugeait la somme fixée par le Conseil régional trop élevée et soutenait qu'il avait utilisé son logement de fonction pour des réceptions officielles. Il faisait valoir qu'il avait ainsi fait économiser le coût d'une voiture avec chauffeur pour se rendre de son domicile à la région.

En 2004, la cour administrative d'appel avait donné raison à la région, estimant dans ses attendus que "la mise à disposition permanente de personnel de service au domicile privé du président de région, et dans son seul intérêt, ne présentait pas un intérêt régional".

En 2005, le tribunal administratif avait rejeté l'argument des réceptions officielles, estimant que "l'existence de ces réunions n'était pas établie".

M. Millon avait été contraint de quitter la présidence de la région Rhône-Alpes après avoir été réélu en 1998 dans des conditions controversées avec le soutien des élus régionaux du Front national.

 

AFP

Un habitant de Fayence (Var) a été condamné jeudi à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Draguignan pour avoir en mai 2007 déclenché une crise cardiaque mortelle chez un vacancier demeurant au Danemark qu'il avait effrayé. L'épouse de la victime, âgée de 69 ans, avait mis en garde Sami Abed, un maçon âgé de 26 ans, des risques qu'il faisait courir à son mari cardiaque en lui faisant peur. De nuit, le couple rentrait à pied à son domicile de vacances lorsque Sami Abed, éméché, les avait suivis et s'était mis à gesticuler au milieu de la route. Selon le procureur Nicolas Kerfridin, ce "comportement volontairement agressif" a été fatal au vacancier, même "en l'absence de contact physique". Il a requis douze mois de prison dont dix avec sursis. En dépit des massages cardiaques prodigués par son épouse, la victime qui avait déjà subi trois pontages coronariens n'avait pas pu être ramenée à la vie.

AFP

L'Afp est d'habitude moins loquace quand il s'agit de divulguer les noms des délinquants et criminels extra-européens.


Un aide cuisinier de Fréjus (Var), coupable d'avoir diffusé sur internet des chansons à connotation nazie et raciste qui contestent l'existence de crimes contre l'humanité, a été condamné lundi à 3 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Draguignan (Var).

 

Un gendarme de la Division de lutte contre la cybercriminalité du département de surveillance internet contrôle un site le 5 novembre 2007, à Rosny-sous-Bois

Une amende de 600 euros a également été prononcée contre l'internaute, X , 20 ans, qui a expliqué avoir mis en ligne ces chansons pour "diffuser certaines opinions politiques". Le tribunal a également rejeté les exceptions de nullité et de prescription plaidé par la défense.

X  a reconnu "le caractère négationniste" d'une des chansons mais a affirmé "ne pas avoir d'avis sur le négationnisme".

Aux policiers qui l'avaient interrogé et placé en garde à vue, il avait notamment déclaré être "sceptique sur l'existence des camps de concentration".

Le procureur Douglas Berthe, qui a requis 6 mois de prison ferme et 5.000 euros d'amende, a condamné "l'offense faites à la mémoire et aux familles des victimes". Il a dénoncé "ce comportement inadmissible, irresponsable", l'absence d'empathie vis-à-vis de la souffrance des autres qui créé "une cécité mentale". "Ces diffusions préparent le terreau à d'autres formes de violence" a-t-il conclu.

La défense a pour sa part souligné les "faiblesses intellectuelles" de son client et le fait qu'il "s'attache à des idées sans savoir ce qu'elles couvrent".

Aujourd'hui l'hébergeur et le fournisseur d'accès ont fermé le blog musical d'X .

 

AFP

Le maire de Gonneville-sur-Mer, dans le Calvados, persiste et signe. Il retirera le portrait de Pétain qui est accroché dans la salle des mariages de sa mairie seulement si la justice le lui demande. Le préfet de Basse-Normandie, Christian Leyrit, a donc annoncé mardi qu'il allait saisir "dans les prochains jours" le tribunal administratif de Caen "aux fins d'annulation" de la décision du maire de maintenir un portrait du maréchal Pétain dans sa mairie.

Le 21 janvier dernier, le préfet avait déjà demandé "fermement" au maire de Gonneville-sur-Mer de "procéder au retrait immédiat du portrait de Philippe Pétain". Ajoutant : "Ce portrait ne saurait (...) figurer aux côtés des portraits officiels affichés dans une mairie, lieu hautement symbolique de la République." Dans son courrier au maire de Gonneville, le préfet rappelait : "Philippe Pétain, fondateur et chef du régime de Vichy, n'a jamais été président de la République."

"Pétain n'a jamais été président de la République" (préfet)

"Par ailleurs, poursuivait-il, l'ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine a expressément constaté la nullité non seulement de tous les actes de l'autorité de fait se disant gouvernement de l'État français, dont fait partie l'acte d'autoproclamation du 11 juillet 1940, mais également de tous les actes postérieurs au 16 juin 1940 jusqu'au rétablissement du gouvernement provisoire de la République française." Rappelant que le régime de Vichy "a permis ou facilité la déportation à partir de la France de personnes victimes de persécutions antisémites", le préfet soulignait aussi "le principe de neutralité des services publics".

Dans un communiqué publié une semaine plus tard, Bernard Hoyé, maire de la ville - sans étiquette - lui a répondu qu'il ne retirerait ce portrait présent depuis des décennies dans la salle des mariages que si une procédure judiciaire était enclenchée, le temps que cette procédure soit menée à son terme. Interrogé début janvier par l'AFP, Bernard Hoyé a alors expliqué qu'il refusait d'ôter le portrait litigieux, soulignant que celui-ci était présent depuis "des décennies", que lui-même n'était pas "historien" et n'avait pas à "prendre parti". Deux des quatorze conseillers municipaux, le premier adjoint Jean-Claude Bosquain et Jean-Paul Poulain, se sont par ailleurs prononcés publiquement pour le retrait du portrait.


Le Point.fr

Onze personnes, dont huit mineurs de 12 à 17 ans, ont été déférées au parquet de Paris pour leur rôle présumé dans 73 vols sur des personnes devant des distributeurs automatiques de billets (DAB) à Paris entre décembre 2008 et octobre 2009. Le préjudice total est estimé à environ 20 000 euros. Les membres de la bande sont originaires d'une même ville en Roumanie. Les mineurs ramenaient le butin dans un camp situé aux portes de Paris où ils étaient basés et remettaient l'argent à des adultes, dont certains sont leurs propres parents poursuivis dans cette procédure.

 

Le Progrès

Si les cambriolages sont en recrudescence actuellement, les interpellations suivent la même courbe. Vendredi, pas moins de trois affaires étaient renvoyées devant la 14e chambre correctionnelle, qui traite les comparutions immédiates.

La première, un vol de métaux, relève du grand classique. C'était le soir du 27 janvier, dans une société située à Toussieu, dans l'est lyonnais. Deux individus, dont un mineur, sont interpellés à l'intérieur des locaux, alors qu'ils s'apprêtaient à charger de l'inox et de l'aluminium. Un peu plus tard, un troisième larron est interpellé dans les parages, au volant d'un véhicule signalé par un témoin. Âgés de 38 et 54 ans, ces deux ressortissants d'ex-Yougoslavie, en France depuis un mois et dans l'attente d'une demande d'asile politique, voulaient se faire un peu d'argent. Selon eux, tout avait été manigancé par un Roumain, qui lui s'est évanoui dans la nature, rencontré à la Guillotière. Ils multiplient les excuses et les regrets. Si l'un des deux a été relaxé en raison d'un vice de procédure lors de la garde à vue, le second a écopé d'une peine de six mois avec sursis.

Toujours dans la nuit du 27 au 28 janvier, du côté de Saint-Symphorien d'Ozon. Jonathan D. reçoit la visite d'un cousin venu de Rodez. Ils ne se sont pas vus depuis des années et fêtent curieusement ces retrouvailles par un cambriolage, dans la nuit, pendant que les propriétaires dorment. Ils embarquent d'abord un ordinateur, puis reviennent pour s'emparer d'une Jaguar dont ils avaient subtilisé les clés. C'est là qu'ils se font pincer par les gendarmes. À la barre, aucun des deux n'arrive à donner de réelle explication, si ce n'est les effets de l'alcool. Le premier, qui a un casier chargé, a écopé de 18 mois dont 12 avec sursis et mise à l'épreuve. Le cousin aveyronnais, inconnu de la justice, a pour sa part été condamné à 6 mois avec sursis.

Brahim B. 29 ans, est tout le contraire des deux clients précédents. Très bavard. Le 18 décembre dernier, à Vénissieux, il a cambriolé une maison et s'est retrouvé nez à nez avec la propriétaire qui a eu la peur de sa vie. L'enquête a révélé trois autres cambriolages commis cette fois dans des sociétés. 13 fois condamné, en proie à des problèmes psychiatriques, le prévenu clame que ses actes sont des appels à l'aide qui restent sans réponse. «On ne choisit pas d'être malade mais on bascule délibérément dans la délinquance» a répliqué le procureur M. Reynaud. Un rapport psychiatrique avait conclu à l'abolition du discernement, mais le tribunal a estimé que le prévenu était finalement assez lucide. Il a écopé de 12 mois de prison, dont 8 avec sursis, la partie ferme ayant été assortie du mandat de dépôt.

 

Le Progrès

BORDEAUX — Un Français de 34 ans, connu dans le milieu du poker sous le pseudonyme de "Cyril the Frenchman", fait l'objet d'un mandat d'arrêt international dans le cadre d'une enquête sur une vaste escroquerie aux encarts publicitaires, a-t-on appris samedi de source judiciaire à Bordeaux.

Cyril Mouly est soupçonné d'avoir, à travers une société qu'il avait créée, IT Dealing, réussi à soutirer un montant de l'ordre de 12 millions d'euros à "des dizaines" de victimes, principalement des entreprises et des artisans, a indiqué le parquet de la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux, confirmant en partie des informations du Parisien Aujourd'hui en France et de Sud Ouest.

Dans cette affaire, 11 personnes ont été mises en examen pour escroquerie et blanchiment en bande organisée et l'une d'entre elles est toujours incarcérée, selon le parquet de la Jirs de Bordeaux, en charge de l'enquête qui a débuté en 2008.

Cyril Mouly, qui serait actuellement en Israël, selon les dernières informations en possession du parquet, est soupçonné par la justice française d'être "l'organisateur" d'une vaste escroquerie.

Il aurait obtenu des versements financiers de ses victimes sur la base d'engagements contractuels frauduleux portant notamment sur des promesses de publications d'encarts publicitaires dans des annuaires administratifs.

SNR Roulements, une société basée à Annecy (Haute-Savoie), aurait ainsi été escroquée pour "près de 6,5 millions d'euros", selon Le Parisien.

De grosses sommes d'argent en liquide ont par ailleurs été récemment découvertes au domicile de la compagne du suspect principal, a-t-on précisé de source judiciaire.

L'homme s'est fait connaître dans le milieu du poker sous le pseudonyme de "Cyril the Frenchman" et était un habitué des casinos où il aurait misé ces dernières années de très importantes sommes d'argent, selon la même source.

 

AFP

Mohamed Hadfi, 33 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi à vingt ans de prison par la cour d’assises d’appel du Vaucluse pour avoir, le 2 juillet 2003, arraché les yeux de sa femme, qui voulait le quitter.
« Soyez impitoyables ! » avait demandé Yves Micolet, l’avocat général. Quelques instants plus tôt, pour tenter de conserver la peine de trente ans de réclusion criminelle prononcée en première instance par la cour d’assises du Gard à l’encontre de Mohamed Hadfi, jugé pour avoir, le 2 juillet 2003, arraché les yeux de sa femme qui voulait le quitter, le magistrat était même allé jusqu’à faire appel à « la haine » et « la cruauté » des jurés. De son côté, Me Isabelle Mimran, qui défend Samira, l’avait assuré : « Ce qu’a fait Mohamed Hadfi est pire que la mort. » Les jurés ne les ont pas entendus : dans la nuit de mercredi à jeudi, ils ont condamné Hadfi à vingt ans de réclusion criminelle. Dix de moins par rapport à ce qu’avait requis M. Micolet.

D’improbables calculs

Un peu plus tôt, Me Stéphane Simonin, l’un des avocats d’Hadfi, appliqué et méthodique, s’était lancé dans l’arène où il avait ressassé ce qu’il appelle la « litanie des adjectifs ». Des adjectifs qui, « à force d’être répétés à tort et à travers, ont été vidés de leur sens ». Aux jurés, l’avocat avait demandé de ne surtout pas rester englués dans « l’image et la sémantique de cet acte ». Puis il avait évoqué la condamnation récente à vingt-cinq ans de prison infligée à un jeune homme de 21 ans reconnu coupable d’avoir arraché les yeux d’un prêtre avant de le tuer. Dans leurs têtes, les jurés se sont doute mis à faire d’improbables calculs… Me Simonin a très vite enchaîné : oui, cette femme a vécu et vit un enfer. Oui, elle ne verra jamais le visage de son nouveau mari et de leurs deux enfants. Oui, elle ne peut plus travailler. Oui, elle vit des douleurs quotidiennes atroces. « Mais cette peine de trente ans est-elle la bonne ? » Par la suite, il s’appliquera à démonter le dossier – et notamment les premières lignes de l’ordonnance de mise en accusation – arguant que l’affaire a été instruite par des « apprentis ethnologues et sociologues ». « Il ne vous faut pas juger le crime en lui-même, mais l’homme qui l’a commis. »

« Il faut vivre »

Pour la dernière fois, la présidente de la cour, Catherine Gay-Julien, donne la parole à l’accusé. Mohamed Hadfi se hisse à la hauteur du micro, il est épuisé, totalement vidé. « Je demande pardon », répétera-t-il à quatre reprises avant d’exploser en sanglots et de s’effondrer au sol. Après plus de quatre heures de délibéré, Mohamed Hadfi a donc été jugé coupable des faits. A l’extérieur de la salle d’audience, alors qu’une dizaine de policiers avaient été mobilisés en cas de débordements entre les deux familles, tous les protagonistes ont accueilli la sentence dans un calme relatif. Samira, forcément déçue, ne se pourvoira pas en cassation. L’avocat général, en l’embrassant, lui glisse : « Si vous voulez le punir, il faut vivre Samira. »

France Soir

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