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La gérante d'une agence immobilière située dans le XIIe arrondissement de Paris a été condamnée jeudi à 8.000 euros d'amende avec sursis pour complicité de discrimination au logement dans une affaire de listings d'appartements à louer portant des mentions discriminatoires.
La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a reconnu cette gérante coupable du délit de "complicité du délit de discrimination dans la fourniture d'un bien ou d'un service" et l'a également condamnée à verser 1.000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme, partie civile.
L'association de lutte contre le racisme avait déposé plainte en 2003 après avoir été alertée par un salarié de l'agence dénonçant l'existence d'un listing interne de novembre 2002 accolant des mentions discriminatoires à la mise en location de deux appartements : "pas d'étudiants et pas de gens de couleur" et "le propriétaire ne veut pas louer à des immigrés". SOS Racisme avait effectué un testing permettant de vérifier ces dires.
Le tribunal correctionnel a estimé pour sa part que "les témoignages recueillis auprès des employés durant l'enquête accréditent l'existence de pratiques discriminatoires, l'agence s'étant fait le relais des exigences des propriétaires à cet égard".
Considérant toutefois que la prévenue travaillait "sur mandat" et n'était "pas à l'initiative des exigences exprimées par les propriétaires", le tribunal a requalifié les faits en "complicité" de discrimination.
La gérante a réfuté toute pratique discriminatoire et déposé plainte pour faux au sujet des listings. Une instruction est en cours.
Son avocat, Me Jean-Marc Delas, a jugé jeudi "surprenante" la décision qui "jette l'opprobre" sur sa cliente alors que "les éléments objectifs de discrimination n'étaient pas réunis". La gérante devrait "selon toute vraisemblance" faire appel, a-t-il précisé.
La responsable du pôle discrimination de SOS Racisme, Barbara Boamah, a exprimé pour sa part sa "grande joie qu'un signal fort ait été envoyé" aux professionnels de l'immobilier, appelant ces derniers à "exclure leurs brebis galeuses".
© 2007 AFP

À certaines conditions, un employeur peut obtenir en justice l'enregistrement des mails personnels qu'échange un salarié avec des personnes extérieures à l'entreprise.
Cassation sociale, 23 mai 2007, n° 05-17818 FS-PBRI.
Un employeur suspecte un de ses salariés, responsable du marketing et du recrutement, de commettre des actes de concurrence déloyale avec deux personnes extérieures à l'entreprise par le biais de messages électroniques. Avant d'entamer un procès, l'employeur souhaite établir avec certitude la réalité de ces actes de concurrence déloyale en effectuant une copie de la correspondance électronique entretenue par le responsable marketing et ses deux complices. Mais, connaissant la réglementation en vigueur, il sait bien qu'il lui est interdit de consulter lui-même les messages électroniques personnels que son salarié envoie ou reçoit au travail, au risque de commettre un délit pénal. Rappel : depuis son célèbre arrêt Nikon du 2 octobre 2001, la Cour de Cassation empêche formellement tout employeur de prendre connaissance de messages électroniques personnels d'un salarié, car ceux-ci sont couverts par le secret des correspondances. Qu'à cela ne tienne, il décide donc de procéder différemment en demandant au président du tribunal de grande instance d'autoriser un huissier à enregistrer les messages électroniques personnels du salarié concerné. A-t-il eu raison de procéder de la sorte ?
À l'évidence oui, puisque la Cour de cassation vient de valider sa manière de faire dans un arrêt récent. Mais attention, car pour qu'un juge accepte une demande de ce genre, trois conditions doivent toutefois être respectées :
- l'employeur doit d'abord justifier d'un motif légitime de conserver ou d'établir des éléments de preuve nécessaires à un procès futur. En l'occurrence, le juge saisi a admis que l'employeur avait de sérieuses raisons de croire que son salarié avait commis des actes de concurrence déloyale ;
- l'intervention de l'huissier, sur autorisation d'un juge, doit ensuite s'avérer nécessaire à la protection des droits de l'employeur. En conséquence, si l'employeur peut obtenir valablement des preuves sans avoir à passer par une ordonnance d'un juge (en obtenant directement des témoignages attestant du délit, par exemple), l'intervention d'un huissier lui sera vraisemblablement refusée ;
- le salarié doit enfin être présent lors de l'exécution de la mesure par l'huissier. Remarque : dans cette affaire, la Cour de cassation a relevé que l'huissier avait procédé au constat en présence du salarié sans dire si cette présence était indispensable au bon déroulement de la procédure. En attendant une clarification sur ce point, il est préférable de considérer que la présence du salarié lors du constat d'huissier est nécessaire.
La loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs a été publiée au Journal officiel du mercredi 22 août 2007.
Elle prévoit d’assurer aux usagers des entreprises de transports un service minimum en cas de perturbation prévisible du trafic (notamment en cas de grève, plans de travaux, incidents techniques ou aléas climatiques). Des dessertes prioritaires et des niveaux de service sont définis par l’autorité organisatrice des transports. Un plan d’information des usagers décrit le plan de transport adopté. Les usagers ont le droit de disposer d’une information gratuite, précise et fiable sur le service assuré. Celle-ci doit être délivrée par l’entreprise de transport au plus tard 24 heures avant le début de la perturbation.
Le texte prévoit également :
la mise en place d’un accord-cadre organisant une procédure de prévention des conflits et tendant à développer le dialogue social,
l’établissement d’un accord collectif de prévisibilité du service applicable en cas de perturbation,
les conditions permettant la mise en grève des salariés, et leur consultation durant le conflit.
La loi doit entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2008.
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