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Montage photos publié le 20 octobre 2008 par le Programme Yéti d'une emreinte humaine (d) et de ce qui est présenté comme une empreinte du yéti

Une équipe d'aventuriers japonais a affirmé lundi avoir découvert des empreintes de pas attribuées au mythique yéti qui rôderait dans les montagnes de l'Himalaya entre le Népal et le Tibet.

"Les empreintes mesuraient environ 20 centimètres de long et ressemblaient à celles d'un être humain", a déclaré à l'AFP à Katmandou Yoshiteru Takahashi, chef du Programme Yéti du Japon.

M. Takahashi était de retour avec ses sept comparses de leur troisième mission longue de 42 jours sur le Dhaulagiri IV (7.661 mètres d'altitude) à la recherche de la légendaire créature. Ils n'ont cependant pas réussi à filmer le yéti, ce qui était normalement leur objectif.

"Nous nous rendons dans l'Himalaya depuis des années et nous sommes capables de reconnaître des empreintes d'ours, de daim, de loup ou de léopard des neiges et ce que nous avons vu n'était rien de toute cela", a assuré le Japonais.

Cette bête, mi-homme, mi-singe, excite depuis des décennies l'imaginaire d'aventuriers étrangers, surtout occidentaux: en décembre dernier une équipe de télévision américaine était aussi redescendue des pentes de l'Everest, entre le Népal et le Tibet, en annonçant avoir trouvé des traces de pas du yéti.

"Nous restons convaincus qu'il existe. Grâce aux empreintes et aux histoires que les habitants nous racontent, nous sommes sûrs que ce n'est pas de l'imagination", a insisté M. Takahashi.

L'alpiniste Reinhold Messner, qui a gravi à de nombreuses reprises des sommets de l'Himalaya et a cru en 1986 avoir aperçu la bête, a conclu en 1998 dans son livre "Ma quête du yéti" que l'animal n'existait que dans l'imagination des gens qui le confondent avec l'ours brun de l'Himalaya.

AFP


Dans le Wiltshire, un "cercle de culture" inexpliqué est venu s'ajouter à d'autres. Des scientifiques qui ont étudié cette figure y ont trouvé la représentation graphique de pi…

Le crop circle du Wiltshire est apparu dans un champ d'orge en juin dernier
Photo © Lucy Pringle
Si les extraterrestres sont réellement les auteurs des "cercles" qui apparaissent l'été dans les champs de blé de l'Angleterre, ils connaissent le nombre pi (3,1415926…), l'un des nombres extraordinaires des mathématiques, qui représente le rapport constant entre la circonférence d'un cercle et son diamètre. Le dessin retrouvé au début du mois de juin dans un champ d'orge à Barbury Castle ressemblait aux nombreuses figures qui peuplent les champs anglais à cette période de l'année ; il a été photographié d'en haut par Lucy Pringle, la chercheuse qui, depuis plus de dix ans, survole inlassablement la campagne à la recherche de crop circles, ou cercles de culture [des agroglyphes, en français]. La figure de plus de 45 mètres de diamètre découverte sur une colline du Wiltshire est visible en ligne sur le site de la chercheuse () aux côtés d'autres images apparues ce mois-ci. Ce cercle n'est même pas l'un des plus beaux : une ligne en spirale qui converge vers le centre, interrompue par endroits par d'inexplicables crans, convergeant également vers le centre. Pourtant, ce dessin d'apparence banale cache une structure extrêmement complexe, qu'a décryptée un astrophysicien à la retraite, Mike Reed. Si on complète la figure en traçant les rayons du cercle correspondant aux différents crans, le message secret se révèle au grand jour : il s'agit du nombre 3,141592654, très exactement des neuf premiers chiffres du nombre pi, suivis d'un 4 au lieu d'un 3 [4 étant la valeur arrondie normale qui doit apparaître après le 5 si on décide de ne donner que les neuf premières décimales].

D'après le professeur Reed, le tout petit cercle, à droite du centre de la figure, représente la virgule du nombre pi ; pour un chercheur versé en mathématiques tel que lui, le reste du problème a été relativement facile. Nous nous souvenons tous des leçons apprises sur les bancs de l'école : le nombre pi permet de calculer l'aire d'un cercle. Mais, parmi tous les nombres, il appartient à une catégorie qui semble venir d'un autre monde. Il est membre de la famille des nombres irrationnels : il ne peut être écrit comme le quotient de deux nombres entiers. En outre, il est transcendant et non algébrique ; il est donc impossible de l'exprimer en employant un nombre fini d'entiers. C'est certes un peu compliqué à formuler, mais le nombre pi nous explique en substance pourquoi la quadrature du cercle est impossible, pourquoi, en effet, on ne peut réaliser avec une règle et un compas un carré de la même aire qu'un cercle donné.

Le Wiltshire est une région obnubilée par les cercles depuis l'époque du célèbre monument mégalithique de Stonehenge. Plusieurs cercles ont été découverts dans cette contrée : en 1991, le dessin d'une fractale de Benoît Mandelbrot (dans un autre champ de blé) ; en 1996, le Julia Set, et, en 1997, les cercles de Koch. Toutes ces figures sont bien connues des physiciens et des mathématiciens, qui s'extasient devant leur passionnante complexité. Non loin de là, à Milk Hill, la mère de tous les crop circles (ou cercles de culture) a été découverte en 2001 : une superbe figure en spirale, d'une harmonie sans égale, composée de 400 cercles de différentes dimensions, s'étendant sur 90 000 mètres carrés.

Ces figures ont toutes été patiemment classées par Lucy Pringle : ces dernières années, la chercheuse a rassemblé (et mis à la disposition de tous) une base de données extraordinaire – mais plutôt inquiétante – de ce phénomène mystérieux : les scientifiques ont de plus en plus de mal, en effet, à l'attribuer (pour nous rassurer) à quelques farceurs qui couperaient le blé, la nuit, avec une faucheuse. De tels farceurs existent sans nul doute, et certains ont même avoué leurs méfaits. De nombreux chercheurs se sont penchés sur la question, et en ont conclu que ces individus ne sont pas les auteurs des dessins les plus complexes. Si l'on observe les figures de près, sur le terrain, un certain nombre d'éléments demeurent inexpliqués : les épis de blé (ou d'orge) ne sont pas coupés, mais pliés en forme de spirale, comme écrasés par un tourbillon. Les tiges présentent des malformations tout à fait étranges ; dans le champ, l'air est souvent ionisé. Enfin, sur le sol, on a retrouvé des microsphères de fer. Autour des "cercles", on ne distingue aucune trace de piétinement. Il serait également impossible de dessiner des formes aussi compliquées, dans l'obscurité, en une seule nuit. Les figures les plus belles naissent tous les étés, en juin et en juillet, dans les sites les plus mystérieux
d'Angleterre : Avebury, Silbury Hill, Stonehenge.
Des sites où se trouvent des vestiges de civilisations préhistoriques qui ont dessiné de grands chevaux sur des collines, construit des monticules pour leurs morts et transporté des mégalithes sur des centaines de kilomètres – on ne sait pas par quel moyen – pour réaliser des cercles de pierre dont aujourd'hui encore nous ne saisissons pas précisément le sens. Le mystère reste entier. La nouvelle ère des "cercles" dans les champs de blé ne fait que commencer.



Courrier International

D’autres civilisations dans la Galaxie ? Une équation établie en 1961 permet de calculer la probabilité de l’existence d’une intelligence extraterrestre. Depuis, les scientifiques scrutent le cosmos.
Une plaque de glace dans un cratère martien large de 35 km
ESA/AFP
Il y a près d’un demi-siècle, Frank Drake, jeune radioastronome préoccupé par la vie extraterrestre, s’avançait devant un tableau noir à Green Bank, en Virginie-Occidentale [est des Etats-Unis] et gribouillait une série de symboles censés apporter un peu de lumière à la vieille question : l’humanité est-elle seule ou non dans l’Univers ? Dans la salle se trouvaient une dizaine de sages, un groupe d’élite. Parmi eux, l’astronome Carl Sagan, enseignant à l’université Cornell, le biochimiste Melvin Calvin, qui devait apprendre au cours de cette rencontre qu’il était lauréat du prix Nobel de chimie, ou John Lilly, un éminent spécialiste des dauphins, en l’honneur duquel le groupe allait se baptiser l’Ordre du dauphin.
Ils examinèrent les variables à la lumière du savoir et des hypothèses de l’époque, firent de savants calculs et conclurent que le nombre potentiel de civilisations dans la Galaxie se situait entre moins d’un millier et un milliard. Désormais, l’équation de Drake, comme on l’appelle aujourd’hui, serait l’axe directeur du programme de recherche d’une intelligence extraterrestre (Search for Extraterrestrial Intelligence, SETI). Depuis cette rencontre, en 1961, des engins spatiaux ont examiné tous les grands corps célestes du système solaire à l’exception de Pluton, et les radioastronomes ont écouté le ciel en quête de signaux de vie intelligente, scrutant un bon millier d’étoiles sans résultat probant à ce jour. En février dernier, on a localisé une version miniature de notre système solaire, constituée d’une paire de planètes semblables à Jupiter et Saturne en orbite autour d’une étoile située dans la constellation du Scorpion, à 5 000 années-lumière du Soleil. Cela porte le nombre d’exoplanètes connues, puisque c’est ainsi qu’on les appelle, à plus de 300.
On pourrait croire que nous avons fait quelque progrès dans la résolution de la fameuse équation ou dans sa reformulation. Eh bien, pas du tout. Les astronomes d’aujourd’hui sont aussi vaguement optimistes (ou pessimistes) que l’étaient les participants à la conférence de Green Bank. “On me pose sans cesse cette question”,
reconnaît Frank Drake, maintenant âgé de 76 ans, interrogé par téléphone depuis son bureau du SETI Institute, à Mountain View, en Californie, où il est président émérite et directeur du Centre Carl Sagan pour l’étude de la vie dans l’Univers. “Il n’y a pas eu de changement majeur : l’équation tient toujours.” Les découvertes des cinquante dernières années, explique-t-il, n’ont fait que confirmer les hypothèses éclairées qu’avait formulées l’Ordre du dauphin.
L’équation de Frank Drake se composait, et se compose toujours, de sept facteurs touchant à l’ensemble du savoir et des aspirations de l’homme. Certains sont purement astronomiques, comme la vitesse de formation des étoiles dans la Voie lactée (dix par an, selon les Dauphins) et la proportion de ces étoiles possédant des planètes (la moitié, selon les mêmes). D’autres sont nettement plus mystiques, comme la durée de vie moyenne d’une civilisation dotée de technologies, de 1 000 ans à 100 millions d’années selon l’hypothèse de 1961. A ces facteurs s’ajoutent des estimations plus audacieuses, comme le nombre de planètes habitables par système planétaire (entre une et cinq pour l’Ordre) et la proportion de ces planètes habitables sur lesquelles peut apparaître la vie, puis une vie intelligente, puis une vie intelligente se dotant des technologies lui permettant de communiquer avec d’autres mondes. Pour ces trois derniers facteurs, les Dauphins ont fait preuve d’optimisme, les fixant à 100 %, 100 % et entre 10 % et 100 % respectivement (car les dauphins, un exemple au hasard, ne savent pas construire de radiotélescopes). Multipliez tous ces facteurs, et vous obtenez une estimation du recensement galactique.
Dans les domaines où les astronomes ont obtenu de nouvelles données, les vieilles hypothèses des Dauphins ont tenu bon, confirme Seth Shostak, astronome et porte-parole du SETI Institute. Et, dans les champs qui relèvent davantage de la sociologie et de la biologie, pour lesquels les données étaient ambiguës, voire inexistantes, il est impossible de réfuter leurs thèses. “Ces gars étaient soit d’incroyables veinards, soit des visionnaires géniaux”, poursuit-il. De son point de vue, le seul changement notable est survenu dans la notion de monde habitable, qui, estime-t-on aujourd’hui, est un monde qui doit posséder de l’eau liquide. Jadis, pour être habitable, une planète devait seulement être petite et rocheuse, et se trouver dans une zone étroite autour de son étoile, dite zone “Boucle d’or” [en référence à la soupe du conte], où la température est idéale.
Pour les astronomes, certaines missions spatiales, comme celle du télescope Kepler, qui doit être lancé l’année prochaine, détermineront la fréquence d’apparition de ces planètes “Boucle d’or” dans notre coin de la galaxie. Mais les possibilités se sont multipliées depuis que des engins spatiaux ont découvert des traces d’eau sur ou dans certaines lunes de Jupiter. Parallèlement, les scientifiques se sont rendu compte que la vie sur la Terre était plus robuste et plus adaptable qu’ils ne le pensaient, foisonnant par exemple dans des cheminées sous-marines en ébullition.
Mais, dans ces environnements, quelles chances la vie a-t-elle d’aboutir à l’intelligence et aux technologies ? Pour certains évolutionnistes, comme Stephen Jay Gould, disparu en 2002, l’intelligence n’est pas un aboutissement inévitable : les dinosaures ont vécu 150 millions d’années sans vraiment devenir plus futés. Sans compter que les avantages apportés par l’intelligence et la technologie sont contrebalancés par des dangers ; d’où l’intérêt porté au dernier terme de l’équation, à savoir la durée de vie d’une civilisation. Carl Sagan a qualifié ce dernier paramètre de grand imposteur de ces calculs. En tout cas, le “facteur le plus aléatoire”, estime Frank Drake. 
Dennis Overbye
The New York Times
















La vie ailleurs : Les extraterrestres dans la ligne de mire des scientifiques
“Au-delà de l’objectif et du subjectif”
Intelligences incommensurables
EXOPLANÈTES • La Terre a des sœurs dans la Voie lactée
Le mystère des “triangles belges”
Alien toi-même !
E.T. n’enverra pas de signaux
INSTRUMENTS • Un peigne à laser pour balayer l’espace
Nous sommes tous des extraterrestres
la presse
Etats-Unis
fiches pays
Etats-Unis
Pierre Lagrange
Chercheur associé au Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la Culture, au CNRS. Il a notamment publié La guerre des mondes a-t-elle eu lieu ?Ovnis – Ce qu’ils ne veulent pas que vous sachiez (Presses du Châtelet, 2007). (Robert Laffont, 2005) et


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(NASA/JPL-Caltech/University Arizona/Texas A&M University)
(NASA/JPL-Caltech/University Arizona/Texas A&M University)

Déjà observée à distance, de l'eau martienne a été touchée et analysée sur place par la sonde Phoenix, dont la mission vient d'être prolongée.

H²O. La présence de cette molécule, si commune sur Terre, a été une fois pour toute confirmée à la surface de Mars par les analyses réalisées sur place par l'atterrisseur Phoenix, a annoncé la Nasa.

«Nous avons (trouvé) de l'eau», a déclaré William Boynton, responsable des opérations d'un des détecteurs qui bardent la sonde envoyée sur le sol martien par la Nasa. «Nous avions déjà vu des preuves de cette eau gelée grâce aux observations de l'orbiteur Mars Odyssey et à la disparition des morceaux de glace observée le mois dernier (voir ce phénomène en image). Mais c'est la première fois que de l'eau martienne a été touchée et analysée» directement.

Les scientifiques cherchent désormais à « comprendre l'histoire de la glace (martienne), en essayant de savoir si elle a déjà fondu, et en fondant a créé un environnement liquide qui modifie le sol, en change la chimie », a souligné Peter Smith, chef des chercheurs scientifiques de la mission. Selon lui, deux précédentes analyses ont montré la présence dans le sol martien de nutriments comme «du sodium, du potassium, du magnésium, des chlorures, toutes ces choses que nous trouvons dans notre propres corps et qui sont importantes pour (que se développe) la vie».

«Toutefois, nous n'avons pas encore mis en évidence de matières organiques», qui établiraient formellement la présence de vie sur Mars, a-t-il souligné. «A travers cela, nous espérons aussi apporter des réponses à la question de savoir s'il y a une zone habitable sur mars, où il y aurait de l'eau (sous forme liquide) de temps en temps et des matières qui sont les ingrédients de base de formes de vie», a-t-il ajouté.

«La mission a déjà atteint ses objectifs minimaux, et nous sommes tout près d'atteindre tous les objectifs», selon la Nasa. Phoenix est jugée « très fructueuse » par l'agence spatiale américaine. La sonde fonctionne « parfaitement » et dispose de suffisamment d'énergie pour s'offrir un supplément de séjour sur la planète rouge. En conséquence, sa mission vient d'être prolongée jusqu'au 30 septembre, soit une rallonge de cinq semaines.


»EN IMAGES : Mars vu par la sonde Phoenix


Le Figaro


Une étude du CEPII a observé la « fuite des cerveaux » européens à travers les recensements américains. S’il progresse, l’ampleur du phénomène est cependant à relativiser en France. Seuls 1,5% des chercheurs français ont émigré pour les Etats-Unis entre 1991 et 2000.

L’Europe a de la fuite dans les idées. Des inquiétudes s’expriment fréquemment sur l’expatriation des « cerveaux » vers l’étranger, en particulier les Etats-Unis. Le Vieux continent ne saurait pas retenir ses meilleurs talents alors qu’il supporte le coût de leurs formations.

Une étude du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) vient de nouveau accréditer ce phénomène. En observant les statistiques des recensements américains, elle constate que l’expatriation européenne, bien que faible, est en augmentation. Les expatriés sont, en outre, plus instruits que la moyenne et cette sur-représentation des plus diplômés est-elle aussi en progression.

Pourtant, en Europe, comme aux Etats-Unis, la principale source de création de richesse réside désormais « dans les savoirs et les compétences, davantage que dans les ressources matérielles », rappelle l’auteur de l’étude, Ahmed Tritah . A l’instar des biens et des services, la demande pour ces compétences et ces talents s’adresse à un marché de plus en plus globalisé et concurrentiel. L’enjeu est d’importance. Aussi suscite-il fréquemment des mises en garde.

En France, un rapport de la commission économique du Sénat s’était penché sur la question. A l’échelle du continent, le troisième rapport européen sur les sciences et les technologies observait déjà que l’Europe forme un grand nombre de diplômés de l’université, de docteurs et d’étudiants en formation post-doctorale, mais qu’un nombre important d’entre eux allaient exercer leurs talents ailleurs. Au risque de compromettre l’objectif, fixé par le Conseil européen de Lisbonne, de faire de l’Europe l’économie fondée sur le savoir la plus compétitive au monde.

L’étude du CEPII a exploité les données des quatre recensements américains effectués entre 1980 et 2006. Que constate-t-elle précisément ? Dans tous les grands pays européens, à l’exception de l’Italie, les taux d’expatriation augmentent. Plus de la moitié des expatriés européens sont d’origine allemande ou anglaise. Avec respectivement 0,3% et 0,4% des 25-64 ans expatriés aux Etats-Unis en 2006, l’Espagne et la France ont les taux les plus faibles d’Europe, dont la moyenne est de 1,1%. Mais ce sont ces deux pays qui connaissent la plus forte progression relative. Entre la cohorte de 1981-1990 et celle arrivée aux Etats-Unis entre 1996 et 2006, le taux d’expatriés français a augmenté de 77%.

En outre, cette émigration est de plus en sélective, concernant davantage les plus diplômés. La sélectivité est d’autant plus grande que le niveau moyen d’études de la population est faible. Ainsi, au Portugal, les expatriés aux Etats-Unis ont suivi un nombre d’années d’études près de deux fois plus élevé que leurs compatriotes. Et la sur-représentation des plus diplômés est systématiquemet plus forte pour les cohortes d’émigrants les plus récentes, Royaume-Uni excepté.

Concernant les seuls chercheurs, leur taux d’expatriation est partout sensiblement plus élevé pour la cohorte 1991-2000 que pour la cohorte précédente. Mais c’est en France que ce ratio reste le plus faible : seul 1,5% des chercheurs ont émigré aux Etats-Unis entre 1991 et 2000.

Cette étude du CEPII invite à mettre en perspective cette fuite des cerveaux européens et les objectifs non tenus de la stratégie de Lisbonne. En mars 2000, le Conseil européen, réuni dans la capitale portugaise, avait appelé à augmenter les dépenses de recherche et développement au sein de l’Union. A la fin des années 90, celles-ci atteignaient en moyenne 1,8% du PIB dans l’UE à 15. L’objectif était de les porter à 3% du PIB en 2010. Or dans la majeure partie des Etats membres, ce ratio n’a guère augmenté et reste inférieur à 2%.


L'Expansion

Un siècle après la chute d'un énorme corps céleste incandescent qui provoqua une explosion extraordinaire dans la taïga sibérienne, le mystère reste entier sur cet étrange objet, rappelle l'hebdomadaire russe Expert.
Sur le site de la Toungouska, la destruction de la forêt est toujours visible
DR
Le 30 juin 1908, à 7 h 17, une puissante explosion ébranlait un coin désert de la taïga sibérienne, quelque part entre les fleuves Lena et Podkamennaïa Toungouska. Juste avant, une énorme boule de feu avait traversé un ciel sans nuages, dans un grondement furieux et un fracas de coups de tonnerre. Dans un rayon d'une quarantaine de kilomètres, l'onde de choc abattit 80 millions d'arbres, et le rayonnement dégagé embrasa les forêts alentour. Les chercheurs ont calculé que l'explosion avait libéré dans l'atmosphère 10 à 15 mégatonnes d'énergie, à peu près l'équivalent de 1 500 bombes atomiques comme celle larguée sur Hiroshima. La magnitude du tremblement de terre provoqué par cette déflagration aurait été de 4,7 à 5.

Près de vingt-quatre heures après l'événement, sur plus de 12 millions de km2, l'atmosphère terrestre brilla d'une étrange luminosité, et la nuit fut éclairée de nuages phosphorescents. Depuis une altitude d'environ 80 kilomètres, ils reflétaient avec intensité les rayons du Soleil, créant un "effet nuit blanche". Dans de nombreuses villes à travers le monde, les habitants purent lire leurs journaux en pleine nuit, et certains Londoniens, comme l'ont rapporté les journaux de l'époque, arrivèrent même à jouer au cricket à des heures indues.

A ce qui se raconta, seul un vieux chasseur fut victime de la catastrophe, écrasé par un arbre. Aujourd'hui, les scientifiques pensent que si ce "corps céleste" avait explosé à proximité immédiate d'une grande ville, il aurait causé la mort de centaines de milliers, peut-être de millions, de personnes.

Fin juin 2008, Moscou a accueilli une conférence internationale consacrée au bilan d'un siècle d'études du phénomène de la Toungouska, qui reste encore à ce jour l'une des grandes énigmes scientifiques du XXe siècle. L'hypothèse la plus souvent avancée évoque une comète ou un astéroïde de 50 à 100 mètres de long qui serait venu s'écraser sur la Terre, entrant dans notre atmosphère à plus de 50 000 km/h. A une altitude de quelques kilomètres, sous l'action conjuguée d'énormes pressions et températures (l'air entourant ce corps avait été porté à plus de 44 000 °C), l'objet aurait explosé.

Le mystère demeure toutefois, puisqu'en dépit de l'énergie dégagée, on ne retrouve pas, au milieu de la taïga, le cratère qui aurait dû résulter de l'impact, de même qu'on n'a retrouvé pratiquement aucun fragment engendré par l'éclatement du corps céleste de la Toungouska (soit CCT, selon l'un des nombreux surnoms de ce phénomène légendaire). Pour le géochimiste Evgueni Kolesnikov, de la faculté de géologie de l'université de Moscou, "cette contradiction disparaît si l'on considère que le CCT était le noyau d'une comète. Ces noyaux se présentent sous la forme de glace agglomérée, composée de combinaisons volatiles de H, C, N et O, éléments qui existent en grande quantité dans les sols et les plantes. Cela expliquerait la difficulté à localiser les traces de la chute d'une comète sur la Terre."

C'est cette absence de gros fragments autour du lieu de l'explosion qui, au début des années 1960, avait fait renoncer les scientifiques à l'idée première d'une météorite ; ils s'étaient rabattus sur l'hypothèse d'une comète, formulée dès les années 1930 par le météorologue anglais Francis Whipple et l'astronome soviétique Igor Astapovitch.

Cela n'a pas empêché diverses théories alternatives de s'élaborer en parallèle. Ainsi, dans les années 1940, le fameux auteur de science-fiction Alexandre Kazantsev avait proposé une explication originale à base d'explosion nucléaire d'un vaisseau spatial extraterrestre de reconnaissance. Au milieu des années 1960, le physico-chimiste américain Willard Libby, Prix Nobel, et le physicien Clyde Cohen imaginèrent que la collision de la Terre avec une masse d'antimatière avait abouti à une explosion et à la libération d'une importante quantité d'énergie nucléaire. Par la suite, on entendit aussi prétendre que la météorite de la Toungouska était en fait un mini-trou noir qui avait transpercé notre planète, le déversement d'un condensé de plasma solaire, l'éruption venue des profondeurs d'une puissante tornade électromagnétique (un "orage souterrain"), le résultat d'une expérience du savant américain Nicholas Tesla pour transmettre à distance l'énergie des ondes électriques…

Chacun a le droit de choisir la version qui lui convient le mieux, et la place ne manque pas pour ceux qui souhaitent aller chercher des preuves matérielles sur le terrain. Ainsi, une expédition amateur de "collecte de faits incontestables sur l'événement" devrait bientôt se rendre sur place. Ce sera la cinquantième.

Tigran Oganessian
Expert



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Des restes d'enfants-guerriers celtes viennent d'être étudiés par Yannick Ricard, chirurgien paléopathologiste (CHU d'Amiens), dans le cadre de recherches menées sur le site de Ribemont-sur-Ancre, dans la Somme. Une dizaine de milliers de Gaulois Ambiens et Armoricains s'y sont affrontés en 260 avant J.-G, (lire Sciences et Avenir n° 662 avril 2002). 10% des vestiges humains retrouvés dans un enclos rituel de 40 mètres de diamètre se sont révélés être des os d'adolescents âgés de 12 à 15 ans. «Nous avions déjà des soupçons sur la participation de très jeunes hommes dans les batailles, mais ces résultats nous en apportent la preuve. Une dépouille d'enfant-guerrier, inhumé avec des armes adaptées à sa taille, avait déjà été exhumée en Seine-et-Marne, a Barbey, en 2000», précise Jean-Louis Brunaux, archéologue du CNRS en charge du gisement de Ribemont. Si cette estimation ne concerne pour l'instant que l'étude limitée d'un sanctuaire sacré d'une quarantaine de corps, les travaux d'analyses doivent être prochainement étendus à l'ensemble du site «où ont été mis au jour des constructions macabres de tibias, d'os iliaques et autres témoignages de démembrements violents». D'après Plutarque et Xénophon, à Sparte, jusqu'au IIeobéir, supporter, vaincre» était le mot d'ordre selon lequel les enfants mâles étaient éduqués. Entrés à 7 ans dans la vie militaire, ils étaient envoyés à 12 ans au combat. Cette pratique aurait donc été aussi en usage chez les Celtes. siècle avant J.-C., «

 

Bernadette Arnaud
Sciences et Avenir

Au coeur du désert du Takla-Makan, des archéologues franco-chinois ont ressuscité d'extraordinaires momies aux traits «europoïdes». Des photos révélées pour la première fois par «Sciences et Avenir».

Pétarades en cascades, chapelets de feux d'artifices, en ce mois de février 2008, la Chine accueille le nouvel an lunaire. Place à l'année du rat ! Tout à leur fête de Printemps, la plupart des habitants Han (1) d'Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang, à 4000 kilomètres à l'ouest de Pékin, ont déserté la ville pour rejoindre leurs familles aux quatre coins du pays. A l'Institut d'archéologie, travaillent quelques techniciens ouïgours, car nous sommes ici en Chine musulmane, dans l'ex-Turkestan oriental. Tandis qu'à l'extérieur la température atteint -28 °C, et qu'une neige mêlée de poussière de charbon étale son manteau gris, les locaux de l'institut connaissent l'effervescence.
Tous les présents se sont regroupés autour de deux chercheurs, dans l'un des laboratoires de l'imposant bâtiment. Indifférents à cette affluence inattendue, les scientifiques scrutent avec attention un visage sur l'écran de l'ordinateur. C'est celui d'une vieille dame aux traits fanés mais encore délicats, tout droit surgi de la nuit des temps. Le corps momifié repose à même le sol, sur un simple drap noir, revêtu de tous ses atours. Le plus étonnant est sans doute sa coiffe en forme de hennin. Une composition complexe, faite de véritables et faux cheveux enserrés dans une résille de crin de cheval, que recouvrait jadis une enveloppe de cuir. L'ensemble, maintenu par un diadème de cuivre pur et surmonté d'un cylindre de fer déposé sur une âme en bois, a valu à la momie le surnom de Dame à la corne de fer. Elle devait avoir fière allure, il y a 2500 ans, avec ses ornements de métal étincelants sous le soleil !

Grâce à un traitement de l'image aux infrarouges, les chercheurs viennent de découvrir des traces infimes de couleur sur le visage de la défunte. «Sans ce traitement, les peintures faciales des joues et des tempes seraient demeurées indécelables», s'enflamme Corinne Debaine-Francfort, directrice de la Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang, et chercheuse au CNRS (UMR7041). Arrivée en compagnie du photographe André Pelle, du CNRS, l'archéologue française est revenue compléter l'étude d'un étonnant ensemble de momies mises au jour par son équipe entre 2001 et 2005. Des découvertes demeurées jusque-là inédites, effectuées au coeur du désert du Takla-Ma- kan, «celui dont on ne revient pas». Dans cette région dont on ignorait tout ou presque il y a encore vingt ans, elle et son homologue chinois Idriss Abdurussul ont en effet exhumé des dizaines de corps d'un site de l'âge du fer (Ve siècle avant J.-C.) appelé Djoumbou- lak Koum (voir carte p. 13), mais aussi d'une nécropole vieille de 4000 ans, plus à l'est, du côté du lac Lop Nor. Des découvertes exceptionnelles que Sciences et Avenir présente à ses lecteurs en exclusivité.
La Dame à la corne de fer, retrouvée enterrée avec son fuseau, sa fusaïole et un écheveau de fil de laine, fait partie de cet extraordinaire ensemble. Elle a été exhumée fin 2001 sur le site de Djoumboulak Koum. «Il s'agit d'une cité fortifiée de l'âge du fer (500 avant J.-C), avec ses remparts, ses restes d'habitations, et surtout d'incroyables quantités de vestiges organiques - parfois jusqu'à sept mètres de dépôts : nous avons trouvé du cuir, des textiles, des poils, de la fourrure, du bois, de la corne...», se souvient Corinne Debaine- Francfort.

Après la découverte de l'ancienne cité, en 1994, les campagnes de fouilles se succèdent pendant sept ans dans des conditions éprouvantes. Les travaux de terrain sont complexes. Le paysage se transforme sans arrêt. Les dunes se déplacent. Le sable envahit tout. Jusqu'à ce matin d'octobre 2001, quand les tombes intactes de plusieurs momies apparaissent aux yeux des archéologues.
Chacune d'elles réveille le monde passé. Les vêtements, les bottes, la fraîcheur des couleurs... Tout est là. Conservé intact depuis des millénaires. Les conditions extrêmes du désert ont momifié les corps. Cinq adultes et quatre enfants en bas âge sont mis au jour. Enterrés dans des cercueils façonnés dans des troncs de peuplier, les défunts sont allongés sur le dos, les genoux repliés.
Le premier à être dégagé est le Jeune Homme aux poux. Ce nom lui a été attribué en raison des nombreux parasites retrouvés dans ses cheveux. «Ses pieds dépassaient du cercueil, avec des bottes et un pantalon à sous-pieds identiques aux fuseaux des skieurs modernes», raconte Corinne Debaine-Franc- fort. Sa pelisse en peau de mouton travaillée et ses moufles sont lacées de laine rouge. Son visage est recouvert d'une toile de laine garance. Des analyses effectuées en 2004 révéleront, chez ce jeune adulte de 17 ans, des dents très usées «du fait d'une importante activité masticatrice, probablement due à l'assouplissement des cuirs à la bouche» (comme le pratiquent encore les Inuits). Il est muni d'un cache-bouche, d'obturateurs de nez, d'une jugulaire pour maintenir sa bouche fermée. A ses côtés, les chercheurs notent la présence émouvante d'un petit bol contenant encore un brouet de céréales. Les yeux du mort sont cerclés de peinture blanche, comme le révéleront les analyses par infrarouge et fluorescence effectuées cette année.

Le suivant, retrouvé dans un demi-tronc de peuplier, serre encore dans ses mains un petit sachet de cuir contenant des gâteaux secs. Un suaire recouvre son visage orné d'une fine moustache. Quelques plumes parent sa jugulaire, tandis que dans ses vêtements, se trouve un peigne de corne aux dents usées. Son peigne de pasteur, celui qu'il utilisait pour carder la laine du troupeau. Une petite torsade de cheveux attachée par un lien d'or dépasse de son bonnet. Quant aux parements de son manteau, ils sont bordés de fourrure de loup. Quelques traces de peinture blanche sont encore visibles sur ses paupières. Vient ensuite l'Homme aux pantalons brodés. Avec ses bottes de feutre, sa couverture de laine à larges bandes rayées, sa besace également emplie de galettes. Ses pantalons en sergé de laine sont recouverts d'admirables bandes brodées de motifs de la steppe. Les bords de son manteau sont gansés. Des cheveux châtains s'échappent de son bonnet et, derrière le couvre-chef, deux fines plaquettes d'or calent quelques plumes colorées. Une perle de pâte de verre retient un lacet de cou. Et sur sa bouche, une mince plaquette d'or est retenue de chaque côté par un tendon de boeuf. Le visage est peint. Les tempes sont rasées.
La momie la plus bouleversante est celle du Supplicié. «Un jeune homme d'à peine 14-15 ans aux doigts tordus de douleur, que l'on retrouve simplement jeté dans son cercueil, enveloppé d'une vieille couverture pour lui dissimuler le visage», explique Corinne Debaine-Franc- fort. Il ne portait pas de beaux vêtements comme les autres. Huit terribles lésions perforaient son crâne. En l'étudiant, Annie Géraut, médecin légiste à l'université de Strasbourg, et Eric Crubezy, anthropologue à l'université Paul-Sabatier de Toulouse, ont pu y distinguer des coups de pique, de hache et de sabre... Tout cela rien que sur le crâne. Mais son calvaire ne s'est pas arrêté là. «Cinq coups lui ont été portés au niveau des cuisses, d'autres au niveau des jambes, entraînant chaque fois des fractures. Des actes de torture impliquant plusieurs auteurs.» Qu'avait-il bien pu faire pour mériter un tel châtiment ? Deux autres cas de mauvais traitements sont signalés dans ce même cimetière sur les squelettes d'un père et de son fils.
Les quatre momies d'enfants, mal conservées, ont été inhumées les genoux repliés, à l'ins- tar des adultes. «Cette pratique d'inhumation commune à plusieurs cultures du Xinjiang de l'âge du fer et du bronze a été retrouvée dans tout le bassin du Tarim ainsi que quelques cas dans la région de la mer Caspienne», précise Corinne Debaine-Francfort.
Et puis, est apparue la Dame à la corne de fer. La tête de la vieille dame reposait sur un oreiller de cuir rembourré de paille. Comme tous ses contemporains, elle avait le visage recouvert d'un suaire de laine rouge, un carré de feutre quadrillé de tracés réa- lisés à la cire d'abeille. Sur l'envers, de part et d'autre de l'étoffe, une fine garniture en duvet d'oiseau et une autre en laine de mouton. Mais le plus étonnant est à venir. Outre l'état de conservation remarquable des corps, les vêtements de fourrures magnifiques, ce qui singularise surtout l'aspect de tous ces visages, c'est que leurs traits n'ont rien d'asiatique mais semblent plutôt européens.
Il y a 2500 ans, ces habitants du Xinjiang n'étaient pas les premiers «europoïdes» à s'installer dans la région. D'autres mo- mies de type «européen», datées des Ier et IIe millénaires ont été découvertes par le passé dans le Xinjiang. Idriss Abdu- russul a lui-même récemment mis au jour de telles momies vieilles de 4000 ans (voir photos pp. 16-17). Il est le premier archéologue chinois à être retourné travailler dans le désert. Il a retrouvé en 2003 l'extraordinaire cimetière de Xiaohe, le site des Mille Momies signalé en 1934 par l'explorateur suédois Folke Bergmann. Celui-ci avait alors indiqué la présence de 12 tombes. En se remettant dans ses pas, le chercheur a vu un beau matin émerger du désert 140 mâts dressés en plein ciel, tels un cimetière de bateaux.
Située à 107 kilomètres de Lou- lan (un autre site du début de notre ère ayant livré des momies), la nécropole de Xiaohe est complètement isolée. Aucun village ancien n'est identifié alentour. Revenu sur les lieux quelques mois plus tard avec toute une équipe, Idriss Abdu- russul s'attaque au dégagement du monument funéraire. Au fil des jours, statues, masques en bois, totems surmontés d'énormes bucranes (crânes de boeufs) apparaissent aux chercheurs. Au pied de piliers peints en rouge, des cercueils de femmes; sous ceux colorés en noir, des tombes masculines. Les cercueils en forme de pirogues sont recouverts de peaux de buffles dans un état de conservation remarquable. Certaines sont encore ornées de bouquets de tamaris fleuris de rose au printemps.
«Xiaohe n'est pas seulement un cimetière, c'est une mise en scène», insiste l'archéologue. En ce mois de février 2008, Idriss Abdurussul se remémore l'aventure : «Sur les mâts de bois qui dominaient le désert étaient ficelés non seulement des bucranes, mais aussi des bouquets d'herbes médicinales.» Le choc véritable se produit à l'ouverture des cercueils. «On connaissait depuis très longtemps l'existence de momies europoïdes au Xinjiang, comme celle de l'homme de Cherchen, découvert dans les années 1980 sur le site de Qie- mo (ou Cherchen). Mais là, l'état de conservation était plus impressionnant encore», poursuit l'anthropologue. En particulier, celui d'une femme aux longs cheveux et au visage d'une grande beauté que semble recouvrir une pâte cireuse toujours en cours d'analyse. Avec leurs gros bonnets de feutre blanc parfois ornés de plumes, leurs bottes de cuir, leurs barbes, leurs cheveux, leurs cils extraordinaires, les corps semblent juste dormir d'un profond sommeil. Là aussi les momies sont europoïdes. Là aussi, le cimetière est installé le long d'un bras de rivière asséché. Sur les 167 tombes découvertes, seules une trentaine de corps ont été rapatriés vers l'institut d'Urumqi. Les autres ont été laissés dans les sables du Takla-Makan. Pour des fouilles futures ou un musée de site.

Alors qui sont ces populations ? D'où viennent-elles ? «Pour l'heure, aucun argument sérieux ne permet de répondre précisément à ces questions. Le
territoire est gigantesque et nous sommes obligés de raisonner sur des vestiges tardifs qui ne sont pas antérieurs à 2500 avant J.-C.», insiste Corinne Debaine-Francfort. Les premières études génétiques réalisées par l'Institut de l'ADN ancien de l'université du Jilin ?- seule institution chinoise habilitée à faire ces analyses - tendent toutefois à montrer qu'il n'y a pas d'opposition tranchée entre les types mongoloïde et europoïde. Il s'agirait de populations avec des dominantes qui ne sont pas les mêmes d'une culture à une autre et qui indique des brassages déjà très importants dès 2500 avant J.-C. «Ces mouvements de populations europoïdes remontent à des périodes fort anciennes, qui ne s'accordent pas avec les théories fumeuses de mouvements celtes développées par certains. Les populations présentes au Xinjiang il y a quatre mille ans sont déjà mélangées depuis longtemps et bien antérieures aux Celtes, insiste Corinne Debaine- Francfort. Pour comprendre l'origine de ces populations europoïdes, s'il y a des rapprochements à faire, c'est avec les mondes de la steppe et de l'Asie centrale, du Baïkal et de l'Altaï. En direction aussi de l'Afghanistan, et même de la civilisation de l'Oxus (1)», poursuit Corinne Debaine-Francfort. De fait, à l'âge du fer et du bronze, les contacts se situeraient plutôt du côté de la steppe, comme le montre la métallurgie : «A toutes ces époques, il y a eu un apport de la métallurgie des steppes sur les cultures locales, ajoute l'archéologue. Des échanges à longue distance qui existent pour toutes les matières premières.»
Le lapis-lazuli s'échange depuis l'Afghanistan, le commerce de la turquoise se fait avec les régions du Tibet, il y a aussi celui du cuivre, de l'étain... «Des échanges transcontinentaux existaient dès les époques les plus anciennes, et atteignaient la zone méditerranéenne, au moins autour du premier millénaire avant notre ère, et certainement déjà vers le deuxième millénaire», explique l'archéologue. Tout cela bien avant le fonctionnement des routes dites de la soie, ce réseau de pistes qu'empruntèrent les caravanes à partir de l'époque Han (206 avant J.-C. - 220 après) pour relier l'Asie à la Méditerranée.
«Ce que nous essayons désormais de faire, conclut Corinne Debaine-Francfort, c'est d'approfondir les liens qu'a pu entretenir le Xinjiang avec les régions voisines des steppes et de retrouver des peuplements antérieurs. Et pour en élucider les mécanismes de diffusion, nous recherchons des vestiges du néolithique. C'est-à-dire des ancêtres des habitants de Djoumboulak Koum et Xiao- he. Ceux qui vivaient dans ces régions il y a au moins 6000 ans.»

(1) Ethnie principale de la Chine, qui représente environ 95% de la population du pays.


La Dame à la corne de fer

Morte il y a 2500 ans, cette femme aux traits «europoïdes» fait partie d'un ensemble de momies découvertes en Chine sur le site de Djoumboulak Koum (ci-contre). Le visage, à l'origine enveloppé d'un suaire de laine rouge, est surmonté d'un diadème de cuivre. A gauche, une reconstitution de ses riches vêtements.

 

L'Homme aux pantalons brodés

Cet homme à la pelisse ornée d'appliques en cuir teint portait un pantalon paré de médaillons brodés. Le motif est issu de la tradition de la steppe. Le visage était, comme celui des autres momies, recouvert d'un suaire rouge.

 

Le Xinjiang, «nouvelle frontière» de l'archéologie

L'actuelle province du Xinjiang a été baptisée la «Nouvelle Frontière» en 1884 sous la dynastie Qing (1644-1911), la dernière à avoir régné sur la Chine. Elle a été incorporée à la Chine populaire en 1949 après une brève période d'indépendance sous le nom de république du Turkestan oriental. Peuplée majoritairement d'Ouïgours, une ethnie turcophone arrivée au XIe siècle depuis la Mongolie, elle a toujours été à la croisée des grands Empires sédentaires (Chine, Inde, Perse)... C'est par ses multiples voies d'accès que passaient au début de notre ère les différentes routes de la soie, et, bien avant elles, d'autres demeurées sans nom, empruntées par des populations dont on commence à retrouver les traces.

 

Vaisseaux du désert

Les caravanes de chameaux sont le seul moyen de transport dans la vallée de la Keriya. Et comme ici, en décembre 2001, à proximité de Djoumboulak Koum, elles ont servi à rapporter les momies sorties des sables vers l'Institut archéologique d'Urumqi.

 

Le Supplicié

Plusieurs sujets «suppliciés» ont fait l'objet d'une étude médico-légale permettant de restituer en partie le processus de leur mise à mort. En haut, à gauche, Eric Crubezy (université Paul-Sabatier, Toulouse) procède à l'examen d'une momie. Dans le cas de ce jeune homme d'environ 14 ans, à droite, des lésions ont été provoquées par des coups de pique, de hache... Ses jambes fracturées ont aussi subi des coups.

 

Sur la piste des anciennes oasis

Quand la Chine ouvre ses portes au début des années 1990, Corinne Debaine-Francfort, venue dès 1986 dans le cadre d'un échange franco-chinois, se retrouve propulsée à la tête de la première mission archéologique étrangère autorisée à travailler dans le pays. Objectif, l'exploration du Xinjiang longtemps fermée aux étrangers et page blanche sur la carte archéologique. Il s'agit de comprendre les mécanismes de peuplement ancien de cette province grande comme trois fois la France.Corinne Debaine-Francfort sait grâce à des écrits chinois anciens, ceux d'explorateurs occidentaux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, ou encore à des découvertes effectuées dans les années 1980, que le terrible désert n'a pas toujours été si aride. Que des populations y vivaient jadis. D'ailleurs, entre 1898 et 1930, les explorateurs et savants suédois Sven Hedin et Folke Bergmann avaient signalé la présence de sites archéologiques sous les sables, dans la région centrale du Xinjiang et la vallée de la Keriya (voir carte ci-contre). Corinne Debaine- Francfort et ses collègues décident donc d'explorer le réseau hydrographique ancien de cette rivière à deltas endoréiques - dont les eaux se perdent dans les sables, et qui autrefois reliait les oasis du sud à celles du nord du Takla- Makan. Dès 1991, avec l'aide du CNRS, du ministère des Affaires étrangères et du Bureau du patrimoine chinois, des missions d'exploration conjointes se mettent en place le long du fleuve fossile pour y retrouver d'antiques oasis. L'expérience va se révéler éprouvante. Les températures sont extrêmes. Les chercheurs doivent apprendre à lire les paysages, à deviner au milieu des dunes gigantesques les traces des anciens cours fossiles, les restes de terrasses, les vestiges de forêts mortes. Heureusement, ils disposent d'images satellite... Après de longs efforts, la cité de Karadong signalée par Sven Hedin et deux sanctuaires bouddhiques du IIIe siècle sont exhumés entre 1993 et 1994. Toutefois, si la méthode porte ses fruits, les sites sont récents et appartiennent aux périodes historiques. «Ce qu'on voulait trouver, c'était les occupations plus anciennes. Il nous fallait comprendre la façon dont la désertification avait évolué. On voyait bien sur les images satellites que les deltas avaient régressé et qu'ils s'étaient déplacés du nord-ouest vers le sud-est, chassés par le lent soulèvement tectonique du Pamir. En fait, pour aller vers l'ancien, il fallait s'enfoncer dans le désert.» Ainsi, plusieurs années durant, explorations et prospections vont se succéder le long des antiques deltas. A dos de chameau ou à pied, car les véhicules ne passent pas. C'est ainsi qu'en 1994, 41 km plus avant dans le désert, surgissent des dunes les premiers v e s tig e s d'un e ci té en fouie . Elle s er a b aptis é e du nom ouïgour de Djoumboulak Koum, «les sables ronds». C'est de là que sortiront, après sept années de fouilles, les premières momies.

 

Bernadette Arnaud
Sciences et Avenir

Système stellaire WR 104
Peter Tuthill/Astrophysical Journal ¦ Système stellaire WR 104


Après les petits hommes verts mal intentionné et les astéroïdes tueurs, les astronomes viennent de trouver une raison de plus de se méfier de l’espace. Peter Tuthill et ses collègues de l’Université de Sydney (Australie) ont découvert une étoile susceptible d’éliminer toute forme de vie sur Terre. Leurs travaux sont publiés dans la revue « Astrophysical Journal ».
 

Etoile de la mort à 8000 années-lumière

L’étoile double WR104, située à 8000 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Sagittaire, est constituée de deux étoiles massives en rotation l’une autour de l’autre. Ces deux étoiles ont atteint le dernier stade d’évolution avant leur explosion, qui se manifestera par l’émission d’une gigantesque bouffée de rayons gamma. Le phénomène peut se produire à n’importe quel moment lors des 100 000 prochaines années.

Pire, en observant WR104 pendant prés de 6 ans à l’aide du télescope Keck de Hawaii (Etats-Unis), les astronomes australiens viennent de s’apercevoir que la trajectoire de ce rayon de la mort a de fortes chances de croiser celle de notre planète.

 
Tueur récidiviste

Découvertes dans les années 60, les bouffées de rayons gamma sont parmi les phénomènes cosmiques les plus destructeurs. Certains chercheurs pensent même qu’ils sont responsable de la deuxième extinction de masse qui a touché la Terre il y a 450 millions d’années. En fait, si un sursaut gamma frôlait la Terre, il ne nous tuerait pas forcément immédiatement, mais, en ionisant les gaz de l’atmosphère, il provoquerait une destruction étendue de la couche d’ozone qui nous protège des UV et une acidification des pluies destructrice pour les végétaux.


Le ministre de la Défense du Japon a estimé que l'existence des Ovni était plausible et que les troupes japonaises devaient pouvoir réagir si des soucoupes volantes apparaissaient.

"Il n'y a rien qui nous permet de nier l'existence d'Objets volants non identifiés (Ovni) et d'une forme de vie qui les contrôle", a déclaré à la presse Shigeru Ishiba (Parti Libéral Démocrate, droite), précisant qu'il s'agissait d'une opinion personnelle.

Le ministre a déclaré vouloir étudier comment les Forces d'auto-défense (FAD) pourraient réagir au cas où des soucoupes volantes apparaîtraient. Au nom de la constitution pacifiste du Japon, ces troupes ne sont autorisées à intervenir que si le pays est menacé d'invasion par un Etat étranger ou pour des opérations limitées à l'extérieur.

"Dans les films Godzilla, les FAD sont mobilisées", a-t-il remarqué, s'étonnant que rien n'ai été fait jusque-là pour fixer un "cadre légal" en cas d'invasion extra-terrestre.

Ces commentaires du ministre sont intervenus deux jours après une sortie surprenante du numéro deux et porte-parole du gouvernement, Nobutaka Machimura, qui s'est dit "absolument persuadé" de l'existence des Ovni.

M. Machimura contredisait, "à titre personnel", une résolution officielle adoptée dans la journée en Conseil des ministres, et dans laquelle le gouvernement ne "confirmait pas l'existence d'+objets volants non identifiés qui seraient venus de l'espace+", à la suite d'une question d'un sénateur.

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